DE STORA A AL6BR
La route, comme celle de BOnc à .Stora, est toujours dfins la direction générale de l’ouest.
Ce sera un grand bonheur pour le visiteur s’il peut faire la Iraversi’C de Stora à Alger à bord du Tanger, sur lequel le capitaine de frégate lloussard, qui l’a commandé, avait établi une discipline austère, mais conforme à l’esprit martial et viril de la marine impériale. — On passe à côté de l’ilot-phare de Srigina, et l’on trouve bientôt Collo (Cullii), petit port fort Joli et que nous possédons moralement , bien que nous n'en n’ayions pas encore pris politiquement possession , et qu’il soit entouré de quelques restes de tribus qui ne reconnaissent pas l’autorité française. Le promontoire écliancré qui sépare les eaux de Collo de celles de Jigelli est doublé et nous entrons au mouillage de cette dernière ville. Cette anse n’offre aucune sécurité, et l’on .se gardera bien de communiquer pour peu que le grand lac méditerranéen soit agité. Cette petite cité françai.sc représente Ylgilgilis fondé par les Phéniciens de Carthage.
Vient ensuite la pittoresque baie de Bougie. Quelque violente que soit la bourrasipie , on peut presque toujours relâcher dans
ce port Irèâ-bien abrité, ('.ctte \illc ( d’origine carthaginoise , Sal(lœ), vivement teintée et pleine de lumière, rayonne sur sa colline, en partie voilée par les accidents du terrain. C’est la capitale mariUmc de la Kabylic , dont Sétif ( Sitifis coioma ) est l’expression centrale et la métropole. C’était déjà, dans l’ère romaine, la capitale de la Mauritanie sitillenne. Les Arabes connaissent Bougie sous le nom de Bujciah.
Avant d’arriver à Dcllys (le Itusucurium romain J, il faut doubler le cap Carbon. — Dellys, dernier port de la route avant le golfe d’Alger, a, comme Jigelli, un mouillage fort précaire, et, le plus souvent, les courriers n’y touchent point. — On plaint ces populations du littoral qui demeurent quelquefois plusieurs mois sans recevoir de nouvelles et sans pouvoir correspondre. Je me rappelle m’être trouvé à bord du Tanger en 1852. Parmi les ofllciers qui avaient pris passage sur ce bâtiment se trouvait un capitaine d’infanterie légère, se rendant à Dellys. Nous passâmes en vue de cette ville; mois le débarquement eût offert du danger, vu l’état du parage, et le commandant ordonna de continuer la marche. L’ofllcier en destination de Dcllys fut donc conduit à Bougie, où il attendit paisiblement la réapparition du même courrier revenant de Béne. Nous le revîmes donc de nouveau à bord. mer n’était pas très-douce, et on avait encore une fois mis l’atterrage de Dellys en question. Cependant le débarquement avait été permis. Les événements de cette nature sont fréquents sur les côtes de l’Algérie. — Encore un promontoire à côtoyer, et, après avoir doublé Je fameux cap Matifou, nous entrerons sous le vent et dans les eaux d’Alger.
ALeEB.
La brillante capitale de l’Algérie est si connue que je ne saurais viser à l’uriginalité en en |>arlant; mais — comme je