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COMBAT . DV . XÎ . AVBIL . M . IMKXIXLII
Cette iiuscription a «‘té nasuère repr«Hluite en arabe sur le immuineut.
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Beiii-Mered est le premier essai tenté maisabamloiiné d'iinc colonie militaire inspirée par l’idée romaine, l’eul-étrc y revicndra-t-on.
I.a campafüic a repris , au delà dn vert et ombragé périmètre (le lloulTnrick, son air de délaissement; mais il en est de Blidah comme de Borne ; cette ville est assise au milieu d’une corbeille, et bientôt son rayonnement va commencer par la pins riante végétation.
Blidah est l’expre.ssion , le symbole, le phare, la capitale de la Mitidjah. Cette cité, posée pres(]ue à l’extrémité de la plaine, au pied du Petit-.Mlas ou Mouzaia, sur l’Oued-Kébir, partage avec Bône l’avantage de régner sur les plus délicieux paysages de l’Algérie. Elle est littéralement enferm(ie dans une orangerie, et elle respire l’air le plus parfumé de l’Africjue. Derrière elle, le Petit-Atlas se dée,omposant en une foule de monticules, de mamelons, de. petits ravins, de petites vallées pleines de pittoresque , de poésie, de charme oculaire , festonnées de bocages, émaillées de maisons de plaisance, du vert le plus riant et le plus doux à l’œil. Devant elle, la plaine de la Mitidjah, limitée, à l’opposite du Petit-Atlas , par la chaîne du Sahêl , dont le revers, vu de Blidah, présente une ligne continue d’une ineffable harmonie, sans la moindre dureté de profils, et très-analogue aux collines de la Côte-d’Or.
On connaît le proverbe africain;
Alger la bien gardée,
Koléah la sainte.
Blidah la prostituée.
Il ne faut plus le prendre à la lettre; mais Blidati peut, à juste titre , être considérée comme la Capoue de nos possessions d’Afrique, par la vie facile et sensuelle qu’on y mène, parles émanations odoriférantes qui l’embaument, par ses horizons qui prédisposent à de voluptueuses émotions.
Cette ville, quartier général éventuel de la division militaire d’Alger, chef-lieu de sous-préfecture, avait été presque entièrement détruite par le trop mémorable tremblement de terre de 1825 , lorsque les Français s’en emparèrent. Elle doit
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sa régëiiératiun à la <’unquéte. Tous les quartiers iiutigùues l'iireiit réduits des rez-de-chaussée ou à des ruines, ce qui leur donne une grande conrormité avec les rues de Tunis et de Tanger. Comme dans la miTropole de la Régence , le llguier pousse avec vigueur parmi ces restes d'iiabitalions mauresques.
Les Kuropécus ont bâti leurs maisons autour, au milieu de ces ruines, de telle sorte que la région indigène est pour ainsi dire inscrite dans les quartiers neufs. Toutefois, Blidab a conservé quelques rues où le caractère local n'a llécbi que sous la pression brutale du tremblement de terre.
Blidab ressemble beaucoup à Bône. Son icbnograpbie est régulière; elle est percée de grandes ])laces carrées, ombragées d'arbres. On distingue parmi elles; la place d'Armes, la place de l'Orangerie, tonie complautéc d’orangers, comme la plai;e de ,Ma.s.sa (états de Modèue;, la place du Marebé-Européen , la place du Mandic-Indigène. Ses principales rues transversales ou longitudinales sont celles d'Alger, du Bey, Bab-el-Rabab, Bab-el-Sebt, Abdallab.
I.a région militaire occupe une place importante dans l'assiette de cette jolie et calme cité. Il y a à Blidab plusieurs petites mosquées et une église catholique in.slallée dans un temple musulman, et consacrée à saint t'.barles. Ce temple est un peu enterré et humide.
Cette ville était, avant la conquête, noyée dans une immense forêt d’orangers et de citronniers, que les tristes nécessités de la guerre ont en majeure partie abattue, mais qui tend â se relever sous l'empire d'une paix profonde. Occupée par les Français depuis 1838, elle est l'intermédiaire obligé du commerce d’Alger avec les villes du sud de la province.
I.es habitants et les étrangers visitent avec plaisir le Tapis-Verl, jardin public près de Blidah, et l’on ne peut séjourner dans cette ville sans faire une excursion indispensable aux gorges de la Chilla.
Il est que.stion de bâtir, dans un but direct, une église catholique à Blidah, et un nouveau théâtre. Pour ce dernier monument, on avait pensé â la place de l'Orangerie; ce choix serait peut-être l'âcbeux. Outre ipie le théâtre projeté serait, .sur cet emplacement.
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situé à une extrémité (le la ville, il ileviemlrait la cause de la destruction presque totale de l’orangerie.
L’hôtel de la sou.s-préfccture de Itlidah est un charmant] petit (■■(lifice. — La population de cette ville n’excède pas 7,000 hahitants.
I.e visiteur de Blidah pourra loger à riUHcl de la Régence, rue d’Alger, ou au (irand-Hôtcl du Périgord, place d’Armes. Les princip.aiix cafés de cette ville sont le Café Riron , le Café du Commerce, le Café (le France.
Les rues de Blidah sont, comme celles de la plupart de nos cités algériques, munies d’un simple empierrement, macadam grassier et rudimentaire.
