‹ L'Algerie en 1854 itinéraire general de Tunis a TangerChapitre 18 sur 20 · LE GÉNÉRAL MARET-M0H6E · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL MARET-M0H6E

I.a |)(jiUii|iiK cilt'^ (le Nuits r,(ilc-d’l>r, a rie la rliane.e pour produire des h('ros. — Elle est la patrie du eapitaiue François Thurol, d’aventureuse, raaiséiicrgirpic mi'unoirc. et qui eoutriluia puissamment à la gloire de notre marine, car il fut le J(îau Itart de la Bourgogne.

Nuits a donm* le jour à M. fùiillaume-Stanislas Marey-Monge, nr; dans son sein le .to pluvii’ise, an IV 19 mars 1796 , de Nieolas-Josepli Marev , ancien df-piiUi à la Convention Nationale, et de mademoiselle Emilie Monge, lille de Gaspard Monge, comte de Pcluse. ancien ministre, fondateur de 1 eeolc prdytechuiqucet pr(''sidenl du sr'mat eonservateur. — De cette union sont issus huit (Ils , dont quatre ont siiccomlx!, et une lllle, (ipouse, de, M. Armand, ancien d('-put(‘ de l’Aube. Des quatre (ils d(■(■édés , l’un est mort en ba.s âge; l’antre inspir.ait. par son esprit .sêricu.v, les plus belles esprirances (Gaspard ; le troisième, qui périt tragiquement en mer, à bord du Pnpin. le 7 décembre IS'I.v, suivait avec éclat la carrière des consulats; décoré, dès I8t(. il aurait ajouté un nouveau lustre à sa famille .Vlfred}; le quatrième, enlln, dont nous pleurons encore la perte prématurée, et récente Ernest’, était, à Nuits, le, modèle du pbilosopbe intelligent et pratique, du bon citoyen, du père de famille, consacré â toutes les joies du foyer. — Tous les fds Marey-Monge étaient oncles d’Arthur Marey, tombé, à Nuits, le (i décembre tS;'!!, victime des p.xssions révolutionnaires.

Une ordommnee royale, du 10 décembre 1840, autorisa le général , alors colonel Marey, cl .ses frères, à marier à leur nom celui de leur aïeul maternel . l’illustre Ga.spard Monge. —

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l.e général Marey-Mongi' , l’aiiié ilc relit; lamillc miitmine »i haut placée dans h; re.spetd des pupnialiuns pour les services qu’elle n’a cessé île rendre an pays depuis Louis XIV, siirtuiil dans la personne de Claude Marey , le général Marey-Monge est pelil-lils de sénateur, lils de représcniant, beau-frère d’un ancien député. Son frère Ernest (l) avait épousé la petitclllle. du eoinle Ga.ssendi , mort lieutenant général et pair de France. I.’un de, ses autrtis frères (Ferdinand; est conseiller général de la C.iHe-d’ür, maire cl président de la société de secours mutuels de Chambolles; un autre encore (Alphonse) fait partie du conseil d’arrondissement de Bcaune, est chevalier de l’ordre impérial de la l.égion d'honneur, maire de Pommard, et ancien attaché à la légation française en Chine, auteur d’un travail inédit, très-précieux, sur \e. Céleste. Empire ; \e dernier, enfin, (Edmond) s’e.st fait remarquer par un mémoire aréoslatiquc. — Tons les enfants vivants cl morts de madame Emilie Marey-Monge sont nés à Nuits, à l’exception de M. Alphonse, venu au monde à Pommard.

M. Guillaume-Stanislas Marcy-.Monge entra à l’école polytechnique en 1814; il y concourut à la défense de Paris en 1815, et fut licencié avec tous ses condisciples en 1810. — En 1817, à la suite d'un concours dont il traversa l’épreuve de la manière la plus brillante, il entra, le l<''’ octobre, le premier de sa promotion comme élève sou.s-lieulenanl à l’école d’application de l’arlilleric et du génie, A MeU, et en sortit également le premier. Placé, le 19 janvier 1820, dans le corps d’artillerie à cheval, en qualité de lieutenant en second, dans le t*''' régiment de la même arme, le 7 Juillet 1824, comme lieutenant en premier, il devint successivement adjudant-major, capitaine en .second, le 2 février 1820 et capitaine adjudant-major au 2' régiment d’artillerie , le 9 octobre 1829. — Jeune, encore, il présenta sur diverses branches de l'artillerie des mémoires très-estimes.

