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régulier. Du 4* degré quarante minutes de longitude Ouest, où est située la frontière assez indécise et ondoyante qui la sépare du Maroc, elle s'étend jusqu'au 6* degré trente de longitude Est, embrassant ainsi un espace de plus de onze degrés, soit environ un millier de kilomètres de long. La largeur actuelle est moindre. Du 37* degré Nord, que dépassent légèrement le cap de Fer et Collo, elle atteint et même franchit un peu le 30^ degré si Ton considère comme nos limites présentes les forts récents de Hassi Inifel, Fort-* Mac-Mahon, etc. ; c'est une étendue de 180 lieues ou 720 kilomètres. Dans ce quadrilatère, le côté Nord et le côté Sud sont approximativement égaux entre eux, de même que le sont aussi, d'autre part, le côté Ouest et le côté Est.
I^ direction de la côte, des environs de Nemours, qui forme la frontière du Maroc, jusqu'au point central, Alger, va du Sud-Est au Nord-Ouest, Alger se trouvant à près de 2 degrés géographiques au Nord de Nemours et à 1 degré au Nord d'Oran. A partir (l'Alger, sauf quelques renflements et quelques golfes de médiocre accentuation, la côte suit une direction rectiligne, de sorte que la Calle, Textrcmité orientale, est presque sur la même latitude qu'Alger. Peu de contrées offrent une figure géographique aussi massive et aussi correcte.
Le relief du sol, considéré également de haut, présente une relative simplicité de formes. On a pu dire qu'il était presque rythmique, qu'on dirait des vagues se succédant aux bords d'une plage. La topographie de l'Algérie a, en effet, plus de régiilarité que celle delà Tunisie ou du Maroc. L'esprit de simplification a fait distribuer le territoire en trois zones constituant des tranches longitudinales successives : la zone du littoral qui se compose de collines d'une médiocre hauteur, sauf un point, la Kabylie, derrière lesquelles s'étendent des plaines ou des vallées; ces premières collines voisines de la mer forment ce qu'on appelle le Sahel. Avec les terres basses du Sig, du Chélif, de la Mitidja, et les vallées qui coupent les massifs de Ja Kabylie et de la province de Constantine, elles constituent le territoire que Ton dénomme le Tell (pays des collines). Par une élymolog"ie qui est aussi fausse qu'ingénieuse, mais qui caractérise les avantag'es agricoles de cette première zone, on a voulu rattacher le mot arabe Tell à une origine latine iellus qui signifie terre, la terre par excellence, celle où vient le froment, où l'on peut planter la vigne, où la culture intensive peut se donner carrière.
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On estime diversement la superficie du Tell, les uns la bornant à 11 ou 12 millions d'hectares, etles autresTétcndant à 15 millions. Tout, dans cette zone, n'est pas cultivable par des procédés européens ; si les collines duSahel ont généralement une médiocre hauteur, montant rarement au-dessus de 1,100 ou 1,200 mètres, il s'}* rencontre aussi des pics élevés, dépassant de beaucoup ce niveau, et atteignant jusqu'aux environs de 2,300 mètres comme le Djurdjura (la plus haute cime, Lalla Khedidja a 2,308 mètres) (1). C'est, d'ailleurs, seulement l'esprit de simplification qui présente le relief de l'Algérie comme se succédant par étages réguliers. Cela n'est vrai que relativement; ce n'est point en chaînes continues, c'est en saillies parallèles, interrompues çà et là par des vallées ou des plaines, que se présentent les inégalités du sol algérien. Même dans cette région favorisée du Tell, les rochers abondent. Sur les 12 ou 15 millions d'hectares qu'on lui attribue, c'est beaucoup si les deux tiers sont susceptibles d'une culture intensive.
Le Sahel ou les montagnes côtières, avons-nous dit, a par derrière lui, dans la moitié occidentale de l'Algérie, de larges dépressions parallèles à la mer; la même configuration ne se retrouve pas dans la partie orientale, la province de Constantine, où les montagnes sont moins régulières et où elles sont plutôt entrecoupées par des vallées de médiocre largeur, plus ou moins perpendiculaires à la mer, que par des plaines continues. A travers toute l'Algérie, néanmoins, se trouve une bande centrale de terrain, offrant un aspect très uniforme dans la province d'Oran, un peu moins dans celle d'Alger, et moins encore dans celle de Constantine, ayant une altitude moyenne qui ne varie guère entre 1,000 et 1,300 mètres: c'est la région dite des hauts plateaux ou des hautes plaines, formant un contraste avec le Tell. On dit de ces plateaux que leur climat compense pour les liluropéens les inconvénients de leur altitude; cette observation n'est exacte que dans un sens relatif; car, si les hivers y sont rigoureux, les étés n'y sont guère moins brûlants que sur la côte, parfois même le sont-ils davantage par défaut de la brise de mer. La culture pastorale est jusqu'ici la marque distinctive de ces hauts plateaux, sorte de steppes où s'épanouit l'alfa. On y trouve cependant des étendues de terres que peut transformer la culture. Au Sud des hauts plateaux commence le désert
(1) Le plus haute montagne de l'Algérie est le Cheliya de l'Aurès (2,328 uu).
