‹ L'Algérie en 1844Chapitre 6 sur 108 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

qui la propagent, nous continuerons notre tache et nous défendrons le peuple dont on exploite les sentiments généreux.

Ailleurs nous avons fait justice des premières conceptions des colonistes. Nous avons établi que la France ne peut tenter en Afrique ce qui autre part a pu réussir dans des circonstances différentes et favorables. L’ignorance et la légèreté seules peuvent confondre ensemble des états sociaux ou politiques qui n’ont aucun rapport entre eux.

Ainsi nous avons établi que nous ne pouvions coloniser comme faisaientles Grecs et les Romains, — qu’il est impossibled’introduireà Algérie mode de gouvernement des Anglais dans l’Inde , — qu’ Alger ne possède aucun des éléments de colonisation qui font la prospérité des États-Unis d’Amérique, — qu’on ne peut établir, ni sous le rapport du sol ni sous celui des habitants, aucune comparaison entre Alger et l’Égypte, — que les colonies pénales sont aujourd’hui condamnées comme moyen pénitentiaire , et que l'expérience faite par les Anglais à Botany-Bay doit nous garantir d’une semblable entreprise à Alger, — et enfin que le régime colonial ne peut être introduit en Afrique au moment où il croule de toutes parts, aux acclamations unanimes des colonies et des métropoles1.

1 Question d'Alger, p. 45.

Plus tard nous avons établi que nous ne pouvons réédifier à Alger le système turc, que quelques personnes regrettent encore *.

Plusieurs autres, et l'étais de ce nombre2, pro- occup»tiou

w ° , 1 maritime.

posaient Y occupation maritime.

Ce système comportait le gouvernement du pays par les indigènes et des établissements maritimes sans colonisation, semblables à plusieurs établissements anglais. Des ports vigoureusement fortifiés auraient protégé notre marine et notre commerce ; leurs garnisons peu nombreuses auraient été facilement approvisionnées pour un long temps, et leur ravitaillement possible en temps de guerre.

Les partisans de l’occupation maritime avaient été amenés à ce système par ce raisonnement bien simple : Deux nationalités, l’une française, l’autre arabe, ne pouvaient pas exister ensemble sur le sol d’Afrique; elles devaient en venir aux mains du moment où un colon se serait trouvé en face d’un Arabe ; un jour ou l’autre une difficulté devait surgir entre eux; de là lutte : le vaincu, si c’était l’Arabe, amenait sa tribu à la vengeance; si c’était le Français, appelait le soldat à son secours; la lutte devait continuer et grandir jusqu’au point actuel, où il a été nécessaire

1 L'Algérie en 1838, p. 11.

2 Quettion d'Alger, p. 306.

Page 1