‹ L'Algérie en 1844Chapitre 81 sur 108 · C.HAVITRB X · texte numérisé non relu

C.HAVITRB X

rait pas agréés la France, ou qui lui paraîtraient

compromettants.

C’est ce qui est arrivé dans plusieurs circonstances : les gouverneurs se sont soustraits à l’autorité ministérielle. Ils ont d’autant plus de propension à prendre une initiative dangereuse, qu’ils ont sous la main les moyens financiers d’exécution.

En vain dit-on que le ministre seul ordonne les dépenses. Lorsque la dépense est faite , il lui est dillicile de refuser son approbation au gouverneur qui invoque X urgence et la nécessité. Nous n’aurons pas toujours au ministère un homme qui, comme M. le maréchal Soult, réunisse une volonté ferme a une grande autorité personnelle.

L’Afrique dira que la France ne connaît pas ses besoins et n’est pas propre à diriger ses affaires. Tant que la France fera les frais de l’occupation, elle devra en fixer le mode.

L’Afrique, pour soustraire son budget au contrôle des chambres , rappelle que les budgets des colonies, des départements et des communes ne sont pas soumis à la législature.

11 n’y a aucune analogie. Ces différentes circonscriptions administratives sont organisées par des lois : des conseils représentent les citoyens ; les recettes et les dépenses sont déterminées. Il n’y a rien de tout cela en Afrique.

Le budget colonial doit être supprimé : les re-

FINANCES

cettes et les dépenses doivent être réunies en une annexe au budget de l’État, et soumises aux régies financières en vigueur en France.

C est ce que propose la commission des crédits de 1844 pour l’exercice 1846.

Cette modification n est qu’une affaire d’ordre et de bonne administration. L’État, en faisant les recettes coloniales, se charge des dépenses coloniales : les résultats que nous avons indiqués plus haut restent les mêmes.

L’Afrique nous aura coûté 1 00 millions pour l’année 1843.

A la fin de cette même année , l’Afrique nous * aura coûté , depuis l’occupation , près de 800 millions.

Cependant on ne veut pas s’arrêter parce qu’on a perdu 800 millions. — Mais dans dix ans , on aura perdu , en comptant les intérêts et les dépenses annuelles, 2 milliards et demi. Ce sera une nouvelle raison de continuer, — comme si des pertes nouvelles pouvaient couvrir des pertes anciennes.

La f rance est riche, dit-on; examinons : Eut*»«Bd«

Communes. Leurs dépenses spéciales étant de Communes. 160 millions, et leurs revenus ordinaires n’étant que de 25, elles sont obligées, chaque année, de voter en centimes extraordinaires ou en impôts de consommation, millions . 135

Sur 37,232 communes, 29,855 sont réduites à

Page 1