‹ L'Algerie en 1854 itinéraire general de Tunis a TangerChapitre 15 sur 20 · IH · texte numérisé non relu

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riiopilal luiüUiru. i|uinv fuit pas un liesoiii cssiuiticl au scrvicu et pourrait flro distraite de riiùpital ueur.

Deux mots maintenant, pour terminer, sur réftlisB paroissiale consacrée à saint I.ouis, et qui domine la \ille d’üran comme les cathédrales de Viviers et du Pu> planent sur ce.s deux cités. — Tout le grand chœur et l'arc triomphal de ce temple, la voûte de la cha- |)clle en hémicycle, à cûté de celle de .Saint-Joseph, une partie de la chapelle de la Sainte-Vierge, sont d’art espagnol. I.cs armes du cardinal Ximénés cl un autre symbole héraldique, sculptés sur les arceaux, sont encore là pour l’attester. — l.e génie militaire éleva sur ce noyau d’égli.se une tour destinée à recevoir une horloge publique, d’un style simple, ferme, sobre, mais correct. Plus tard, quand la colonie catholique cspitgnoic, mahonnaise, ilulieune. frauçaisc, se fut augmentée, une nef et scs dépendances furent ajoutées à l’édifice espagnol, ainsi utilisé, et qui servait de magasin. — .Vujourd’hui ce temple forme un édifice régulier, et certainement le plus complet de tous ceux livrés à l’exercice public de la religion catholique dans les trois provinces de l'Algérie.

Toute jeune qu'est l’église de France en Afriiiue, elle semble à .Saint-Louis d’Oran par son mobilier, la constitution de son culte, aussi vieille, comme tradition, que dans les plus anciens temples de la France continentale. Nous avons dans la mère patrie une foule d’églises des XVI', XVII', XVllI' et XIX' siècles, et, sous ce rapport purement matériel, Saint-Louis d’Oran a la même signification que ces édifices. On croirait volontiers que le culte y date de l’ère apostolique par riiistoire , et des derniers siècles par la construction.

La tour d’horloge du génie miliUtire a été surmontée de deux coupoles superposées, et s’est convertie en clocher catholique. Si cet édicule parait écra.sé, c’est moins par suite de sa forme générale que par le défaut d’harmonie de la coupole mineure avec la grande coupole, par le défaut d’élévation et de proportion de la croix de pierre qui en fait l’amortissement. — Il serait à désirer que l’horloge publique d’Orau fût éclairée, la nuit, comme celle de (’.onstantine.

Il y a un m'oyeu bien simple de corriger le principal vice du

ruiironiicmenl de ce clocher , en laissant inéinc la coupole niineure à son état actuel de dépression, c'est de remplacer la croix de pierre microscopique et vraiment ridicule qui jaillit de son faite, par une croix latine de bronze duré , implantée sur une petite sphère. Cette croix aurait 3 mètres et s'élancerait d'un globe haut de 80 centimètres. I.e caractère du clocher serait immédiatement changé, et il jouerait le r6lc le plus brillant et le plus noble dans les horizons d’Oran, sous les étreintes de l'inerojable lumière qui les auréole. — Mais, pour Dieu! pour l'art qu'il inspire, que l'on se garde bien de faire ici une croix maniérée, une croix de fantaisie, rayonnée, prétentieuse, contournée et tourmentée; que l’on représente, ferme, pure, digne, toute traditionnelle et toute classique, la croix latine dans sa simplicité et son austérité premières. — Elle est de tous les temps et convient à tous les âges de l’architectonique chrétienne.