^1) krn^ Mar«>y->Mone« était c8|iiUitic dn &a|X>arvi»oini>icri et cont>aill^r tnanirijial d« la ville de NdIU, mpinlirv de la rammiMion déiiarleiufiitale di-s de la Côte-d’t^r .

rt aorleo ofArier d'artillerie.

11 passa capitaiiu' en seniiul, ailjoiiil à rélal-major il'arUllerii^ de l'eN|)éditioii d'Afri(|in', le 2 avril IS30. — Suus les ordres du général lÆhilte, eoniinandant l'artillerie de l’armée expéditionnaire d’Alt’er, il se distingua aux eomliats de Sidi-Kerruch, Staouëli, à l’attaque des forts rKinpereur et lîab-Aroun, ainsi qu'à la première affaire de lllidali.

I.e maréelial Clausel , (|iri se emmaissait en braves, ebargea le, eapilaine Marey-Monge de former deux escadrons de chasseurs algériens. — Il fut promu au grade de chef d'escadron provisoire, le 21 octobre ISifO. — Kn 18.tO et 1831, il combattit plusieurs fuis sous les murs de Médéab, .sous les ordres du maréelial Clausel et du général Bartbezéne. — Dans une brillante ebarge des chasseurs algériens, chez les Ouabras. le eommandant Marcy-Monge pénétra le premier au milieu des ennemis cl abattit d'un coup de sabre un de leurs plus redoutables chefs, lîless»! dans les engagements qui suivirent, et mis à l'ordre de l’armée, il reçut, le 14 sci»tembre 1831, la décoration de la Cégion d’honneur, — On le voit diqà, et la suite de celte notice achèvera de le prouver, M. (iuillaumc-Stanislas .Marey-Monge eonquit tous ses grades et scs honneurs par son seul mérite et à la poinle de son épée. — Le H mars 1832, il fut nommé chef d'escadron an l'"' régiment de chas.scurs d’Afrique , dans lequel on avait incorporé les cba.sseiirs algériens, l'onr prendre rang du jour de son élévation provisoire au même grade, le commandant Marey -.Monge lit, à la tète de son escadron, noUmment à RoulTariek, de belles actions mililaires. A la suite de plusieurs charges avec, ses .300 braves, 400 .Arabes furent sabrés et deux drapeaux glorieusement enlevés. M. Cuillaume-Stanislas Marey-Monge en prit un eu fond.ant le premier sur l’infanterie ennemie et en abattant l’Arabe i|ui le portait. Cet étendard est aux Invalides; un fae-.simile de ce monument de la victoire se trouve à Pommard iCôte-d'Or), chez mailame veuve Marey-Monge, mère du général; un autre se trouve chez lui-mème, mêlé à ses trophées et à ses armures.

Kn 1833, M. Cuillaume,-.Stanislas .Marey-Monge écrivit sur l’Algérie des mémoires qui lui valurent les éloges du maréchal duc de

Italmatie. alors ininislre lio la ^iiorrc. Il > (iropnsait plusieurs plans d'ornanisalioii adoplés, cl la rorumiiou des spahis répidiers et auxiliaires.

Lieuteiiaiil-euloncl le 17 seplemhrc 1S;H, il fut charpé d’organiser le corps indigène des spaliis réguliers et auxiliaires, et reçut bientôt le connnandcinent peditique, militaire, administratif des tribus dépendant d’.Vlger, avec le titre iVugha , qui le mettait sous les ordres directs du Gouverneur-Général île l'Algérie.

Les spahis d'.Mger furent l)icntôt c.élél)res par leur fabuleuse intrépidité, et inspirèrent la création des spahis réguliers de Bône et d’Oran.

De 18.34 à 18.37, le lieutenant-colonel Marey-Monge, comme agha et connnaïulant les spahis, fut mêlé à toutes les opérations militaires, si multipliées alors, et en dirigea quelque.s-unes. Blessé de nouveau (balle à la poitrine, côté gauche) dans l’exiiéditioii du 8 janvier 183.ô contre les Iladjoutes, mis huit fois à l’oriire. de l’armée, il devint oflicier de la Ia*gion il’honncur le 14 août 18.35, et colonel le 31 mars 1837. — Sur sa demande, il résigna, le 23 avril 18.37, les fonctions d’agha, exercées par lui, à partir du 20 novembre 1834, sous les gouvernements généraux de Drouet, comte d’KrIon, Glausel, Damremont. Un ordre spécial de l'armée lit ressortir tout l'honneur de son administration.