Une excursion à Koléah est aussi indispeasahlc que la course aux gorges de la Chilfa et à Médéah. Koléah est presque aussi célèbre que I.a Mecque et Médine parmi les musulmans, parce que cette ville fut construite autour du tombeau ou marabout de Sidi- Embarreck , saint personnage de l’Islam. Ce marabout, qui existe encore, était et est toujours un but de pèlerinage pour les musulmans. I,es environs de Koléah sont riches en oranges, en bergamotes, en cédrats, limons et citrons. Peut-être pourrait-on aussi y es.sayer la culture du laiirus camphora du laurvs cimmomvm ( cannelle ), du pipz-r nigrum de Java, quelques variétés du riHchnna { fournissant le quinquina }.
Si l’on veut voir une route tourmentée, déchirée, ravinée, mais majestueuse dans tous ses hori/.ons , il faut parcourir celle de Blidah à Médéah, place extrêmement curieuse comme caractère , comme histoire, comme paysages. — Mais cette route est souvent interceptée, scs ponts sont quelquefois coupés et entraînés par les torrents et les rochers.
Médéah , Koléah , devront absolument être visités par le voyageur, homme d’études. Sans doute, s'il trouvait des moyens de transport, une route, un parcours sûr, il aurait ù .saluer un lieu bien autrement marqué du sceau harharesque que ces deux cités: une vieille arche musulmane ;i étudier, :i l’état vierge, dans la ville de l.at;huiiat, deux fois assiégée par les armes françaises; maisjus-
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qirici nos relations avec ce centre cl avec les territoires si récemment oriranisés dans le sud ont été toutes politiques, et il faut aiiv généraux eux-mémes, qui s’y rendent avec escorte, guides, provisions de houchc, tentes cl appareil de campement, nn temps considérable.
Quant à Milianah , le voyage est facile. Je n’engage point mes visiteurs de l’Algérie à se diriger surDouéra, ville neuve, sans aucune signification, mais d’ofi l’on jouit d’une vue magnifique, duc à sa situation sur le versant du .Saliéi. — .Mais revenons à llli<iah.
Le torrent île l’Oucd-Kébir roule avec fracas, à deux pas d’une des portes de la ville , ses eaux et scs saldcs. De ses bords vivement échancrés on a sous les yeux le rideau de collines et de montagnes qui l'ombrage, offrant par ses oppositions de verdure, de sites, d’accidents, de lumière, de couleur, par ses variétés de villas et de fermes, le plus ravissant tableau. C’est un paysage de Sicile, de Toscane ou des environs de Naples.
J’ai assisté, le 1-1 novcmlirc 185.3, à la cueillette des oranees de Rlidali. — Il faut convenir que les hommes du Nord ne peuvent guère se faire une idée exacte du beau fruit des llcspcrides. Elles étaient encore parfaitement vertes. — Mais pour qu’elles puissent arriver saines à Paris, on doit les détacher prématurément de l’arbre. — Pauvres septentrionaux I... El vous croyez avoir l’orange dans les conditions où Dieu a voulu qu’elle soit mangeable I
D’iUER A ORAI.
Il e.st huit heures du soir et le courrier de l’ouest appareille avec vent arriére. l.a roule, comme celle de Stora à Alger, est sud-ouestqnarl-sud. La pointe Pescade , à l’ombre de laquelle brille l’harmonieux sillage de notre luvire, marque, au couchant, les limites du golfe d’Alger, borné à l’est par le cap Matifou. — Voici Sidi-Fcrruch. où s’effectua, en 18.30, le débarquement de l’armée française.
Moins riche en lignes brisées dans sa conflguraliun , et moins pittoresque, en général, que celle de l'est, la côte occidentale, surtout entre Oherchell et Alger, ofiTre des zones cultivées avec soin et est éléganinient bordée de jeunes maisons de campagne, d’agrément ou d’exploitation agricole , sur les contre-forts de la lioudjaréah. Les sautes de veut y sont peut-être moins fréquentes que sur la c6te de l’est, inliniment plus échancrée. I.cs montagnes, dans ce parcours, sont vêtues d'une pelouse embaumée, du vert le plus agréable pour les yeux, véritable tapis de mousse. On ne voit point d’arbres; cette mousse ou le .sable et le roc nu s’étalent seuls aux regards.
C.bercbell, de fondation punique, apparait bientôt et blanchit sur son rivage. — C’est encore un de ces mouillages éventuels, en vue desquels les courriers passent le plus souvent sans atterrir. Cherchell possède un musée et est riche, en antiquités; les ruines de Tipaza en sont voisines.
Après Cherchell, les colonies des Phéniciens de Carthage deviennent rares. La côte, très-accidentée d’enfoncements et de promontoires, a quelques riantes oasis contrastant avec la solitude des montagnes environnantes. Nous avons doublé le cap de Ténès et nous sommes dans la rade de cette ville qui met Orléansville en rapport avec la mer. On mouille, à la distance d'un mille environ lie la cité. La ville de Ténès 'Cartenna des Komalns jiroduit un ell'et charmant, vue du mouillage. .Si la station dans ses eaux doit être longue, et que le commandant du navire daigne mettre à votre disposition sa baleinière et ses nageurs, vous pourrez aller Jeter un coup d’ocil rapide sur la cité. Le même canot, après cette visite, et les mêmes avirons vous ramèneraient à votre bord. La rade de Ténès est d'un atterrage presque aussi précaire que celle de Cherchell.
Le passager, sur les bâtiments de l’Ctat, trouve bien scs distractions; il a pour épisode la visite des directeurs de ports venant conférer avec le commandant, et échanger des égards avec lui. comme entre chef de gare et chef de tr.ain, sur nos chemins de fer. Il aura pour récréations la vue des feux signalant les havres.