CHAPITRE PREMIER
d’établir en Afrique une force militaire telle qu elle comprimât la nationalité arabe.
C’est pour cela que nous ne voulions pas un seul colon sous la protection française; ils de- . vaient nous compromettre. ?ious ne voulions que des soldats, la discipline nous en rendait maîtres. Ou s’est récrié, et cependant c’est à une mesure semblable que l'Angleterre a dù ses progrès dans l’Inde. Son premier soin a été de rassurer la propriété indigène. Le moyen employé fut radical; prohibition absolue à tout Anglais d’acquérir. La présence des nationaux inquiétait les indigènes; prohibition à tout Anglais de pénétrer ou de résider dans l’Inde sans la permission des gouverneurs, et la circonspection des gouverneurs était telle, qu’en 1830, sur une population de 100,577,000 individus sur un espace de 514,190 milles carrés, en présence d’une armée de 223,461 hommes, le droit de résidence n’était accordé qu’à 2,016 Européens'. La Charte de 1833 n’a que très-peu modifié ces interdictions, que l’imprudence des Européens a bientôt forcé les gouverneurs de maintenir dans toute leur sévérité.
Le système d’occupation maritime a été combattu par les partisans de l’occupation générale, qui prétendaient que ce mode d’occupation était un abandon déguisé.
' Histoire financière de l’Empire britannique, par Pebrer, t. Il, p 263 , 204 , 278.
Il a été combattu aussi sous le rapport maritime même; ainsi M. le général Duvivier pense que des ports sur la côte d’Afrique ne peuvent que nous préparer des malheurs en temps de guerre1; qu’il est heureux que la côte ne nous offre pas de ports, et qu’en créer serait détruire le seul avantage naturel que cette âpre terre nous ait présenté2. Il discute cette opinion avec une rare sagacité et une grande indépendance d’esprit dans le chapitre sur la guerre maritime3 et dans un écrit intitulé Ports en Algérie, fait en 1842, en réponse à un discours de M. Thiers. Cette cKsçussion est fort remarquable, et le général a complètement raison contre ses adversaires, qui, dans leur système, ont besoin d’un port militaire en Afrique pour, en temps de guerre , faire voyager 20,000 hommes soit de France en Alger, soit d’Alger en France. Il est évident qu’il y a là un danger imminent, et qu’un jour ou l’autre une catastrophe justifiera la prédiction du général. Suivant nous, le mal n’est pas dans les ports, mais dans l’occupation nécessiteuse qui est derrière les ports. Si on n’avait que des ports, nos escadres n’auraient pas besoin d’y porter 20,000 hommes, et nos croiseurs y trouveraient un refuge.
P rusent ctrelle des avantages?
4 Solution de la question de l’Algérie, p. 273.
2 Ibidem, 207.
3 Ibidem, 199.