CHAPITRE II
la même du moment que le drapeau ou l'autorité française sont engagés, et nous sommes obligés de venir en appui à ceux qui les auront compromis.
MonuAnrcj. L’expédition dans les monts Aurès contre les Ouled Sultan ne parait pas aussi facile qu’on se l’était promis; elle réussira cependant, c’est-àdire que nous porterons dans la montagne la dévastation et l’incendie que nous avons portées dans l’oasis de M’chounech1. Les Ouled Sultan seront-ils devenus nos amis par ces procédés, et ne serons-nous pas obligés de laisser chez eux une nouvelle force compressive et d’occuper de nouveaux postes permanents?
Tuggurt. M. le maréchal Soult a parlé à la commission de relations à établir avec Tuggurt, et M. le maréchal Tlugeaud annonce dans un banquet que M. le duc d’Aumale vient de recevoir foi et hommage du chef de cette oasis2. On sait que du protectorat on passe facilement à la souveraineté. Les raisons ne nous manqueront pas. Tuggurt çst un archipel d’oasis, et son gouvernement pourrait parfaitement convenir à quelque ambition du jour.
BiAghou.t. L’expédition de l’ouest sur el-Aghouat ne paraissait en vérité pas nécessaire, s’il est vrai, comme dit le Moniteur algérien, que nous venions
1 AfomTeur algérien du 10 avril 1814.
’ Moniteur algérien du *20 avril 1844.
OCCUPATION
(le recevoir la soumission de ben Salem cl de son frère Yahia, qui commandent à el Aghouat depuis plus de trois cents ans1. Mais la brochure officielle envoyée avec le Moniteur algérien donne plus d’explication. L’auteur de la brochure a été présent à l’audience donnée à Yahia par le maréchal Bugeaud. Yahia dit au maréchal : « Aujourd’hui les esprits divisés ne peuvent se rapprocher que par l’ascendant du pouvoir. Mon autorité, si ancienne qu’elle soit, est trop faible pour que je puisse ramener l’ordre qui serait salutair e à tous.
» t ous avez la force qui donne la puissance, et la grandeur qui donne la victoire : si l’éclat de votre protection rejaillit sur moi et sur les tribus que je commande, si j ai reçu de vos mains triomphantes la consécration nouvelle de ma vieille autorité, vous rendrez aux miens la prépondérance qui leur appartient ; et mon autorité , exercée en votre nom , s'étendra sans contestation sur toutes les tribus que je viens de citer, et si vous le voulez jusque sur les Béni M’zabs2. »
Ceci donne I explication de l’empressement des chefs d el Aghouat : ils ne sonl [ras maîtres chez eux, et ils nous demandent de mettre nos troupes au service de leur politique et de leurs intérêts.
1 Moniteur algérien du 20 avril 1844.
Brochure officielle envoyée avec le Monil ur nigérien du 20 avril 1844.