CHAPITRE VIII
ment en huile, doivent-ils être satisfaits de la disposition du projet de loi qui réduit de moitié les droits sur les huiles d’olive provenant d’Alger? Seront-ils satisfaits lorsque le commerce de Marseille aura obtenu ce qu’il demande déjà', l’abaissement de moitié des droits sur le sésame qui pourrait venir d’Alger?
Vins. Les vins qui nous viendraient d’Afrique donneraient-ils la solution de la question vinicole? Nous ne le pensons pas. Le comice agricole de Marseille demande la prohibition de la culture de la vigne à Alger 2 /
Sucre. Les sucres de canne et de betterave sont en lutte sur nos marchés. Le sucre de figues de cactus, découvert par le général de la Moricière, ne doit revenir qu a 20 c. la livre 3. Lorsqu’il se présentera en troisième , je doute qu’il mette les deux autres d’accord.
Tabac. Par mesure fiscale, nous prohibons la culture du tabac en France. Nous voudrions connaître la pensée du gouvernement qui en favorise la cultureen Afrique. Faudra-t-il, pour faire vivre le colon, lui payer le tabac le double du prix payé pour le tabac d’Amérique ?
Soie. La production de la soie est l’une des
' De l importation des graines oléagineuses dans le midi de la France. Marseille, 1844, p. 65.
2 Séance du 14 février 1843.
3 Toulonnais, du 20 septembre 1842.
COMMERCE ET NAVIGATION. 121
richesses du Midi; la culture du mûrier remonte vers le nord. Cette industrie offre des avantages d'autant plus précieux qu'elle se soutient sans aucun tarif protecteur. Faut-il arrêter ses progrès naturels, et lui enlever ses capitaux pour lui créer une industrie rivale en Afrique?
Les propriétaires du Midi commencent à s’a- jj^*ubl“a percevoir de ce dont ils sont menacés. Le conseil “idigénéral du Var a parfaitement résumé leur position, dans un vote émis à sa session de 1843 :« Il serait contraire à tous les principes établis en matière d’économie politique, de cultiver dans l’ancienne régence d’Alger les mêmes produits qu’en France, et de faire, en pareil cas, supporter les charges qu'exige la colonisation aux agriculteurs français, qui, pour récompense de leurs sacrifices , n'auront en perspective que la concurrence des produits similaires. »
Pour ces produits et pour tant d’autres, il est impossible de prévoir toutes les dillicultés industrielles et financières qui surgiront.
Un grand intérêt politique demandait dernière- AigwMpmi ment que la France et la Belgique fussent unies dans le même réseau de douanes. Quel obstacle est venu empêcher cette utile combinaison? L’intérêt industriel. Certains producteurs français, craignant la concurrence de l’industrie belge, ont voulu maintenir ses produits au delà de la ligne de douanes.