‹ L'Algérie en 1844Chapitre 61 sur 108 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Douanes en Afrique.

puis longtemps un droit différentiel en faveur des produits de l’Algérie expédiés en France l.

Le gouvernement assailli de tous côlés crut pouvoir satisfaire à une partie de ces réclamations en rendant les deux ordonnances du 16 décembre 1843. Ces deux ordonnances constituent le commencement d’un régime colonial, d’un régime de monopole réciproque; régime qui partout donne des embarras au? gouvernements, et partout est condamné. Il est cruel en vérité de renouveler une épreuve que l’on devait considérer comme complète.

On dira que le régime que ces ordonnances introduisent n’est pas aussi étendu que le régime colonial, que les navires étrangers peuvent venir en une certaine concurrence avec les nôtres, qu’un grand nombre de produits restent en dehors des tarifs, et que les droits différentiels ne sont pas élevés. C’est la reconnaissance et l’établissement du principe qui font le mal, les conséquences le développeront.

L’une de ces ordonnances rendue par le ministre de la guerre règle le tarif des douanes en Algérie. Le principe est l’entrée en franchise des marchandises françaises, et l'établissement d’un droit sur les marchandises étrangères.

Cette ordonnance est du 16 décembre; dès le

• Question d'Alger, p. 173.

COMMERCE ET NAVIGATION

G janvier l’intérêt colonial se récrie. Son principal organe, et le plus éclairé, examine si les intérêts de l’Algérie ne sont pas sacrifiés à des prétentions étroites ; il pense que c’est mal comprendre les besoins de l’Algérie que de faire payer à ses habitants les cotonnades et les draps 25 p. % plus cher, en grevant d’autant ces produits étrangers.

Cette mesure , suivant lui , ne peut être que temporaire; le 2 avril il annonce les funestes effets que la mesure a produits. La population d’Üran souffre déjà des privations que l’ordonnance lui impose : elle ne peut plus se procurer qu’à des prix exorbitants les denrées qu’elle tirait d’Espagne à des prix modérés. La cherté des vivres a chassé d’Oran plusieurs familles laborieuses; il en sera successivement partout ainsi. La conduite du gouvernement est contradictoire : d’une part , il appelle même aux prix de grands sacrifices des colons en Afrique; de l’autre il leur rend la vie difficile, impossible même quelquefois ; enfin il fait manger l'Algérie sa fille cadette par iindtistrie française sa fille aînée.

Il me parait difficile de répondre à ces raisonnements. L’auteur fait ensuite remarquer que l’ordonnance ne sera qu’imparfaitement exécutée. L’étendue de nos frontières de terre ne nous permet pas de surveiller efficacement la contrebande par les frontières de Tunis et de Maroc.

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