CHAPITRE X
il s’élève au moins à 12 millions. Qui est-ce qui les payera? Nous, sans doute.
En 1843 (documents ministériels), la direction des finances d’Alger perçoit la valeur des récoltes faites sur les biens coloniaux par l’administration militaire, et ne paye pas la valeur de ces travaux.
Elle encaisse le montant des contributions arabes (1,604,579 fr. 79 c.), et nous laisse payer les agents de cette perception (les indigènes) qui nous ont coûté plus de 10 millions!
Lorsque nous avons fait une razzia sur les Arabes (280,042 fr. 32 c.), elle en fait une sur nous, et nous enlève encore ce produit. Pour notre razzia il nous a fallu mettre une ai mée en campagne; pour la sienne il lui suffit d’un habile administrateur.
Les chevaux de soumission sont quelquefois fort difficiles à obtenir. Ainsi les Mouzaya n’ayant pas amené à Belida, au jour convenu, le cheval de soumission qu’ils avaient promis, le commandant de Belida met en campagne 600 fantassins, un escadron de chasseurs, et des gendarmes maures '. Tout cela ne se fait pas sans une certaine dépense. Puis lorsque nous avons obtenu des chevaux de soumission (704 fr. 80 c.), la direction des finances de l’Algérie vient encore nous enle-
1 Dépêche du général de Bar, du 9 juin 1842.
finances.
ver cette somme. - Il est vrai quelle nous laisse l’honneur!
La direction des finances d’Afrique prélève sous le titre d’octroi de mer la meilleure partie des droits de douane, et trouve ainsi le moyen d’éta-
bhr un impôt de consommation sur l’armée qui la protège. M
La vérité est que là où la production manque, il ne peut y avoir d’impôt : l’Afrique ne saurait .ru“ avoir la prétention de produire, quant à présent «lu moins. C est la France qui produit tout ce qui fait vivre l’Afrique. C’est donc à la France à faire en Afrique la recette des impôts quelle croira deAoir établir, et à faire les dépenses quelle croira devoir faire.
En dehors et au-dessus de la question financière est la question politique et d’administration.
En Y rance, pour toute affaire, lorsque les pou- \oirs de 1 état sont tombés d accord sur un système à suivre, et que cet accord a été sanctionné par un vote financier, il est de convention que le système indiqué est suivi.
Ce qui a lieu dans ce cas pour les affaires de France doit avoir lieu pour les affaires d’Afrique.
La France fait pour sa colonie assez de sacrifices pour avoir le droit d’en diriger la politique; et il ne faut pas qu’au moyen d’un budget qui échapperait à son vote, 1 Afrique puisse suivre une politique ou des systèmes d'administration que n’au-