CHAPITRE III
GÉOGRAPHIE, CONDITIONS PHYSIQUES Et ETHNOGHAPHIB
Situation de la Tunisie. — Configuration et relief du sol. — Supériorité à cepoint de vue du sol tunisien sur le sol algérien. — Lar-^e ouverture des vallées. — Les vents dominants et les pluies. — L*hydro^raphie tunisienne. — Bounes conditious hygiéniques du pay;*.
Ethnoj^raphie. — Berbères, Arabes, Maures, Juifs. — Caractère de la population.
On n*est exactement fixé ni surTétendue, ni sur la population de la Tunisie. Il semble que nous ayons craint longtemps d'occuper toute la contrée : Tidée délaisser entre notre nouvelle possession etla Tripolitaine une sorte de zone neutre rencontrait à Paris beaucoup d^adhérents. On se flattait qu'une certaine surface de disert laissée à l'état vague, comme les anciennes marches, assurerait le mieux la tranquillité du pays. Le projet de mer intérieure du commandant Roudaire, si énergiqucment appuyé par M. de Lesseps, entretenait cette illusion. Aussi, les Ghotts ou lacs salés du sud furent-ils considérés comme une frontière naturelle, et Gabès, qui en forme le seuil, malgré la mauvaise qualité de ses eaux, qui en rend le séjour assez malsain aux Européens, fut regardé, pendant les premières années, comme notre poste extrême.
On s'est avisé plus tard que nous perdions ainsi un territoire considérable, que la Tunisie s'étend bien au delii des Cholts, que le seul moyen de pacifier les tribus nomades est d'établir chez elles notre autorité qu'elles invoquent, de les soumettre à un contrôle qu'elles se déclarent prêtes à accepter et de transporter noire garnison la plus méridionale, de l'oasis médiocre de Gabès, à celle beaucoup mieux placée et mieux douée qui s'appelle Zarzis et qui se trouve à vingt-cinq lieues de Gabès, au sud-est, assez près de la Tripolitaine. L'habile premier résident général, M. Gambon, maintes fois