DU TRAVAIL DU SOLDAT
toutes les précautions que prend M. le maréchal Bugeaud pour acclimater nos soldats avaut de les employer à ces travaux pénibles *.
Si la France veut exécuter les travaux de colonisation du maréchal Bugeaud sans employer le travail du soldat, il faut porter au budget une augmentation de 70 millions par an. Nos colonisateurs ardents voudront-ils payer leur part de ce nouvel impôt?
S’ils n’y consentent pas, pourraient-ils rejeter sur les soldats les douleurs qu ils voudraient épargner à leurs enfants ! surcharger les bras des soldats pour ménager leur bourse?
Le soldat ne doit donc pas être contraint au ses travail pour la colonisation civile.
Mais , dira-t-on , s’il consent , s’il demande à travailler, pourra-t-on lui refuser du travail?
Nous savons que cela s’est fait en 1 rance , et nous blâmons cette mesure.
Ici nous ne parlons que des dangers qu’elle entraîne en Afrique.
Dans ce pays le malheureux soldat cherche tous les moyens de tromper son ennui et de diminuer les privations qu’il endure.
Lorsque le budget colonial lui oflre dix sols pour sa journée, il les accepte. 11 se met à louil-
1 Moniteur ahjirien du 24 mars 1844.