‹ L'Algérie et la TunisieChapitre 119 sur 222 · LA TUNISIE ET L'OPINION PUBLIQUE EN FINANCE ET A TUNIS · texte numérisé non relu

LA TUNISIE ET L'OPINION PUBLIQUE EN FINANCE ET A TUNIS

mais elles portent à faux, quand elles s'en prennent à la méthode du protectorat en tant que régime intérieur.

Il aurait fallu distinguer, ainsi que le gouvernement français Ta fait avec raison en 189G, sur nos propres instances (1), en ce qui concerne Madagascar, le régime extérieur de ce pays, déclaré possession française et affranchi par cette déclaration des servitudes antérieures à Tégard de l'étranger, et le régime de l'administration intérieure reposant sur le recours, comme instruments de transmission et d'exécution, aux autorités indigènes, placées sous notre dépendance et notre contrôle.

D'un autre côté, depuis deux ou trois ans, Tadministration française en Tunisie, poussée par le désir de faire grand et de faire vite, de transformer rapidement la contrée, semble, au point de vue financier surtout, se départir un peu de la stricte prudence à laquelle notre jeune dépendance a dû son essor relatif ; les problèmes tunisiens sont excessivement délicats, si frêle encore est ce jeune rameau européen transporté dans Tancienne régence de TEst, et si faciles à se troubler par des innovations précipitées sont les mœurs et les opinions de populations à demi primitives, habituées au culte de la tradition.

Nous jetterons un coup d'œil sur les circonstances qui ont amené notre établissement en Tunisie, puis sur le pays même, sur ses ressources, sur son organisation naissante, et nous pourrons distinctement nous rendre compte de l'avenir de la civilisation française à Tunis et des mesures qui en peuvent favoriser le développement.

(1) Nous pouvons rovcDdiquer une certaine part dans le régime qui a été appliqué, eu 180G, à Madagascar. La déclaration de prise de possession del'ile par la France et le maintien, pour Tadministration intérieure, de la reine et des autorités hovas formaient une combinaison heureuse. Il est étrange qu*un certain nombre de Français, imbus de préjugés et de partis pris, s'obstinent à ne pas comprendre rcxcellence de cette solution; ils ne la trouvent pas assez simple, comme si la vie sociale et politique ne comportait que des solutions d'une simplicité mathématique. Instruit par Texpérience de la Tunisie, nous avons dans de nombreux articles de VÉconomiste françaU et dans une étude étendue de la Revue des Deux-Mondes recommandé la solution qui a d'abord prévalu à Madagascar et qu'il eût été utile d'appliquer en Tunisie. — L'exil à la Réunion de la reine Ranavalo, survenu depuis la rédaction de cette note, ne change rien à notre appréciation. Cette reine conspirait et l'autorité des Hovas sur toute nie était loin d'être établie ; tandis que le bey de Tunis est très docile et que toute la population indi^'èuc lui est soumise. Le point important c'est que le protectorat, c'est-à-dire la méthode intérieure d'administration, peut parfaitement se concilier avec la pleine possession^ au regard de l'étranger, d'un pays colonial par la France.

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