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rail poinl prccédc d'un soldat ariiu' d’une laïUcriic.r l.es portes de la cité se ferment au coucher et s’ouvrent au lever du soleil.
Naguère encore il n'y avait point d’hdtelleric à Tanger ; il s'y en e.st ètahli deux depuis (pieUpie temps, et très-hieii tenues: rilotel Américain et l'IlOtel Analais, le premier dans une charmante demeure mauresque.
Nous ,avuns été témoin d’une noce, et d’une fêle marocaine à l’occasion de la nais.sance d’un enfant , célébrées par la plus bizarre musique et. surtout, par d’incessantes détonations à l’aide du fusil marocain, démesurément long, armé d’une singulière crosse à épaulcment, et avec le concours du tromblun.
Voici ce que l’étranger devra visiter ici: — la Kitsbah, les quatre nios<juées, les jardins des consulats, surtout celui de Suède, le plus admirable par ses dispo.sitioas et ses cultures. Le jardin des Pays-Bas jouit d’une vue magnilique ; celui de France <k;cupe aussi une très-belle position. Quant à la Kasbah, c’est le palais impérial, situé au faite du mamelon, Adroite de la rade, et sur laquelle s’étage la plus petite, mais non la moins pittoresque partie do la ville. Ce mont, sorte d’acropole, domine avec majesté celui ipii lui est opposé. I.e pahais présente des dispositions curieuses et une grande magnilicence d'ensemble et de détails. Sa cour intérieure e.sl inscrite dans une colonnade de marbre blanc ; les plafonds îles salles sont richement découpés et richement peints. On vous montre dans cette vaste ilemeure le harem des femmes, qui vous initie très-bien aux nneurs domestiques des musulmans. — Ces murs parlent et iliseiil une foule de secrets, dévoilent dans leur muet langage la plupart des mystères de la vie orientale. — Il faut profiter de l’occasion, car il est impossible de pénétrer dans les p.ilais habités des mahométans. C’empercur vient très-rarement à Tanger et réside alternativement à Fez et .à Maroc. I.e pacha-gouverneur (Sid-Mohamed- KatilO<iui administre les affaires étrangères, devrait occuper laKasbah, résidence pulitic|ue <le Tanger, mais il se contente de demeurer dans une inaisuii particidière sans importance monumentale. — Parmi les q\iatre mosquées, deux surtout appellent l’attention : leurs
minaret» sont carré», surmontés d’un (uimpanile de même ligure, posé sur leur plate-forme : ils sont ornés de mosaïques vivement nuancées, résultant de compartiments de faïence vernie et d’ornements peints.
Sous la Kasbah de Tanger sont des restes de fortiOcation européenne, trace de l'occupatiou portugaise et anglaise. Sur la plage, au sud, à peu de distance de la ville, on trouve des ruines romaines assez sérieuses, et que l’observateur intelligent ne manquera pas d’aller saluer.
C’est à Tanger que s’effectue le principal commerce de la poterie marocaine fabriquée à Fez, et des tapis hardiment coloriés, produite de l'industrie de Rabat. On achètera ces objets dans les bazars juifs de David Azancot et de David Tapicro, où l'on trouvera aussi le tam-tam, les curieux tambours de basque, les mandolines, plus curieuses encore, et les tabatières de roseau.
La beauté du sang et du costume dans la femme jmve est flagrante à Tanger. Sur aucun point de l’Afrique française et tmiissienne le type, sous ce double rapport, n’esl aussi magnifique qu’ici. .AOran, à Alger, à Constantine, la juive offre, d’une manière presque absolue , l’aspect du tempérament lymphatique : elle est pâle, languissante, elle a les chairs molles ; sa coiffure est ignoble. Tout concourt, au contraire, â rendre ravissante la femme Israélite de Tanger. Elle se dresse gracieuse, agaçante, sous la parure la plus agréable à l’œil ^ ses muscles sont fermes, ses regards pleins de suavité, scs traite délicieux; ses lèvres respirent la chaleur et la pureté du tempérament sanguin ; la plus florissante santé se peint sur toute sa séduisante personne. — Elle n’a pas besoin de se teindre, comme certaines Espagnoles de Gibraltar, pour se donner la fraîcheur et l’éclat de la carnation.
Nous avons été assez heureux pour voir 1a juive tangérienne un samedi, dans toute la splendeur de ses vêtements et de ses profils. — La race est très-riche aussi parmi les Maures du Maroc; ils ont une stature majestueuse, un regard lier, une figure mâle, une démarche noble.