En 1830, époque de paix pour l’Algérie, il rentra en France et prit le commanilement du t" régiment de. cnir.issiers 18 août . .\ cetlepha.se de sa carrière .se rapporte la pidilitdtion il’iin excellent écrit sur les urmc.s ô/onr/ici-. imprimé à .Strasbourg, en I8 il, cher. G. Silbermann. — .Mais la guerre le nappela en .\frique, cl il y reparut à la tète du 2' régiment de chas.seurs d’.\frique . 27 septembre 1841'. Il SC signala dans toutes les mêlées et les attaques dont la province d’Oran fut le théâtre, commandant sans cesse la cavalerie îles colonnes, pendant dix-huit mois consécutifs, été comme hiver. 11 fut. après la brillante alVaire de Mostaganem, honorablement cité à Blidah par le Gouverneur.

Il publia un mémoire très-renommé sur la première expédition de l.aghouat. où il joua un rôle digne de lui. Ce mémoire fut im-

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priint' :i Ali;i’r, clu!/, Bonrfiel, eu — l.es épaiileUcs de ma-

rt'c’lial de camp (g('méral de lirii,'aile nVninpeiisèreiit tiuit de services, le 9 avril IH-iS, el. eu celle (puilité, le néiiéral Marev-Mmipe fui mis à la dispositimi du (jiiuverueur-licucral de l'Alpéric.

Après une courle inissimi à Tunis, le pcuèral Marev-Moupt; recul le coiumaiidemeut de la sulidivision de Mèdcah , où il succéda à S. A. 11. M. le duc. d'Aumale. I.e i.'l février ISdô, il fut élevé au prade de coiniuaudeur de la l.éaioii d'honucur. Dans la siilidivisiuii de Méiléali , qui avail 120 lieues de longueur, el cotiiprenail les liaules uioulamips, il alfermil la soumission avec peu de Iroupes, el lll prospérer le pays.

(ie fui lui qui propo.sa l’orpanisalion de corps moulés sur des chameaux.

Eu ISdS ;I2 juin!. -M. (i.-.S. Marey-.Moiiue fol nommé général de division flieuleuanl général), mainlenu à la disposilion du (àmverneur-GéuéraJ de l’Algérie, el, Iç 20 du même mois, invesli du goiiveriiemeul général, par iulérim, de l’-MVique française. Dans ce posle suprême il cul de grandes difficullés à vaincre. Les Européens s'apilaieiil. — L’ordre fui mainlenu. — Le 12 sepleiulirc de la même aimée, il fui appelé à Paris pour y prendre les ordres du chef du Pouvoir exéculif, général Eugène Lavaignac , au.ssilùt a|irès avoir remis le commaudemeiil à .son .successeur. Le 22 seplemtire ISIS, il cessa donc les fuiictions de Gouvcrueur-r.énéral inlérimairc de l’Algérie , qu’il aurail pu conserver si sa modeslie ne lui eùl pas fail considérer celle haule posilioii comme prémalurée.

llenlré eu Erauce el mis eu dispouihililé le 24 septembre, il fui mis, le 4 novembre IS4S, à la léte de la 5c division de l'Armée des Alpes, dont le quartier général était à Dijon. Il prolila de son séjour dans la capitale de sa province el de sou département pour olfrir janvier LS49 ; généreuscuieut au muséum d'histoire ualuridle de celle noble cité dix -sept dépouilles curieuses d'auuuaux d'Algérie, critr’aulres une peau de mouflon à mauchelles, dont il u'existait que deux échanlilloiis en Europe, aux ealeries de Londres et de Paris. — Quand nue partie îles

(roupps ((iii ('oin|Misaiciil la y (livisiiiii dt^ l’Armée des Alpes se rémiil à HmirKes , à l’époipie dii «raiKl procès politi(pH> pendant devant le Haute (anir nationale , il en garda le eommandement et sut, à ISonrges, eominc il l’avait l’ait à Dijon, maintenir la discipline dans l’armée et l’ordre, dans le pays par son dévoiV ment, son intelligence et sa l'ermeté. Il suivit sa division à Mâcon, à Otialon-snr-Saùne , qui avait arboré le drapeau rouge, où il déploya beaucoup d’énergie et rendit d’émihents services dans l’alTairc du désarmement de la garde nationale; il alla prendre ensuite le commandement des troupes qui lui étaient conflées, dans le département du Ilaut-Illiin , jusqu’au licenciement de l’Armée des Alpes. Il fut nommé- iiLspecteur général, pour 1849, du lO' arronilisscment d’infanterie (18 juin).

