FINANCES
Dépenses d’Afrique. — Recettes. — État de la France. — Communes. — Départements — L’État. — Déficit. — Besoins du pays.
Dépenses
d’Afrique.
L’Afrique est la ruine de nos finances, la cause incessante [de nos déficit annuels. L’Afrique a déjà englouti plus d’un milliard. Ces dépenses s’élèveront pour l’année 1846 à. . . 125,762,993
Ën voici le détail :
1° Budget originaire voté en 1845 .
2° Crédits demandés en 1846 .
3° Le solde de chaque exercice se vote à la sessiori qui suit cet exercice. Lé solde de 1845 demandé èn 1846 était , déduction d’une annulation de 939,593 fr., de 7,169,849 fr. — Le solde de 1846
sera voté en 1847, et ne sera pas moindre de .
4° Dépenses de l’Algérie au compte de l’administration centrale des ministères de la guerre et
des finances . . .
5° Dépenses accessoires du ministère de la guerre, telles que dépôts des régiments en France , consommation du matériel, etc. La commission du budget de 1836 évaluait ces dépenses, pour un effectif de 31,000 hommes, à 3 millions*. Aujourd’hui , cet effectif est plus que triplé , et la déétruction du matériel plus rapide. La dépense
sera triple .
6° Dépenses de la marine. La commission du budget de 1839 évaluait les dépenses de la marine
A reporter . . 1 13,762,993
' Rapport de tà c'omhiissM, fb l).
FINANCES i
Report . .
faites en 1837, pour un effectif de 42,000 hommes, à4,45i,Ü00fr. ’. Là commission était loin'^dé compter rigodretisement ; il n’y avait àlors que 14 bateaux à vapeur employés ; nous n’avions pas la complication du Maroc. Aujourd’hui nous avons 100,000 hommes en Afrique. Nous sommes obligés de courir la côte , dé Tunis au Mâfbc , nous transportons à Alexandrie les pèlerins qui vont à la Mecque. Outre les vaisseaux à voiles, trente bateaux à vapeur sont employés au service de l’Afrique. M; le ministre de la marine disait dernièrement combien ce service était fatigant et compromettant pour ces bateaux 2. L’Afrique est la cause principale de l’augmentation des dépenses (jüi, éh 1830, étaient de 65 ihillibns, ét sont portées au budgët de 1847 pour 110 millions. —En comptant la perte des vaisseaux , la dépense occasionnée par
l’Afrique s’élève à plus de . 12,000,000
7° Pensions de retraite. L’Algérie occupe près du tiers de l’armée. Le temps qü’ÿ passent les officiers leur est compté comme campagnes pour le règlement des pensions de retraite. Cela aura pour effet de porter au maximum le plus grand nombre des pensions militaires. . . . . . . . Mên/ioire.
Total.... 125,tb2,993
Le budget de i846 évalue les recettes qui seront faites pendant cet exercice à 1 1,700,000 fr. dans lesquelles les contributions
arabes figurent pour . 4?1'20*000 fr-
Le surplus provient, en grande partie, de droits de consommation qui sont payés par l’armée et tous ceux qui vivent des millions quie nous jetons dans le gouffre africain.
Recettes
d’Afrique.
1 Rapport du 12 mai 1838.
2 Discours du 13 avril 1846.
Cette recette ne peut venir en déduction de la dépense. Il est évident que si nous avions dépensé en France, et les millions que le budget prodigue à l’Afrique , et les millions qui y sont dépensés improductivement par les particuliers , nos impôts de consommation, qui s’élèvent en France à plus de 600 millions, auraient facilement produit 12 millions de plus.
L’Afrique aura donc coûté en 1 846 cent vingtcinq millions.
Il 11e faut pas croire que les dépenses s’arrêtent là, ni que l’Afrique soit satisfaite. Aujourd’hui la 'France algérienne déclare qu’on a peu fait pour la colonisation, et qu’il faudra en augmenter le budget de 3o à 4o millions1. — Quelques députés reprochent à la Chambre sa parcimonie2. — D’autres disent que le meilleur moyen d’effacer chez les Arabes l’amertume de la défaite, est d’exécuter sur leur territoire des ouvrages d’utilité générale, tels que barrages, fontaines, marabouts, mosquées, caravansérails3. — Enfin, V Algérie propose de fournir aux Arabes une subvention de 3 à [\oo francs par famille , pour les aider à construire leurs maisons4.
La France est riche, — diront ces esprits su-
État financier , . , . .
de perbes qui planent incessamment sur 1 Atnque; — la France peut chaque année sacrifier 12S millions à l’Afrique.
1 N° du 28 avril — 2 Moniteur , 1845, p. 1779. — 3 Même Moniteur , p. 1419. — 4 N° du 7 avril 1846.