CHAPITRE II
per à la fièvre. — Les vingt-cinq lieues de grille ayant paru un peu longues, furent réduites à sept lieues de grilles de fer et à cinq lieues de madriers de bois. — En 1840 on en revint au fossé. Ce fossé devait aller de Koleali à la Maison carrée, en passant par Blida. On en fit la moitié, et on parait avoir abandonné l’exécution du reste.
Gouverne- Les Russes pensant que l’état de guerre conti- «“£u. nuelle tenait au gouvernement militaire qui rëmm dTü. gissait le Caucase, voulurent y introduire les éléments d’un gouvernement civil. — Le sénateur de llann vint à Tillis en 1837 et 1840, chargé d’introduire en Géorgie le système d’administration qui existe en Russie. L’essai ne fut pas heureux : l'autorité civile que l’on instituait à côté de l’autorité militaire donnait lieu à des rivalités et à des tiraillements continuels. La responsabilité divisée ne portait plus sur personne. La justice, si elle était moins dure, fatiguait les populations par ses lenteurs. En définitive, il fallut reconnaître qu’un pays où la guerre est tout doit être gouverné militairement.
Four l'Afrique on discute depuis longtemps sur la prééminence à donner à l’autorité civile ou à 1 autorité militaire. Nous n’espérons pas plus de l’une que de l’autre; mais il nous parait incontestable que l’autorité militaire seule peut convenir à la position que nous avons en Afri-
OCCUPATION
que. — Relativement aux Arabes , l’autorité militaire peut seule leur imposer et peut avoir assez de rapidité pour arrêter à temps leurs entreprises contre nous. Le gouvernement militaire est de temps immémorial le gouvernement du pays. — Relativement aux colons, leur existence tient à l’existence de l'armée; et, comme le dit très- bien le maréchal Bugeaud, en présence des Arabes, la force , la décision , l’autorité militaire, lui sont bien autrement nécessaires que les libertés municipales. — Relativement à l’armée, l’autorité militaire peut seule en obtenir les sacrifices qu elle fait pour les colons.
Que l’on compare à ces dominations contestées % pie. la domination des maîtres de l’Égypte toujours acceptée parle fellah. En Égypte, l’homme, aussi malléable que le limon du Nil, n’a trouvé dans son territoire aucun moyen de résistance, et est devenu la proie de celui qui a voulu s’en emparer.
Examinons maintenant l’état de notre occupation.
Aujourd’hui nous formons une nouvelle ligne militaire permanente sur les confins du petit dé- occuPaUonsert, et nous faisons simultanément quatre expéditions : — une dans l’est, dans les monts Aurès,
— une dans le centre, dans le Djerdjera, — une dans l’ouest, vers el Aghouat, — et la quatrième contre Abd-el-Kader, qui, cent fois anéanti, reparaît toujours.