A])rès avoir reçu l’ordre de se rendre à Strasbourg pour y prendre provisoirement le commandement de lu 11'' division militaire (30 septembre 1849), tout en conservant son propre commandement, il devint disponible le 20 décembre. I.e 13 février 1830, il reçut le commandement de la 20<' division militaire (1), à Clermont-I'crrand, et passa, par décret du 22 avril 1831 , â celui de la .3', dont le quartier général est à Metz. — Il y succéda au général Kandon, nommé ministre de la guerre. I.e 7 juin de la même année, il fut investi, pour 1831 , des fonctions d’inspecteur général du l(K arrondissement de cavalerie. Le 12 décembre de la même année (1831), le prince Lonis-.^a|loléon , alors président de la Képnblique, lui conféra la dignité de grand olîicier de la Légion d’honneur.

Le général Marey-.Monge avait été envoyé, au mois de seplembrc 1839, an camp des troupes sardes près de Turin pour assister à ses grandes maiuruvres, par ordre de M. le maréchal duc de Ualmatie , ministre des affaires étrangères. Il reçut , a cette occasion, du fen roi (’.barles-.Mbert, les insignes de commandeur de l’ordn^ royal des SS. Maurice et Lazare, qu'il fut autorisé à

(I) C'i'LaU alnr> l;i IV, (miuiiu’ ri'llc dont MeU rsl t«* <|U«rlicr ci'nrral t-tail li 3*. — drerri du dtVruiliri* IH3I a rhané'*’ lo riri’onsri’iplioii» mihlairrN. ot lions a\oiis kdnpti', dans fHIr Inof^raphii* , Ir n»iiviMti rlasscmml

acnipU'.r et ù porter, par décision royale dn i décembre 1815. — En 1852, à répui|ue de rinaiignration dn clieinin de 1er, section de, Meli à Korbacli, il Int encore cliargé par le gonverneinent d’aller complimenter, à Sarrebruck , S. M. le roi de Bavière, qui, le 2,1 octobre , lui conféra la dignité de grand-croii de l'ordre bavarois de Saint-.Michcl , qu’un décret impérial, du 10 janvier 1853, l’autorisa à accepter et à porter. — Dans l’été de cette même année 1853, il reçut la visite de Son Excellence M. le maréchal ministre de la guerre, qui lui adressa les plus grands éloges sur lu bonne tenue de la .5'= division militaire.

Trois fois, depuis 1830, M. G.-S. Marey-Monge fut choisi comme candidat par les électeurs de l’arrondissement de Beaune pour les représenter à la Chambre des Députés , et y soutenir tous les grands intérêts du pays. Trois fois les conservateurs qui le portaient échouèrent devant les manteuvres démocratiques du camp oppo,sé. Toutefois, il obtint un véritable triomphe moral. Sa première candidature date de 1831, pendant qu’il était en Afrique avec le titre de chef d’escadron; elle fut le produit de l'élan le pins patriotique et le plus spontané. En 1837 , il réunit tous les votes intelligents. Aux dernières élections législatives, sous l.ouis-l’bilippc (ISdO), enfln , un nombre imposant de suffrages entoura son nom. Depuis lors, il n’a plus souffert qu’on mit en avant sa candidature. Deux fois, il ne man<iua l'élection (|uc de qnelquesvoix. .S’il n'obtint pas le succès élcctor:il qu’il méritait par son caractère pensonnel , son nom, scs services, sa fortune, il ne faut l’attribuer qu’au temps et au lieu, à certains partis pris de la démocratie beaunoisc, assez, peu intelligente, et qui avait alors son favori, à l’esprit prditiipie, aux petites rancunes, aux vanités, aux tendances de cette, époque. I.es libéraux de l’arroudissemeut de Beaune ne comprenaient |>as le besoin d'envoyer à la Ghandu'e une illustration .sortie de .son .sein , un fruit de son stdeil , et le libi-ralisme avait alors dans la contrée beaucoup d'extension et de. popularité.

