CHAPITRE V
rantie par une armée de mercenaires, quelle l’est par une armée de citoyens libres, nul doute que le principe de l’égale répartition de l’impôt n’eùt exigé pour ce service comme pour les autres que l’on prélevât l’impôt sur tous, et proportionnellement à la fortune. L’intérêt politique dut confier la défense du pays aux citoyens eux-mêmes : le système militaire qui a prévalu n’appelant pas tout le monde sous les drapeaux, amena le tirage au sort.
Mais c’est par exception et pour un but déterminé , LE service militaire, qu’il a été fait dérogation au principe général, et que la loi du recrutement a été conçue.
Il n’est permis à personne d’étendre cette exception, de violer la loi et de rétablir en faveur de l’Afrique la corvée abolie en France.
Le soldat ne doit que le service militaire ; en exiger un autre, c’est commettre un abus de pouvoir.
Si la France veut coloniser l’Afrique au moyen du travail de ses soldats, il faut une loi qui les y oblige.
Quelques personnes auraient voulu que tous les citoyens fussent soumis au service militaire, et elles blâment l’état de choses actuel.
Nos colonisateurs ardents consentiraient-ils à cette mesure qui pourrait condamner leurs enfants aux travaux d’Afrique? J’en doute, malgré