‹ L'Algérie en 1844Chapitre 64 sur 108 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

m qui ne valent pas moins de 1 ,000,000,000 l. »

De ce milliard, je ne retrancherai qu'un chiffre, celui qui est à gauche.

Mais, me dira-t-on, si vous croyez que l’Afrique ne peut rien produire , vous ne devez pas craindre pour l’agriculture française la concurrence des produits africains.

A cela deux réponses : d’abord quoique l’Afrique ne puisse pas produire d’une manière notable, il est certain qu’avec les capitaux que la France peut y employer, une certaine production en sortira, production ruineuse qui ne donnera pas ‘/n pour % des dépenses faites ; mais le produit une fois créé, quelque dispendieusement que ce soit, n’en vient pas moins en concurrence avec les autres produits similaires créés dans des circonstances ordinaires.

contrebande. Le côté dangereux de la question est celui-ci : le projet de loi ouvre carrière à la contrebande. Nous le répétons ici 2 : les produits étrangers viendront se faire nationaliser à Alger pour pouvoir ensuite entrer en France comme produits d’Algef et ne payer que moitié droit. C’est ainsi qu’Alger, bien qu’il reste dans son improduction native, pourra nous envoyer comme siens les cotons d’Amérique ou d’Égypte , le sucre du Brésil, des colonies anglaises et espagnoles; le

1 Textuel : p. 42 du rapport de M. Ch. Dupin, du 21 juin 1842.

3 Question d’Alger, p. 179.

COMMERCE EX NAVIGATION

café d’IIaïti et de Cuba, l’huile de Sardaigne, les laines d’Espagne ; enfin, le plus grand nombre des produits sur lesquels la douane perçoit aujourd'hui 137 millions. Par cette contrebande le trésor est assuré de perdre une partie notable de sa recette, et l’industrie nationale sera lésée.

Cette contrebande est inévitable, elle se fait aux colonies pour le sucre 1 . Elle se faisait en 1835, avec une telle audace, par la Corse, pour 1 huile et les céréales, qu’une loi a été rendue à ce sujet sur les réclamations des propriétaires du Midi.

Que penseront de cette concurrence nouvelle et des effets de cette contrebande, les producteurs de France qui aujourd hui écoulent leurs produits avec tant de difficulté?

Le projet de loi n’admet pas, il est vrai, la diminution de moitié du droit pour tous les produits qui seraient censés venir de l’Algérie ; mais la base est fixée, le commerce demande déjà que la limite soit reculée2. Elle le sera nécessairement.

Olives et graines oléagineuses. Les producteurs hu»«. d’buile, qui sont si inquiets de la venue du sésame oléagineux et qui réclament avec toute justice que sa graine soit imposée à la douane en raison de son rende-

1 EnquHe sur les sucres, 1828, p. 66.

n De l'importation des graines oléagineuses dans le midi de la France. Marseille, 1844, p. 68.

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