Le général Marey-yionge est et demeurera vraisemblablement céli bataire. Il romple parmi les plus grands propriétaires de vignes lines

(le la Bmirgogm*. Il pussèile do? vignobles à .Nuits, à Beaiine , etc.

C’est l'un (le.s chefs les plus sérieux (le l'armée |>ar l'iullexibilitéde ses principes, par ses éludes (iratiques sur l’art militaire, par la puissance do son jugciuenl toujours sur et toujours inébranlable, par la hauteur de scs .sentiments et la noblesse de ses idées, par sou courage calme et sou merveilleux dévoùmcnl à la France. S(!vère (umr lui-iuéme plus encore que pour ses subord(Punés, en tout ce qui louche à la règle, le général Marey-Monge est l'homme de devoir et d’ordre par excellence. Il olïre le type le plus parfait de l’esprit militaire. — Je me rappelle qu'apres le vote du 10 décembre ISd.S, lui demaudaut. à Dijon, quelles avaient été les tendances électorales des troupes placées sous ses ordres, il me répondit avec sou flegme, sa prudence, son sangfroid ordinaires ; (( rarmée est une force cl non pas nu corps délibérant. Je n ui pas souffert (pie ma division délibérât : mais je li ai point encliainé ses votes. »

V tous les points de vue , notre illustre compatriote olire l’image d’une nature antiipic. .''ous les formes les plus niservées et une apparence froide il voile le cu'ur le plus ardent pour l’amitié et le plus solide dans les épreuu’s. Je ne connais pas de teinjiérament moral qui se révolte plus hardiment contre l’injustice et l’alTrout. — C'est du reste là une des conditions essentielles du type bourguignon, i[uc caractérisent I amour de la gloire et de la guerre, la franchise, Iborreur de l'outrage. — Il y a peu d’oiliciers généraux qui poussent aussi loin (pie M. C.-S. Marey-Moiige la siiii|ilicilé des uneiirs, la friiualilé, l'indépendance de tous bo.soiiis, rabsence de toute ambition individuelle et l'antipathie pour la faveur. S'il est baiil placé, c’est à son sang noblement ver.sé (pi'il doit .son élévation; c.e sont les actes personnels et les circonstances qui l'ont mis à ces ciiiu’s de la hiérarchie mililaire ; c’e.sl (pi'il a |iayé de .sa bravoure (d de sou intelligence. — Il a pour la Bourgogne la plus leiidre alfectioii liliale, cl est toujours pn''t à l'honorcr et à la servir. Notre gracieuse cité de Nuits, à laquelle, en particulier, il e.d si élroitcmeiil attaché, qu’il aime avec Iraiisport cl dévoèmeiil. se félicite d'avoir

(lomif à la France el à FAIViiiue im tel caractère. J'espère que, liieiitût, une rue de cette ville, si flère de ses eenéreux enfants, s’appellera rue Ornerai Marey-Honye , el j'ai déjà proposé ce liapteme. Si la ville de Bcaune a inani|ué de sçratitude envers le L'énéral , llls de sou arrondissement , et lui a dtinié les lioiineurs législatifs, il n’a conservé de ce passé aucun souvenir amer. Il avait offert à cette cité le drapeau du dey d’.AIger , pièce magnillipie et curieuse, ()ui urne la hililinthèque |iublique de Iteanne. — Iteaune, du reste, a payé un juste tribut à la mémoire de Gaspard Monge, né dans ses murs, en lui élevant une statue pédestre de broii7.e, ceuvre du statuaire bourguignon Kude, inaugurée le 'i. septembre I8d9, et en donnant le nom de .Monge à une de ses places el à une de ses rues.

I.p rfde du général Marey'-.Monge on Afrique fut considérable. Il sait l’arabe à peu prés comme un indigène, cl acquit la conHanre des musulmans par la langue , par sou équité envers eux , par sa connaissance parfaite de leurs besoins el de leurs mamrs. ■Scs idées sur l’.AIgérie ont toutes été remarquables par leur justesse el leurs côtés praliipies , et il a rendu à la colonie les plus signalés services comme conciliateur, pacilicatcur el civilisateur du pays. Il était si estimé des chefs arabes, qu’il obtenait d’eux, sans coup férir, par la persuasion , une foule de rtisullats précieux.

