‹ L'Algérie et la TunisieChapitre 101 sur 222 · L*ENSEIGNEMENT POUR LES INDIGÈNES · texte numérisé non relu

L*ENSEIGNEMENT POUR LES INDIGÈNES

51 ,536 filles. Dans cette population scolaire assez considérable les indigènes ne figuraientque pour 13,098 enfants des deux sexes (1 1 ,832 garçons et l,262fîlles); les étrangers, au contraire, étaient au nombre important de 36,692, se partageant presque exactement entre les deux sexes. Ces 13,098 indigènes élevés dans nos écoles, si Ton tient compte de ce que nous avons en Algérie plus de 3,700,000 sujets musulmans, représentent seulement 1 élève sur près de 300 âmes. Ce n'est pas ainsi que Ton civilisera et surtout que Ton francisera TAfriquedu Nord. Encore doit-on dire qu'une partie, dont on ne nous fait pas connaître Timportance, de ces 13,098 élèves indigènes fréquentent non pas les écoles françaises^ mais les écoles arabes publiques.

11 existe, en outre, des zaouias, ou écoles arabes primitives, qui n'ont jamais été soumises à la surveillance de l'autorité scolaire. Un rapport du gouverneur général, il y a une douzaine d'années, déclarait qu'on en ignore le nombre et la fréquentation. Il indiquait seulement que dans la ville d* Alger on comptait 7 zaouias, recevant 390 élèves, dont les familles versaient une cotisation mensuelle de 1 franc ou Ifr. 50 au cheïkou mieux au directeur de TEcole ; celui-ci jouissait en outre, d'un traitement de 300 francs prélevés sur les biens dits « Habbous », c'est-à-dire de mainmorte musulmane.

Les sacrifices pécuniaires que nous avons faits pour l'instruction <ies indigènes sont médiocrement dignes d'un grand pays comme la France. Les sommes allouées en 1879 et demandées pour 1880 et 1881 à l'article 3 pour l'instruction publique musulmane s'élevaient à 33,000 francs. En voici la décomposition : 3 directeurs, 1 à 3,000 francs, 2 à 2,400 francs ; 8 professeurs à 1,500 francs ; 3 professeurs à 1,200 francs; 1 professeur de français à 400 francs; 3 chaouchs dont 2 à 1,000 francs et 1 à 800 francs, soit ensemble 26,900 francs pour le personnel, et 6,100 francs pour le matériel, <lont 2,600 pour location d'immeubles, 1,500 francs pour achats de livres et 2,000 francs de dépenses diverses. A l'article 4, sous la rubrique Développement de Vinslruclion chez les indigènes^ on proposait pour 1881 une somme de 11,500 francs. Au projet de budget de 1880 on avait inscrit pour le même objet une somme de 30,000 francs que la Chambre, dominée par les députés algériens absolument hostiles aux Arabes, avait repoussée. Ce crédit avait pour objet de « récompenser les instituteurs qui, par leur dévouement et leur zèle, auraient su attirer et retenir auprès d'eux les

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