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avec ses vastes surfaces jusqu'ici improductives et ses oasis clairsemées.
On calcule que l'Algérie, dans les limites chaque jour plus reculées où s'étend notre domination, représente une superficie de plus de 6(K),000 kilomètres carrés, supérieure de 15 à 20 p. 100 à celle de la France. Mais si Ton ne considère que la zone propice à l'Européen, c'est-à-dire la contrée déforme quadrilatérale presque géométrique, comprise entre la mer et le désert, on n*a guère que 300,000 kilomètres carrés ou 30 millions d'hectares; sur ce chiffre, on ne peut considérer que la moitié tout au plus (15 millions) comme utilisable pour une culture européenne. Ce serait assez, avec les ressources accessoires de la région du désert et celles des carrières et des mines, pour nourrir un jour, dans un état suffisant d'aisance, une population d'une quinzaine de millions d'âmes, plus que triple de la population actuelle.
Les grands fleuves, ou même les fleuves aux eaux abondantes, manquent à l'Algérie. Pas une de ses rivières n'est navigable. L'élroitesse de la zone côtière n'a guère permis de se former qu'à des ruisseaux ; mais, à travers les brèches qui déchirent les montagnes, quelques cours d*eau s'écoulent des hauts plateaux dans la Méditerranée. La Tafna, le Sig et THabra, le Chélif, qui a 700 kilomètres de cours et se grossit d'un important afiluent, la Mina, la Chiffa, l'oued Arrach, l'oued Hamiz, voilà les principaux de ces cours deau, en procédant de la frontière marocaine à la Kabylie. Le Chétif est plus long que la Garonne, mais on a dit qu'il a souvent moins d'eau que le moindre gave des Pyrénées. Quant aux Oued secondaires, ils paraissaient souvent, sans l'être, à sec en été ; on retrouve leurs eaux sous la terre. Le déboisement et le dégazonnement des montagnes, se joignant au relief tourmenté du sol, rendent toutes ces rivières alternativement turbulentes, impétueuses, dévastatrices ou formant des marais, puis somnolentes, presque honteuses et se cachant. Leur embouchure, d'ordinaire, est fermée par une barre.
A partir de la Kabylie on rencontre des cours d'eau qui, sans perdre absolument ces caractères, offrent moins d'irrégularité et jouissent d*un débit plus constant : Tisser, le Sébaou, qu'alimentent les neiges du Djurdjura; puis l'oued Sahel, Toued el Kébir, nom majestueux et immérité qui veut dire grand fleuve, lïcevant, entre autres affluents, le célèbre Rummel dont les ra-
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vins pittoresques font la curiosité de Constantinc; enfin la Seybouse, à la riche vallée aboutissant au beau port de Bône ; c'est de tous lés cours d*eau algériens celui dont on rougirait le moins en Europe.
^ensemble du versant méditerranéen n'occupe que 200,000 kilomètres carrés en Algérie, le tiers du territoire; la zone centrale forme de petits bassins fermés, nombreux surtout dans la région des hauts plateaux de la province d'Oran, et dans celle de la province de Constantine ; Teau des ruisseaux s'y évapore en lagunes salées qu'on appelle chotts. Quant à la zone méridionale, elle a de véritables fleuves, mais souterrains, comme le célèbre Igharghar, qui appartiennent au bassin du Sahara. On en suit facilement les rives et les cimes, quoique le cours n'en soit plus visible; mais des coups de sonde poussés avec intelligence font jaillir ces eaux souterraines.
Si instables que soient la généralité des cours d'eau algériens, des travaux appropriés, des barrages, des endiguements, peuvent en faire des auxiliaires précieux de la culture. On verra plus loin que quelques entreprises de ce genre ont été faites et qu'un grand nombre sont en projet.
Le climat de l'Algérie est très variable ; il y en a pour ainsi dire un propre à chaque zone. Si l'on ne juge que par la température, Alger et le Sahel qui l'entoure se rapprochent assez de la Provence ; la chaleur moyenne annuelle n'y dépasse pas 18®, 27, la moyenne du mois de décembre, le plus froid, étant de 1 2*^,20 et la moyenne d'août, le plus chaud, montant à 25^,54. Dans les montagnes et sur les hauts plateaux la température est plus basse en hiver^ mais plus élevée en été : le tableau suivant, que nous empruntons à M. Reclus, rend compte de ces différences :
Région des montagnes.
Tlemcea
Fort-National
Coastantine
Région des plateaux,
Géry ville
Djelfa
Tébessa
Température
moyenne de décembre.
Température
moyenne
d'août.
Tempérabire moyenne annuelle.