Pendant (pi’il commandait la subdivision de .Médéah , il eut, dans l’arrivée de Mür Pavy , évêque d'Alger, une solennelle occ.asion d’inaugurer publiquement la religion catholique dans celte contrée. Il donna à la réception de Sa Grandeur un éclat immense et qui inqire.ssionna profondément les indigène-s. — l,e général Marey-.Monge est le premier civilisateur de Médéah; il a constitué l’existence politique, fait lever le plan, dresser l’historique. cla.sser les archives siratégiques de cette place. Il y exerça une vaste iniluence de coloni.salion. f,e fut lui qui planta aussi les premières vignes sur les montagnes de Médéah. — Fn guerrier bourguignon ne pouvait pas faire moins. Scs essais en viticulture, dans sa suMivision . ont été heureux, el

l’on récolte aiijoiinl’liui beaucoup de vin blanr Hiirtout, dans la campagne de Mcdéali.

Il faut avoir visité l’Afrique pour apprécier le rôle algérien du général Marej-Monge, et sa biographie sera toujours incomplète sous la plume de l'auteur qui n'aura pas étudié et parcouru la colonie. Simple soldat dans l’armée des écrivains d’Afrique , j’avais le droit de parler de lui cl de ses héroiques compagnons d'armes et collègues. — Bien que la gloire, en France, ait toujours ses détracteurs, le général Marey-Monge, trouva peu d'opposition à sa renommée militaire-, il n’eut que quelques ennemis obscurs , froissés par l’inflexibilité de ses priiicipe.s. Il se trouva, en Algérie, des esprits faux qui lui reproebèrent de s’ètre complètement identifié avec les mœurs indigènes , comme si , pour servir utilement la France dans la conquête et la pacifleatiou, celle assimilation n’eùt pas été une impérieuse nécessité.

Les vieux liens d’affection qui existent entre la famille Marey- Monge et la mienne, les sympathies personnelles qui unissaient le général à mon père , et qui se continuent entre le noble guerrier bourguignon et moi , n’ont exercé aucun empire sur mes appréciations puisées dans les faits et non dans mon cœur. — Tout, dans cet essai biographique, est un hommage sérieux A la vérité de l’histoire. Mon amitié a plutôt atténué l’éloge, pour ménager la modestie du général Marey-Monge, qu'elle ne l’a colore , et qu'elle n’a exagéré les droits de notre compatriote aux plus hautes positions de l'Étal et de la guerre.

LE eÉlÉRiL PELISSIER.

Voici (III liéros dont on no sait rien, au point de vue biograplii(|ue. — Il n’a transpiré, de ce brave, que sa gloire, et c’est malgré lui. Au lieu d’une biographie, dont je n’ai trouvé les (déments sérieux nulle part, ce sera une appréciation, blessante pour la modestie du guerrier, mais vraie pour l'Idstoire. Maromnie .Seine-Inférieure) a donné le jour à ce guerrier, le 0 novembre

Le général Pélissier est ardent en toutes choses. A la guerre, c’est un de ces capitaines de l’antiquité grecque dont Plutarq((e a si noblement signiQé les vies, un de ces intrépides guerriers romains dont Salluste enregistra les exploits, un paladin du moyen âge. Dans la paix, il applique toute son activité de neur et d’esprit aux réformes , aux plans d’organisation ; dans la récompense, dans le châtiment, dans l’elfusioii et l’amitié, il porte la même nature impétueuse, irrésistible, les mêmes élans et la même verve. — Vingt fois il a Jeté sa vie au feu des batailles, toujours le premier sur la br('ichc et dans la mêlée; vingt fois il s'est montré digne du Capitole.

Le général Pélissier à sa prodigieuse bravoure unit une .science profonde cl l’esprit le plus étendu d’études et d’observation. ülililairc ou civil, vous n’êtes pas une minute en sa présence sans qu’il vous ail jugé. Sous le rapport de sa pénétration, par sa taille, scs proHls, son langage pittoresque, incisif, riche en imprévu et en figures, par son regard cl par sa pose, il a q((elque a((alogie avec l’Cmpereur Napoléon I". ■'<a conversation est aninice, pleine de saillies et de fine.sse, d’a((-

loriti; et de haute raison, parfois caustique. — Sa loyauté, .«a franchise sont au niveau de son courage.

-\ul général ne connait mieux que lui la topographie africaine cl l'art de helligérer en .\fri<iue. — Sa dernière expédition de laghouat est nue alTaire capitale, et qui a mis le comhle à sa reiioinmée. 11 est venu fondre sur ce pays révolté avec la rapidité de l’aigle, et l’a foudroyé. I,e général l’elissicr est couvert de décorations toutes méritées; il peut en parer sa généreuse poitrine; l’opinion |iubliipic les a consacrées.

