I.a Sénia, à
Mers-cl-Kébir. . . .
Arcole
Valmy
Sidi-Chami
Mes-serghin ....
.Vïn-el-Ture ....
Bou-ScITer ....
Fleurus
Saint-Cloud ....
Saint-Louis ....
Sainte-Harbe. . . .
Arzew
.Saint-Lcn
Saint-Denis ....
Aîn-Tcmouchen. . .
Sidi-bcl-.\bbès . . .
Mostaganem ....
Ma.skara
TIemsçen
Si l'hôpital militaire d'Oran est admirable comme édifice, il ne l’est pas moins comme administration et comme tenue. — I.es hôpitaux militaires de l’Algérie sont en dedans ce qu’ils sont en dehors. — J'ai pu en juger par moi-même, car j’y ai été amené malade, et n'ai eu qu’à me louer des soins intelligents et empressés qui m'y ont été prodigués par les médecins militaires chargés du service. Cet immense hospice est divisé eu deux parties inégales, communiquant par une voftte, l'ancien hôpital dans la région basse, l’hôpital neuf .sur le point le plus élevé. C’est ilans l’ancien hôpital qu’est enclavée une petite mosquée, dont la forme a complètement changé par suite de»
l'oiislrucUuiis tieuve.s <|iii l’riiveloppeiil un l'eiiluimMil, uiaiü dont le minaret de |jri(iues, d’un style hispano-mauresque très-riche, «Buvre, dit-on, du cardinal Ximénès, s’élance part'aitcmenl intact et domine rcnscmhie des bâtiments adjacents.
La mos(|uéc livrée au cidtc catholique, sou.s le nom de paroisse Saint-.Vudré, rue Napoléon, lu Grande-Mosquée, les deux kashah, les fameux magasins espagnols du quai de la Douane , complètent la galerie monnmentale d’Oran. Les pins belles mes européennes de cette ville sont: le boulevard Oudinot, la rue d’Orléans, la rue Philippe, la rue Napoléon, la rue de r.Vrsenal. Ces rues sont macadamisées comme toutes les artères neuves des villes de l’Algérie. — Le centre moral, coimnercial et matériel, l’àmc de la cité, c’est la place Kléber. C’est là que l’on est toujours sùr de rencontrer ses connaissances et ses amis , d’apprendre les nouvelles, bien qu’elle soit très- bornée et très-irrégulière. Parmi les autres places d’üran nommons celle d’Orléans , où l’on a transféré le marché sous une élégante halle couverte, la place .Napoléon, qui n’c.st pas encore régulièrement bâtie. — Mais les plus magnillqucs places d’Oran ce sont ses horizons.
Les eaux jaillissantes .sont, à Oran, d’une abondance précieuse.
— Si cette cité n’a pas encore de gazomètre, il ne faut pas s'en étonner: en peu de temps, elle a déjà progressé d’une manière gigantesque, et l'avenir lui réserve tous les genres d’avantages, elle a pour promenades le chemin paysage ([ui serpente au pied du fort Philippe, le long des moulins, le Itavin Jilanc à Kerguentah, le cours de l’Étang, qui embrasse toute la montagne, tous les chemins qui courent au bas ou sur le liane de. ses promontoires, la mosaïque de jardins qui encadrent la ville.
— Kt quel ciel algérien ou français — je le répète — offre la pompe du ciel d'Oran 1 (|ucls paysages ont l’éclat, le grandiose, les miroitants reflets de ses paysages! — Il existe un jmint de la ville, surtout, où le ciel d'Oran apparaît dans toute sa profondeur et l'op.acité de sou indigo, c’est la petite rue de Trente, entre les mes Montebello et Itassana. — Allez vous poser la, de grâce, et regardez au-dessus de voire tète. — line ascen.sion
a l’oraloire d(> la imiiitagiie . uiii> ouursr au Baiiis-de-la-Kiûnc , en passant au fort et au souterrain de la Moune, seront agréables au visiteur d'Oran. L'n des lieux de promenade les plus pittoresques dont il pourra également jouir, c’est autour de l'immense enceinte de la vieille Kasbah. line partie des bétimenU espagnols de ce château , inscrits dans les ruines du palais et de la fortification mauresques, sert aujourd’hui de caserne. —
Les zouaves qui occupent ce quartier sont, certainement, d’excellentes troupes; leur intrépidité sur les champs de bataille est fabuleuse , leur expérience de la guerre d’Afrique , consommée. — Pour être bon zouave, il faut avoir l’air un peu pourfendeur et un peu ca.sseur d’a.ssiettes. Ce type, qui ne sied pas mal à la cavalerie française, en terre conquise surtout, les zouaves le maintiennent sans que la discipline du corps eu souffre , et sans que le courage y perde un élan. — C’est une troupe franchement dessinée.
Il sera encore nécessaire que l’étranger se rende à Messergbin, pour voir l’orphelinat, et étende, dans la campagne d’Oran, ses excursions aux colonies agricoles et aux fermes.
Les anciennes subdivisions d’Oran en quartier de la Marine,
Quarlicr Franc , Quartier Indigène , sont encore appréciables. I-a Marine, c’était autour delà Douane; le Quarlicr Franc, autour de la partie la plus élevée de la place d’Orléans, là où sont encore quelques consulats; quant à la région indigène, elle n'a •
pas ce.ssé d’être enchaînée aux pentes rapides et aux sommets.
