‹ L'Algerie en 1854 itinéraire general de Tunis a TangerChapitre 5 sur 20 · IG · texte numérisé non relu

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si nombreuses ici; l’asile de Saint-Jean, la maison Aubanel, la maison de la rue Dorée, le vieux monument, en partie détruit, de Saint-Ruf, à peu de distance de la porte Saint-Michel; l'hôtel de Grillon, dans cette étroite rue de la Masse qui ressemble, par ses dispositions monumentales, h la Vm A'uova de Gènes; la porte du moyen âge, rue Collège du Uourc, n^S; les expositions d'objets d’art de la rue C.aladc.

Avignon n'a pas moins de trois hospices: rHùtel-Dicu, l’Auiitftne Générale, l'Hôpital Isnard, extra muros, tous administrés et desservis de la manière la plus exemplaire. Si la piété, l'e.sprit de charité et de bienfai.sance ont dans cette ville une verve , des élans sublimes, elle n’est pas moins riche sous le rapport des fondations littéraires etscientillques. On visitera, rue Calade, le musée Calvet et le musée Requien; dans le premier, la galerie de portraits des Vauclusiens dignes de mémoire : les Grillon, les Esprit Fléchier, les Maury, les Claude-Joseph Vernet, etc. , les inscriptions grecques, la bibliothèque; dans le second, un établissement né du souffle généreux et patriotique de Ucquien. — Cet homme, d’un si grand cœur, demeura longtemps dans une toute petite maison, rue de l’Ombre, n” 16, laquelle rue s’embranche sur celle des Lices. Quatre Avignonais ont constitué l’état scientillque actuel d’Avignon; ce sont: le docteur Esprit- Claude-François Calvet, Hyacinthe Morel, àme de r.Vthénée de Vaucluse, Antoine-Marie-François Artaud et Esprit Requien, tous bienfaiteurs de leur patrie.

Avignon avait autrefois une industrie florissante , réduite aujourd’hui à des manufactures de mouchoirs imprimés, semées sur la Sorgue-Dleue, canal tiré de Vaucluse, dont les eaux sont utilisées pour les lavages et comme force motrice. Ces fabriques sont toutes centralisées dans la rue des Teinturiers. Cette cité , largement éclairée au gaz, a une horloge communale à cadran éclairé la nuit, ce qui manque à Marseille. Cette grande place de l’Horloge, formant un parallélogramme du nord au midi, offre une certaine magniflcence. — On trouve à Avignon beaucoup de ces girouettes surmontées il’unc croix , si communes en Italie.

• Du reste, les souvenirs romains des papes et des vice-légaU , et les traditions italiennes s’exilaient de tous les quartiers de cette immense ville, cunluse dans son ichnographie, mais pourtant percée de belles et vastes artères. A ce point de vue, un parle d'une régénération qui ferait circuler à pleins flots dans son sein le mistral , déjà si impétueux à Avignon, et détruirait le vieux type de la cité poutilicalc : une rue centrale traverserait toute la ville, de la place du Palais Apostolique à la gare déflnitive du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée, en franchissant la place actuelle de l'Horloge, qui s’agrandirait et recevrait, du côté du levant, un appareil de constructions plus en harmonie avec la monumenlalité brillante de son flamc occidental. Crtte rue se développerait sur une largeur de quinze mètres.

Avignon est la métropole d’une province ecclésiastique comprenant les diocèses de Nismes, Montpellier, Viviers et Valence, et le siège de la préfecture du département de Vaucluse. — On remarquera dans cette ville la subdivision des rues et quartiers en lies portant chacune son numéro d’ordre.

Les cafés les plus renommés d’Avignon sont : le café Henri IV , place du Change, fréquenté par l’élite des consommateurs; les cafés Bugand, de TUnivers, Genella, des Mille Colonnes.

Comme à Rome, les églises avignonaises se ferment de midi à trois heures.

Ne pas manquer de franchir le pont du Rhône et de saluer, à Villeneuve-lès-Avignon, le château, l'hôpital, les restes de l’ancienne chartreuse, la tour solitaire située au midi du bourg, l’église paroissiale, véritable musée chrétien de belles toiles, ayant l’autel majeur le plus somptueux du midi de la France. — A la porto de cette église , comme à la porte occidentale de celle de Sainte-Martlie de Tarascon, on remarque une lourde portière romaine de cuir piqué.

Parcours. — La section d’Avignon à Marseille du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée est admirable comme exécution et comme exploitation. Le service y est fait avec prudence et sollicitude; les voitures des trois clas.ses y sont commodes, conve-

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iiablcs, fermées à places; les sipnaux el les maiieeuvres s'y opé-. rent , comme sur la ligne tle Paris à Lyon , avec précision cl la plus louable exacUludc. I.es trains de cette section oITrent cette circonstance particulière : c'est qu’ils renferment ordinairement une ou deux voitures exceptionnelles et hors classe, ne s'ouvrant que pour les hautes notabilités piditiques ou ailininistratives de l'exploitation et des travaux.

Ce chemin, qui a traversé plusieurs crises et éprouvé plusieurs vicissitudes, fut partiellement inauguré le 18 octobre 18d7 , et mis, par sections, en activité dans cette dernière année et en 1848. Il a été livré à la circulation sur toute retendue de son parcours de, Marseille à ,\vignon ( 120 kilomètres), le 5 mars 1849.

On franchit d'abord la Iturance sur un beau viaduc de 600 mètres.

f' station . Kognonas.

i""' station, Cadillan. — De ce point, on aperçoit, à gauche de la voie, le joli clocher éduen, du xv' siècle, de Graveson.

S"’*' station, Tarascon. — C'e.st ici que l'on change de voitures el de ligne si l'on veut parcourir les embranchements du Gard et de l'Hérault (1). Tarascon est le siège du tribunal civil de l'arrondissement d'.\rles. Visiter le chfttcau è la robe d'or, le pont suspendu, l'admirable viaduc du chemin de fer sur le Hhùnc, l'église de Sainte-Marthe, l'un des [)lus magninques momiments historiques de la Provence, véritable galerie de tableaux et de tapisseries précieuses. I.es peintures sont de Vanloo , Mignard , Vien, Parrocel ; elles représentent, en majeure partie, l'histoire de Sainte-Marthe. L'hépilal do Tarascon semble se pencher sur le chemin de fer, dont le mouvement vient égayer ses malades. On aperçoit, de la ligne, un boulevard complantc d'ormes, qui semble inviter le voyageur à la promenade. Gettc ville est le siège d'une garnison qui concourt à la vivifier.

4'"'' station, .Ségonnaux.

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