CHAPITRE V
1er la terre du colon, et à la fin de sa journée il peut se procurer quelque douceur.
Mais qu en résulte-t-il ? le soldat fatigué par ce nouveau travail consacre à la boisson le prix de sa journée, et contracte des maladies. C’est ce que le gouvernement avait reconnu en 1 836 , dans une note fournie à la commission du budget pour 1837 : « On a dù renoncer à employer les troupes à la récolte des foins, parce que la santé des hommes en souffrait beaucoup, et que s’il y avait économie sur le fourrage, le service des hôpitaux éprouvait des excédants de dépense. »
Puis sous le rapport de l’effectif, comme le soldat ne peut en même temps défricher et faire son service, le service militaire est en souffrance, l’effectif n’est plus assez considérable , et l’on vient demander aux chambres une augmentation d effectif. Telle est en effet l’une des raisons invoquées par le ministère en faveur de la demande de 15,000 hommes faite en 1844.
« La colonisation elle-même n’est pas restée étrangère aux considérations qui ont motivé la demande d’un surcroît d’effectif »
Comme on ne peut prendre ces surcroîts d’effectif sur l’armée de France, ce sont de nouvelles levées d’hommes qui sont faites sur la population. Ces hommes sont enlevés à leurs familles qu’ils
1 Lettre du maréchal Soult à la commission du 3 mars 1844.
soutiennent par leur travail, et, comme le dit si bien le général Duvivier, ils deviennent les hommes liges du colon.
Dans aucun cas, ni forcément ni volontairement, le soldat ne doit être employé à la colonisation.
.Une dernière considération d’intérêt général vient à l’appui de celles présentées en faveur de nos soldats, et s’applique à tous les systèmes de colonisation militaire ou de travaux coloniaux à exécuter par i’armée.
Tous ces systèmes tendent à augmenter le nombre des hommes vigoureux enlevés à la France et donnés à l’Afrique. — 11 en résulte que la France perd ainsi tous les jours une partie de la population adulte, qui composerait au besoin la réserve en temps de guerre. — Il en résulte encore que l’Afrique prenant par le recrutement ce qu’il y a de plus beau dans la population, les hommes inférieurs restent en France.
On a reproché aux guerres de l’empire d’avoir abâtardi la population française; qu’aurait-on à dire si la colonisation de l’Afrique perpétuait sans, nécessité cet état de choses?
Le travail pour la colonisation ne saurait donc, sous aucun rapport, être fait par le soldat.
La commission de la chambre, nommée en 1844, condamne le travail du soldat appliqué à “ic“î,0“b^h la colonisation; elle s’exprime ainsi : « Toutser-