‹ L'Algérie en 1844Chapitre 32 sur 108 · CHAPITRE lil · texte numérisé non relu

CHAPITRE lil

quand les terres détrempées permettent à la charrue de les pénétrer, c’est-à-dire en décembre, janvier, février, pendant les intervalles sans pluie. On se repose après, on fait pâturer ses troupeaux, jusqu’à ce que le blé soit mûr; alors on le récolte, et on se repose encore jusqu’en décembre. Les circonstances que je viens d indiquer expliquent l’état nomade des Arabes ; ils n’ont pu se fixer, car la culture sédentaire n’aurait pu les nourrir, puisqu’ils ne peuvent cultiver que pendant un ou deux mois 1 . »

Ce fait est reconnu par tout le monde, et constaté de nouveau par M. Enfantin pendant son séjour en Afrique. « En Algérie, dit-il, les grands travaux de la terre, labours, semailles, moisson , doivent se faire à peu près deux fois plus vite qu’en France2. »

Ainsi que l’a si judicieusement remarqué M. le maréchal llugeaud, c’est le climat et le sol qui ont décidé du genre de culture propre à l’Algérie et qui de tout temps en ont fait un pays nomade.

Les Arabes en consacrent la plus grande partie au pâturage. Les récoltes en blé ne reviennent sur la même terre qu’à cfë longs intervalles, et dans les meilleures parties, cellesqui par leurposilion peuvent recevoir les égouts favorables des

1 Mémoire sur noire établissement, 1838, p. 21. ■ Colonisation Uc l'Algérie, 1843, p. 167.

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terres supérieures. Leurs belles récoltes ont pu émerveiller ceux qui, ne sachant en apprécier les causes exceptionnelles, ont pensé que tout le pays pouvait en produire de semblables.

Il faut que MM. les colonistes de salon comprennent bien que les plantes ont , pour vivre , besoin de nourriture : cette nourriture provient de détritus animaux et végétaux, qui mêlés au sol en constituent la fécondité : lorsqu’une récolte a enlevé une partie de cette fécondité, cette partie n’y est plus; elle ne peut se rétablir que de deux manières : ou à l’aide du temps qui permettra à de nouveaux détritus d’enrichir le sol, c’est ce qui a lieu dans la culture nomade ; ou par les engrais placés par la main de l’homme, ce qui a lieu dans la culture que nous pratiquons en Europe.

Nous ne pourrons jamais faire la culture nomade aussi bien, c’est-à-dire aussi économiquement que les Arabes.

Voudrons-nous transporter en Afrique notre mode de culture de France ? Le sol et le climat s’y opposent ; mais quand il n’en serait pas ainsi, quel avantage l’Afrique nous offre-t-elle sur la France?

On croit qu’en Afrique on n’aura pas de loyer à payer comme en France. On est dans une grave erreur.

11 ue faut pas penser que parce qu’on obtient

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