Tanger réunit une population de dix à douze mille aines, etren-
fcrine, à côté du cunsulat f.'t*iidral d’Kspaijne, et dans ses dépendances, une jolie petite chapelle catholique, consacrée à saint Jeandel-Prado, pour le faible élément européen superposé à l'indigénat barbaresque.
U est à observer que, en général, le Marocain n’a pas pour 1a pipe l’amour que lui ont voué les autres peuples des positions plus orientales de l'Afrique du nord; il ne fume à peu prés point; mais il prend volontiers du tabac à priser, excellent à Tanger.
Malgré la profondeur du ciel dans ce pays, la transparence de l’air, rinflncnce vivifiante d'un splendide climat, Tanger offre, en général, le soir et le matin, une prodigieuse humidité, que l’on est impuissant à combattre. Résulte -t-elle des nombreu.ses vallées, des ravins, des ensablements, tour-.'i-tour inondés et mis à sec , qui l’entourent, de sa position presque immédiate à l’ouverture occidentale du détroit, sur cette mer où les deux courants océanique et méditerranéen se marient? Je ne saurais le dire.
La France est représentée ici par M. Jœger-Schmit, qui en fait les honneurs avec infiniment de cœur et d’esprit, et y remplit les fonctions de chargé d’affaires, consul général. A la mission de France au Maroc sont attachés un drogman, un chancelier et un médecin. M. Cotelle, qui remplit ces premières attributions, est un des membres les plus aimables, les plus instruits et les plus recherchés de la colonie européenne de Tanger. J’ai vu réunie dans son salon l’élite de cette compagnie. — M.M. les consuls et les fonctionnaires attachés aux consulats, voilà la société civilisée ici; ils y vivent en dedans, avec eux, en eux et pour eux.
L’empire du Maroc a le territoire le plus riche de l’Afrique; il redeviendrait promptement ce qu’il a été dans les temps historiques, sous l’influence d’une agriculture régulière ; mais qui oserait produire beaucoii|i dans un pays où l’émulation est paralysée, où tout ce qui s’élève trop haut peut être abattu par une force supérieure, où toutes les fortunes qui prennent une certaine consistance sont expo.sées à la confiscation? — Le souverain, malgré les despotiques allures de sa puis.saiice parfaitement absolue, est loin, après tout, de régner sans obstacle.s sur ses
vastes états; il y est coiistainmeiit en lutte contre des tribus révoltées, et cette situation de choses est peu rassurante pour les destinées agricoles du Maroc. — Tant que les idées européennes seront repoussées de ce sol, il restera la mine d’or enfouie dans les sables du désert.
Le sultan du Maroc, Muley-.Midcr-Kliaman, qui, avec le titre d'empereur, représente les anciens scllérifs des royaumes de Kez, Maroc, serait, sans aucun doute, par l'importance métallurgique, la fertilité phénoménale de ses domaines , le souverain le plus puissant du littoral barbaresque s’il savait et voulait entrer dans la voie des réformes, et régénérer ses peuples.
Ce n’est guère sur ce vieillard qu’il faut compter pour une pareille tâche. — Sidi-.Muley-Abder-lUiamau a soixante-dix ans et l'éducation la plus profondément musulmane. Ce prince, un le sait peut-être, est grand pontife du rite melki, que nous nommons nmlc/ii, comme le sultan de Constantinople est grand pontife du rite hunéli.
Peut-être de magniliques destinées futures sont-elles réservées à l'empire du Maroc.
Kl nous, voyageurs de l’Afrique tunisienne, française cl maro- Mine, pèlerins des Mauritanics, nous voici arrivés au terme de nos courses. — Il ne nous reste plus qu’à rentrer en France, soit en prenant passage à bord du Marocain, en i)arlancc pour Marseille, soit en allant à Cadix rencontrer les vapeurs espagnols el liarcino. el Cid, cl Gaditaiio, etc., qui nous feront visiter tour-à-lour toutes les villes des cètes méridionale et orientale de l’Kspagne : Algésiras, Malaga, Alméric, Orlliagène, Alicante, Valence et Barcelone. — Peut-être, sur ces côtes, échapperons-nous au vent oblique, toujours redouté des navigateurs.
Puissent nos lecteurs avoir trouvé quelque intérêt à ce livre, soit (pi'ils y aient cherché des pensées sur notre colonie il’.Afrique , soit qu’ils l’aient ouvert pour lui demander des paysages, soit , enlin , qu’ils n’aient eu en lui qu'un simple guide.