Je me permettrai une simple question. — Que signifient les dénominations de rue de Berlin, rue de Dresde, etc., en Afrique, à Oran? Si, au moins, on avait rappelé, par le nom des batailles livrées et gagnées, en Cermanie, par les armes françaises, les gloires militaires de la France conquérante de l’Algérie, je n’aurais pas la moindre obscrv.-ilion à formuler. Je comprends , sous ce ciel serein comme celui de la Sicile, les noms de Naples, de la Piave, etc., donnés à certaines rues d'Oran; mais je me familiarise moins aisément avec les noms ludesques. — L’Kspagne , ril.alie. la Manritunie. la Lybie, la Niimidie romaines n'offraient- *
üllt’s pas assez, de ressources dans leur \ucaliiduire pour liaptiser les nouvelles rues d’Oran? — J'aime mieux le parti pris dans la nouvelle ichnographie lyonnaise de l'ancienne boucherie des Terreaux. Ou y a appelé plusieurs rues de noms africains. Ainsi, nous avons à Lyon la rue d’Oran, 1a rue de Constantine, 1a rue d’Algérie. Ceci se conçoit : il s'agit de villes françaises ; et , par ces désignations, ou rapproche et l’on unit la mère patrie à la colonie.
Les nations étrangères sont repré.senlées à (Iran par des agents consulaires secondaires, comme à Bone.
Oran a une vie propre, dont aucune ville de l'Algérie ne représente l’image, vie qui trouve son expression et sa physionomie dans .son défaut absolu d'homogénéité et de cohésion, vie essentiellement instinctive, livrée aux impulsions des naturels et des penchants, réglée toutefois par le bon sens social et l'intérét colonial. — Si mes prévisions ne me trompent pas, cette ville marche à pas de géant à la plus grande fortune, et, bieutùt peut-être, elle aura une exubérance d’activité et de mouvement qui refluera sur les autres centres de population de la province. — Ce qu’il y a à faire ici, c’est moins de développer son industrie déjà florissante, que de moraliser sa population par des institutions chrétiennes pratiques, vraiment favorables à la double idée décolonisation et de civilisation ; c’est de former une grande famille des éléments catholiques fortuitement rapprochés, mais non pas unis dans ce centre corn-, mun. — Tous ces éléments si divers qui forment l’agglomération oranaise, aussi disséminés que les régions de la ville, un seul lien pourra déflniveracnt les confondre, c’est celui de la religion, et de la religion prèchée p.ar ses oeuvres, ses bienfaits, ses institutions.
I,a charité et l’imstruction élémentaire présentent à Oran une situation .satisfaisante. — J’ai visité, le 20 avril I8.’>3, le monastère desKK. SceursTrinitaires, dont la maison mère est située à Valence (Drômo). Connaissant la métropole et m’intéressant vivement à sa prospérité, j’ai dù voir avec joie la colonie. Huit divisions composent cette colonie oranaise, rimcdcs plus belles de lamai.son mère ; salles •l'éludes, salles d’asile, oiivroir. pensionual ; abstraction faite de sa
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succurAalr dans la paroisse de Saiiit-.ViuIré, pour le (piartier Napoléon, — tout eela csl admirable. — l/école des frères deSainl-Josepli (du Mans), pour l'instruction primaire des gar(;üus, aurait produit des fruits meilleurs, sans certaines circonstances qu’il ne m’appartient pas déjuger. Ces frères ont été naguère i la veille d'èlre remplacés par une autre congrégation enseignante. Us resteront jusqu’à nouvel ordre. Espérons que toutes les dilllcultés s'applaniront et que l'école élémentaire demeurera définitivement dans leurs mains.
Il ne manque plusàOran qu'une communauté de sœurs gardesmalades, pour administrer aux familles pauvres les .secours corporels, et les préparer à recevoir les secours spirituels. Cette vivifiante fondation est dans la pensée intime du vénérable curé de .Saint-Louis :M. l’abbé Avit. chanoine honoraire d'Alger), dont le cœurest intarissable, et qui, après tant d’actes de véritable héroïsme «lans la charité, con.somniés dans tous les lieux où il a exercé le, saint ministère, ne cesse de rêver de nouveaux aliments à sou apostolat et à sa piété. M. Avit est, comme r.èle, comme dévoùinent, comme abnégation, comme simplicité de mœurs, comme doctrine, l’un des plus beaux caractères ecclésiastiques de l’Algérie. — Oran aura donc bientftt des sceurs gardes-malades tirées ou de Bourg-en- Bresse '.Saint-Joseph;, nu de Cluny (Saint-Charles). Le cœur de M. l’abbé Avit, l'appui qu’il trouvera dans l’opinion, me garantissent la prochaine existence de cette institution précieuse.
Je ne vois pas que la ville d'Oran ait beaucoup à cuvier, sous le rapport catholique, aux plus vieilles cités françaises. Elle a un culte développé sur une grande échelle. La présence dans son sein du vicaire général chargé de l'administration ecclé.siastique de la province M. l'abbé Comi)te-C.alix) concourt puissamment à V imprimer le mouvement religieux, surtout à cause du mérite, personnel, de la foi ardente, de la haute sollicitude du titulaire.
Il est po.ssible qu’Oran devienne le siège d’un évêché pour la province de ce nom. Sa callu'slrale est toule prête à .Saint-Louis. Son palais .serait construit entre cette église et la maison des itlt. SS. de la Trinité, ou bien on l'ébaldirait dans la portion ancienne de