CHAPITRE II
Pendant que nous courons au désert , Al»d-el- Kader, avec 500 chevaux, vient faire une razia sur les Béni-Sliman, campés entre trois postes français, Sidi-ben Abbés, Ouizert et Saïda.
Examinons ces différents faits, et nous saurons l’état actuel de notre occupation.
Ligne L’an passé le gouvernement et la chambre, par m'ièdé*ert!"r l’organe de sa commission, étaient d’accord sur la limite de l’occupation militaire; elle devait suivre une ligne partant de Tlcmcen en se prolongeant par Mascara, la vallée du chélilf, Milianah, Medeah, Setif et Gonstantine1. C’était sur cette ligne que devaient se trouver les postes militaires permanents.
Aujourd’hui la ligne des postes militaires permanents est portée au delà du Tell sur les confins du petit désert. Suivant M. le maréchal Soult, c est l’expérience qui a indiqué cette nouvelle ligue militaire : en occupant la ligne centrale, on aurait eu à craindre des troubles au sud ; en occupant la ligne du sud, on couvre en même temps et le Tell et le petit désert.
Les documents du ministère ajoutent que ces postes commandent à de grandes étendues de pays, ce qui est difficile à comprendre : le pays est ouvert, et les faibles garnisons que l’on poussera dans ces postes avancés ne commanderont qu’au-
1 Rapport de la eommiiiion du 13 mai 1843, p. 15
OCCUPATION'
tant qu elles auront affaire à peu de monde, ou, si elles éprouvent de la résistance, qu’autant qu’elles seront soutenues par les forces de l'intérieur; les mots imposent quelquefois, mais les choses disent toujours la vérité. Quant au petit désert, nous n’avons rien à craindre de lui; il a besoin du Tell pour ses approvisionnements en grains.
Dans 1 est, l’expédition de Biskara ne témoigne pas des dispositions amicales de populations que 1 on va remuer jusqu’au sein du désert. Le cheick el Ara b, sur lequel nous comptions, n’a pas assez de pouvoir pour faire passer ses chameaux de transport par le défdé d’el Kantara; nous sommes obligés de faire une expédition préparatoire pour les dégager. Nous avons une affaire assez sérieuse a M’chounech ; pendant ce temps notre camp de Bètna est attaqué par trois à quatre mille hommes, et le général Sillégue, qui était sorti de Setif pour faire diversion, est attaqué par douze cents hommes1. Notre expédition n’a pas produit sou effet, puisque nous en faisons une nouvelle dans les monts Aurès. Quel est le résultat? l’occupation de deux points nouveaux, Bêtna et Biskara. On nous dit qu’on ne laissera qu’un officier français avec des troupes indigènes. Que ces troupes soient indigènes ou françaises, notre solidarité est
1 Bulletin de Betna, 22 mars 184t.