CHAPITRE VIII
Cette contrebande sera d’autant plus active que les Arabes dans leurs affaires commerciales comptent pour rien la distance, et n’auront pas d’ailleurs une plus longue route «à faire pour s’approvisionner à l’est ou à l’ouest que pour gagner le
nord.
Des négociants établis à Alger, Oran et Bone, seront peut-être obligés de transporter leurs établissements à Tanger ou à Tunis *.
On voit avec quelle vivacité les colons d’Afrique expriment leurs griefs. Leurs plaintes sont déjà aussi amères que les plaintes des colons de Bourbon et des Antilles.
L’Afrique ne produit rien; elle a besoin de tout acheter au dehors : on peut en juger par quelques-uns des articles d’importation en 1 842,
tels que :
Farineux alimentaires,
Bois et houilles,
Animaux vivants et produits d’animaux,
Boissons,
Huile d’olive.
Fourrages,
Tissus,
Il est certain qu’en grevant de droits de douane ceux de ces produits qui vient de l’étranger, les
1 L’Algérie, 6 janvier et 2 avril 1844.
COMMERCE ET NAVIGATION. 115
intérêts coloniaux sont blessés et doivent être inquiets sur l’avenir. Ceux de ces produits qui n’ont pas été admis au bénéfice de l’ordonnance du 1 7 décembre, le réclameront et l'obtiendront un jour ou l'autre. Toutes les industries sont égales devant la loi, toutes contribuent aux 100 millions que coûte l’Afrique, et il y aurait une iniquité profonde à déshériter l’agriculture, les fers, etc., des avantages qui sont accordés aux autres industries.
Sous un autre point de vue, l’ordonnance, avec l’extension qui lui sera nécessairement donnée, aura ce résultat : que la plus grande partie des objets importés en Afrique étant pour les besoins de l’armée, le renchérissement de ces objets viendra à la charge de l’armée.
Nous entrons dans une série de difficultés inextricables.
La seconde ordonnance a été rendue par le ministre du commerce; elle diminue de moitié les droits d’entrée en France sur une partiedes objets du tarif général qui pourraient venir de l’Algérie. Cette ordonnance est convertie aujourd’hui en projet de loi.
Nous avons vu j^is haut que les exportations d’Afrique pour tout pays s’étaient élevées en 1 842 à 7,183,159.
La commission des crédits indique1 que les pro-
Douanes en Franco.
1 Rapport do M. Bcllonnct, de mai 18i î.