LE DÉNOMBREMENT DE
234,000 âmes environ, contre 255,000 (armée déduite) dans la période 1886-91 et 400,000 ou 500,000 dans chacune des périodes quinquennales antérieures, il ne laisse pas que d'être encore satisfaisant. Ainsi que nous Tavons fait remarquer (page 54), ce n'est que récemment qu*on est parvenu à une exactitude approximative pour la population arabe et kabyle, dont une forte partie antérieurement, surtout en 1872, échappait aux dénombrements. Il n'est même pas certain que, à rheure actuelle, toutes les femmes musulmanes soient recensées (voir des anomalies à ce sujet, page 56).
Quant à l'élément européen, il s'est graduellement élevé (déduction faite de l'armée) à 520,000 âmes environ en 1896, dont 306,000 Français (israélites indigènes non compris), et 215,000 étrangers. L'élément français est donc devenu de beaucoup prépondérant, tandis que dans les trois dénombrements précédents l'écart en faveur des Français sur l'ensemble de la population européenne était beaucoup plus faible. Quoiqu'une partie du mérite de cet accroissement tant absolu que relatif de l'élément français doive revenir aux naturalisations directes ou indirectes (voir, sur les différents modes de francisation des étrangers, pages 35 à 38), il faut néanmoins s'en féliciter.
11 est probable que les événements de Cuba et des Philippines auront déterminé, postérieurement au recensement de 1896, une forte émigration espagnole en Algérie, et que, d'autre part, beaucoup déjeunes Espagnols auront opté pour le service militaire français, ce qui les aura francisés (voir page 37). Quant aux Italiens et aux Maltais, il est vraisemblable qu'ils immigrent moins en Algérie, depuis que la Tunisie, plus voisine d'eux, est devenue française et leur offre une large hospitalité.
Le dénombrement de 1896 permet d'entretenir l'espoir que, en 1930, lors du centenaire de la prise d'Alger, la population de l'Algérie approchera de 6 millions d'âmes, dont près d'un million d'Européens. En tout cas, il n'y a guère de doute que ce chiffre de 1 million d'Européens ne soit dépassé en 1930 si l'on joint à l'Algérie la Tunisie. Il est, d'ailleurs, vraisemblable que, à cette époque, notre domination efîeclive s'étendra sur le Touat, Ghadamès et toutes les oasis jusqu'au Niger et au Tchad.