‹ L'Algérie en 1844Chapitre 66 sur 108 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Et nous irions rechercher en Afrique ce que nous avons repoussé en Belgique !

Et cependant en Belgique nous trouvions des consommateurs qui auraient pris nos produits en échange de ceux qu’ils nous auraient fournis. Quels sont vos consommateurs en Afrique? Ceux que vous y avez portés.

Et cependant en Belgique , nous trouvions des produits tout créés, créés par d’autres. En Afrique, les produits que nous attendons n’existent pas. Il faut les crér nous-mêmes; c’est à cela que tendent les colonistes en entraînant l’état dans la dépense de colonisation et d’occupation, ayant pour but la colonisation.

Lorsque ces produits seront créés avec les finances du pays , et qu’ils seront entre les mains des colons , ils ne seront pas entre les nôtres ; il faudra acheter ces produits aux colons ou leur donner en échange des produits créés en France.

Si nous prenons ces produits en Afrique , nous ne les prendrons pas autre part. Si nous prenons en Afrique les 35 millions de kilogrammes d’huile d’olive dont nous avons besoin , nous ne les prendrons plus en Espagne et en Italie. Ue leur côté, l’Espagne et l'Italie ne pourront plus nous prendre les produits qu elles nous prennent aujourd’hui en échange des 35 millions de kilogrammes d’huile quelles nous envoient.

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11 en sera de même pour tous les autres produits.

Que résultera-t-il de celte combinaison? Nous aurons détruit un commerce ancien pour en créer un nouveau. Mais l'importance du commerce sera la même ; elle est basée sur nos besoins et nos ressources. L’importance de ce commerce sera même affaiblie, car nos ressources seront diminuées de tous les capitaux que nous enfouissons improductivement à Alger.

Il est donc impossible de découvrir dans le commerce spécial avec l’Afrique aucun avantage pour la France.

S II. Du commerce avec l'intérieur de l’Afrique.

Nous avons vu que l’une des raisons qui enga- Commerce geaient le gouvernement à étendreau sudl’occupa- l l’intéreur lion française, était l’espoir d’un commerce avec l’intérieur de l’Afrique.

La commission des crédits 1844, à laquelle cet espoir était présenté par M. le maréchal Soult, devait porter son attention sur cette question, son avis est contraire à celui de M. le maréchal*; elle donne à la suite du rapport un travail fort remarquable de M. Jules de Lasleyrie, qui a fait une étude particulière de l’intérieur de l’Afrique.

Il en résulte que les circonstances géographi-

1 Rapport de M. le général Bellonnet, 17 mai 1844.

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