Il faut que Saint-Couis d’Oran se prépare à devenir cathédrale. Son chœur aurait besoin d’ùtre relevé par quelques peintures riches, et la voûte apsidale par une robe d'azur semée d'étoiles d’or (puisque le luxe italien des fresques n’est malheureusement pas réalisable ici;. — On restaurerait avec intelligence les caissons frustes de la coupole intérieure, et on figurerait les quatre évangélistes ou seulement leurs quatre attributs, en grisailles murales, dans ses pendentifs. Les deux tableaux mobiles qui ornent la nef majeure seraient écartés, comme brisant, sans motif sérieux, l'harmonie des lignes architectoniques. Un système de verrières-mosaïque de couleurs, à riches encadrements, adaptées aux baies du temple, ferait descendre dans son enceinte ce jour plus tranquille et moins mondain qui prédispose au recueillement et tempère l'éclat du soleil. — Plus tard, l’autel majeur serait exhaussé. X.’oculus de la façade recevrait une prolilation de meneaux moins bizarre. — Ce serait le cadre tout prêt pour une verrière peinte à personnages, représentant une phase africaine de la vie de Saint-Louis. Uuciques accidents polychromiques d’un cITet plus calme que ceux du sanctuaire, on doit se concentrer la pompe, donneraient un peu de mouvemenl à la nef majeure. Ia> clocher de Saint-Louis atlend au.ssi une

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suniierie plus ^ruve, plus rolenlissaiitt! dans les nombreux éelius <le la cité.

Je verrais avec plaisir que des portières, du genre de celles usitées en Italie, sous un ciel moins brûlant, fussent adaptées à la porte principale de l’église de Saint-I,ouis, exposée au plein soleil du midi, sur un perron où l’on n'arrive qu’après avoir péniblement franchi une suite de degrés. — Avec une bonne direction d'idées, un plan invariablement suivi, ou pourra faire de ce temple, déjà complet, eu tout ce qui touche aux triples besoins du culte, des lidèles et des yeux, une église en tous points digne de la ca]>itale d’une grande province franco-africaine.

Les cérémonies du culte catholique s’exercent ici dans la plénitude française, dans les conditions de la liturgie romaine, avec convenance, élan, harmonie.

J’ai remarqué que, d,ans celte église, comme à Notre-Dame-des- Doins d’Avignon, le chœur psalmodie à demi-voix le verset des psaumes absorbé pas l’orgue, ce qui est très-louable. Jusqu'ici, cet orgue n’était qu’un petit instrument de chœur; mais un orgue fixe, d’un volume suffisant va être inauguré dans le saint vaisseau . — Espérons qu’il n’alternera pas, mais qu’il accompagnera toujours le chœur, et en réglera les intonations.

L’église de Sainl-l,OHisa une nef majeure, une contre-nef occidentale et un rang de chapelles échelonnées sous ce collatéral , presque toutes décemment ornées; elle est fermée supérieurement par trois apsides. La contre-nef orientale s’y développe parallèlement à .sa sœur ; mais les chapelles manquent à ce flanc. L’espace qu’elles occuperaient dépend des sacristies. Dans la suite du temps, CCS sacristies devront rentrer dans le temple cl eu former les chapelles orientales, .sauf à retrouver issue au pourtour extérieur de l’apside, pour ces dépendances indispensables de toute église catholique. Les sacristies actuelles sont très-belles. Le baptistère, nouvellement construit dans la première clmpelle à gauche du spectateur franchissant le seuil du temple, est également d’un trè.sbon goût et parfaitement en rapport avec sa pieuse destination. Il y a à Saint-Louis un archiprètre-curé. plusieurs vicaires et une

iiiaiti iso. — Parmi les objet? île ilélail iiiii inérileiil il’êlre mentiuuiiés dans ee temple n'imlilions point le bénitier supporté par une eolonne torse autiipie, de marbre blanc, près de la eliapelle de Saint-Joseph.

Eu général, les enfants des frères et des sœurs forment, avec les Mahomiais et les Maltais, le principal public des églises catholiques de l’Algérie. Les enfants chrétiens, ce sont les plus précieuses espérances de la religion, et rinnnanité catholiipie ne se recrute que par eux.

