CROISSANCE NÉCESSAIRE DE LA POPULATION INDIGÈNE
pour les travaux publics et les métiers divers dans les campagnes et surtout de la population française et européenne des villes viendrait accroître de moitié, peut-ôlre même doubler, l'élément national français ou européen ainsi constitué. Néanmoins, il n'y aurait là qu'un appoint à la grande œuvre civilisatrice et colonisatrice à elTectuer en Tunisie. Ce n'est pas ainsi que l'on rétablira ce pays dans la situation où il était sous les Antonins et sous les Sévères ou même sous les Byzantins, qu'on lui restituera les 5 à G millions d'habitants qu'il a pu posséder alors et l'abondance de villes florissantes qui s'y trouvaient.
Deux moyens principaux doivent se joindre à ceux qui viennent dètre énumérés pour obtenir ce résultat, à savoir: 1° la très grande
a.s«e/ longue pour fournir uoe base de dUcuâsion sulfisauiuieut sûre, il resiiort qu'eu éliminant ta première classe (de 1 à 5.000 firancs), comme ne disposant que de ressources iusuilisantes, sauf daus certains cas déterminés, métayage, culture mardichère à proximité d'une ville, etc., les deux catégories les plus intéressantes sont celles du petit colon disposant de 6 à 10.000 ou de 11.000 à 25.000 francs, et ce sont justement celles-là qui sont du placement le plus difficile en Tunisie, car si on additionne le prix d'achat des 50 à 70 hectares nécessaires à la subsistance d'une famille avec celui de la maison et dos annexes à construire, ou atteint, on dépasse môme quelquefois le capital disponible, et il ne reste plus rien pour la mise en valeur.
« Quelque inexpérimentés «|u'ils puissent être eu matière de colonisation, les intéressés ont tôt fait d'établir leurs calculs et de s'apercevoir de ce qui les attend; aussi, pour ce motif, fort peu se décident-ils à partir; il en serait autrement si on pouvait leur utfrir en location d*abord, puis en toute propriété plus tard, des fermes proportionnées à leurs ressources.
« Le système qui nous semblerait le plus pratique serait donc que quelques propriétaires tunisiens se décidassent à construire à leurs frais, sur une étendue de terrain suffisante pour faire vivre une famille, la maison qui les recevra. le hangar-écurie qui abritera leurs bêtes, et à creuser un puits s'il n'en existe pas à proximité. Le puits mis à part, 4 à 5.000 francs doivent suffire pour ces constructions. On donnerait alors la ferme, ainsi constituée en location, à enzel sur un pied variant de 15 à ?0 francs l'hectare, suivant la valeur des terres, le tout rachetable à la volonté du preneur en capitalisant à IG, ce qui donnerait du 240 ou du 320 l'hectare, prix, dans la plupart des cas, suffisamment rémunérateur pour le vendeur. Bien entendu, on ne louerait qu'après renseignements recueillis sur le preneur et justification de ses ressources; enûu, la première année entière serait exigible d'avance. Nous serions bien surpris si cette combinaison ne donnait pas, dans la plupart des cas, unrevouu de 10 p. 100 aux capitaux engagés. »
11 est probable que, avec le temps, certains grands propriétaires tunisiens entreront dans cette voie, mais outre que c'est prendre là un grand souci et une grande responsabilité, il faut se rappeler ce que nous avons établi plus haut (p. 389), que les étendues incultes des grands domaines tunisiens, les 1.500 ou 2.000 hectares par exemple laissés sur tel ou tel à Tétat de parcours, sont utiles à l'exploitatiou pour l'élève du bétail afin de fournir du fumier aux cultures intensives.
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multiplication et l*essor en aisance de la population indigène; 2* la mise en valeur des ressources de la Tunisie autres que les richesses agricoles h proprement parler et la fondation de quelques industries.
La population indigène doit être amenée à croître en nombre et en aisance par le régime de sécurité que nous établirons dans le pays (car il s'agit plus ici de l'avenir que du présent qui laisse fort à désirer), par les nombreux capitaux que nous apporterons, par l'outillage perfectionné de chemins de fer, de routes, déports, des eaux et de l'assainissement, par Theureusc et graduelle introduction, dans le milieu indigène, de nos méthodes de production. Sans doute, il y faudra beaucoup de temps, plusieurs générations.
On a vu plus haut quelques-uns des procédés qui peuvent graduellement améliorer les cultures indigènes : le recours aux fumures, tandis qu'actuellement les Arabes laissent perdre systématiquement leur fumier et le cèdent même pour rien aux colons européens du voisinage ; l'habitude de herser les terres ensemensées (voir page 269); l'usage des toiles pour la cueillette des olives (voir page 420); un meilleur captage des eaux, permettant l'extension des jardins indigènes à l'image de ceux des descendants des Maures Andalous à Menzel-Bou-Zalfa et autres localités de la presqu'île du Cap-Bon où la terre vaut jusqu'à 2, (KM) à 3,000 francs l'hectare.
On a cherché aussi, et l'Alliance Israélite cherche encore, à transformer une partie de la surabondante population juive (au moins 60,000 ûmes) de l'ancienne Régence en agriculteurs, l^lle a établi une ferme-école et des champs d'expérience à 2.") kilomètres de Tunis près de Djedeïda. Il est incertain si la race israélito, devenue dans le monde moderne, aussi bien en pays musulman qu'en pays chrétien, essentiellement urbaine et marchande, tout au moins industrielle, pratiquant de petits métiers comme à Tunis, saura se plier d'une manière durable au travail de la terre. Les essais faits par le baronHirsch dans la République Argentine sont médiocrement probants à ce sujet. En tout cas, il pourrait y avoir là, peut-être, une pépinière de bons contremaîtres de culture.
Quant à la population arabe sédentaire et kabyle, il y a bien des raisons pour qu'elle croisse et que le niveau de sa vie s'élève. Ses bras seront de plus en plus demandés et pourront obtenir une plus ample rémunération avec le temps et le développement de son habileté. En se reportant, par exemple, au contrat de m'rharça et aux plantations d'oliviers, dont il est question plus haut, on se rend