On a jugé diversement un acte du général Pélissier, d’une rigueur extrême, assurément; mais la guerre a scs cruelles nécessités, et il faut être à la bouche du canon pour les com|)rendre. — Il s’agissait de représailles. — Il imporlait (fe faire un exemple terrible et de réduire, par l’intimidation de triUis féroces, une terre profondément barbare. — Ui clémence, je le répète ici, n'est ni un moven de gouvernement, ni un moyen de paciricalioii parmi les Arabes. Un pardon, à leurs yeux, .serait une faiblesse, et ils mépriseraient le pouvoir qui l’accorderait. Un chef de division ou de colonne , trop indulgent envers eux , serait infailliblement traiti- de mercante. de marchand. Le général l’elissier connaissait le pays en homme lu'atique. — Ue (pii a le plus souffert dans ce chètiment commandé par les plus dures circonstances. c’est son prcqire cœur.

Ua verve, l’élan, rinspiration , voilà surtout ce qui caractérise le général 1‘eli.ssier sur le champ de bataille ou sous la tente.

Uommandant la [irovince d'Oran , il habite le (:iidleaii-i\'euf de cette ville, situé dans la plus belle po.silion et dominant le plus majestueux pays.ii;e de l’Algérie. I.e génér.il Pélissier s’est identifié avec cette cité, avec la riche province dont elle est la métropole; il en aime le séjour, en connait à merveille les besoins, et ne cesse de s’y occuper et des intérêts des colons et de ceux des indigènes, dont il parle la langue avec une grande facilité. — ('.'est vraiment la per.somiilication . l'incarnation du pays. — Vn seul nom d’Oran , son coeur bondit de joie ; il chérit cette cité, si digne «le son affi’ction ; il en admire les mâles

a.s|K'('ts, la iiiauitiiu' itiiiliHir, l’ini|iré\ii üuiis les sites, la variété et l'eirusion dans les nueiirs; il l'a étudiée dans tous ses détails, id elle n'a aiienn seeret |umr lui. I.a providence .sembla, en lui donnant (Iran pour quartier eénéral, lui a.ssigner son véritable milieu, le plus conforme à sa nature et à ses poùts.

I.e général l'eli.ssier, riiii des plus dévoués frères d'armes de notre compatriote le général Marey-.Munge , est jeune encore, plein de sève et d'avenir. Iles liauteurs où il est placé il s'élèvera encore.

eiN UKs uiouuPuiv:s.

(IIÉI'AHTS im MAIISKIl.l.F. RT DES PORTS DR l.’ALnfiRIE).

MESSACERIlvS IMPfilU:\t>KS.

I Coinrierx i/e France el d' AfriqueJ.

UCNE O’tLtEII.

l»i' Marseille, les r>, 10, iO, 2r> et ,'U», à iiiidi.

D’Alger à Marseille, Ies5, 10, 20, 2ô et 30, à 2 heures après midi.

LWNE D'ORtN.

De Marseille, les 3, 13 et 23, à midi.

D'Oran (Mers-el-Kébir), les 8, 18 et 28, à midi.

LICRE DE TUNIS , PtR STORR ET BURE.

De Marseille, les 8, 18 et 28, il midi.

De .Stora pour Bône, les 12, 22 el 2, à 2 heures après midi.

De Bdne pour Tunis, les 14, 24 et 4, à 0 heures du malin.

De Tunis à Bône, les 8, 18 et 28, à midi.

De B6ne à .Stora, les 10, 20 et .30, à 7 heures du soir.

De Stora ii Marseille, les 13, 23 el 3, à midi.

Par suite du nouveau traité entre le Couvernement el la eompagnic des Mes.sagerics impériales, le service de la frégate de l'État parlant de Toulon pour Alger les 2, el d'Alger pour Toulon les 8, e.st supprimé, ainsi que celui des paquebots entre Cette et la capitale de l’Algérie. Tous les départs et toutes les arrivées se trouvent centralisés à Marseille.

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\iiM\M) I l ioiiAuii, lICNE D'ÀICCR.

l)i‘ Marseille, les liî et -2S, à midi.

D AIfjer ;'i Marsei4le , les T> el 20, à midi.

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