Je n'oublierai jamais Orau, et je serai toujours heureux, toujours lier de pouvoir in’idcntilier, par le cœur et la pensée, de loin, comme de près, à tous ses progrès muraux et matériels. — Je n'oublierai pas non plus le bienveillant accueil qne j'y ai reçu : l'illustre général qui a daigné m’y tendre la main, le vertueux pasleur qui m’a ouvert les secrets de sa charité et de scs vertus, la maison des sœurs Trinitaires, institution si riche en sève catholique. en présent et en avenir, si admirablement régie, les marques de sympathie et d’intérêt que presque tous ont bien voulu laisser tomber sur moi, dans les rangs du .sacerdoce, du pouvoir, de la piété, de la pensée et de l’industrie.

Mais le. visiteur d'Oran ne peut se borner, dans sa course, à cette ville et à ses environs. Il ira ^ Maskara , que rïànir. Frère des Hons, que l’illustre exilé de Brousse, a rendue si célèbre, et qui, par sa forme matérielle, justifie la renommée dont elle jouit. Maskara est chef-lieu de district, c’est-à-dire que toutes les fonctions civiles y sont centralisées dans un commi.ssariat civil. Cette austère cité frappera vivement l’observateur. Son église, catholique est sous le vocable de saint Pierre.

TIemçcn, surtout, ne sera pas oubliée. « On vante Tleinçen, la Il .Sultane, a dit .\hd-el-Kader (épltre aux jeunes filles de la tribu Il des Oued-Maral-Aonsscl , — TIemçen qui .se dresse encore au- II jourd’hui sombre cl Hère, comme au temps des Béni-/fan , temps Il glorieux où la capitale Du’Moh’greb avait sept enceintes, sept Il remparts, et dont les Beys ne dormaient ni jour ni nuit, »

On arrive d'Oran à riemçen par une route sanvaee. incinérée, jou-

clié(! lii! |ialinU;rs iiaiiis. Mais ciiinbifii la brillaiiU; végélaliuii , les \ianubles. les sites, dans l'entourage de ectte dernière \ille, dédoininagent le vojagciir des fatigues du parcours! Tlenieen est un des plus vieux et des plus nobles types de la nationalité mauresiiuc. Ses mosquées, ses minarets, semblent avoir été transférés dans son sein des radieuses terres de l’Asie, sans que le plus léger souffle européen ait influé sur leur décoration. — C’c.st la cité indigène par excellence, dans toute la contrée qu’elle domine de ses échos et de sa gloire. — (’.haque jour, la colonie fraiu;aise occupe de plus en plu.s de |dace dans ce beau pays , et déjà il a une église catholique cousacréo à saint Michel.

On trouve à Oran des services de messageries régulièrement organisés sur .Maskara, TIemçen, .Sidi-Hcl-Abhès, Saint-Denis-du- Sig, Mo.staganein.

D’ORAH A TAHGER.

L’aviso à vapeur, de la force de 1(50 chevaux, faisant le service mensuel de courrier entre Mcrs-el-Kébir, port d’Oran, et Tanger, part de 8 à 10 heures du soir, tous les 23 des mois de 31 Jours, et tous les 22 des mois de .30. Eu ce qui me concerne, j’ai trouvé en partance le Grégeois, aménagé pour bàtiinent-hâpital, et j’ai pris passage à son bord.

lai route de Mers-el-Kébir à Tanger est d’abord nord-onest-quartouest, dans l’axe de la pointe espagnole de l'alos, jusqu’à la hauteur du cap Falcoii, borne occidentale du golfe d’Oran. Puis elle varie à l’iullni en doublant plusieurs caps, mais ayant toujours sa principale direction du côté du couchant.

On pa.s.se successivement en vue de Elle Plane, des Hahibus, écueils très-connus, situés presque vis-à-vis le cap Fegalo, et de l’ilcd Arcligoun ou llachgoun, où l’administration française a éUibli un poste de douaniers. — l.e .savant illustrateur de l’archéologie

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