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LES RESSOURCES MINIÈRES DE LA TUNISIE. — LES PÊCHERIES

Importance des richesses extractivcs pour TesBor initial d'une colonie. — Les ressources minières de la Tunisie. — Les mines de fer. — Les mines de plomb eu préparation. — Abondance des gisements de calamine. — Les phosphates. Nullité des exportations de produits minéraux tunisiens avant 1889. — Leur importance actuelle. — Développement possible des métiers européens et des cultures européennes autour des centres miniers. — Utilité d'uue législation minière très libérale. — Conditions administratives de la prospérité des mines.

Les pêcheries. — Abondance de poissons sur les côtes et dans les lacs tunisiens : les sardines; l'anchois, le thon, Téponge, les poulpes. — Moyens d'augmenter le débit et la valeur de ces produits.

Les richesses extractivcs sont parmi les premières ressources d'un pays neuf, celles qui aident le plus âi^on essor initial.

Les colonies françaises on j^énéral sont médiocrement dotées au point de vue minéral ; sauf Madagascar que Ton connaît peu encore, elles n*ont ni or, ni charbon, ni guère de cuivre, par conséquent aucun des minéraux de tout à fait premier ordre. La Tunisie semble, toutefois, au point de vue minéral, un peu mieux pourvue que l'Algérie. On sait qu'elle abonde en chaux, plâtre, marbre, etc.; elle contient d'énormes gisements de phosphate, non seulement dans la région de Gafsa où se trouvent les principaux, mais aussi au delà du Ke et dans nombre d'autres places de l'ancienne Régence. On a découvert, dit-on, des traces de pétrole du côté de Ghardimaou.

Les mines métalliques offrent, en outre, des ressources sérieuses. Au lendemain de l'occupation, vers 1884, on concéda des gisements de fer aux environs de Tabarka, d'une part à la grande et prospère société de Mokta-el-lïadid, de l'autre à un comité d'études dit des mines de Tabarka. I^es concessions à la première paraissent contenir i à 1 millions et demi de tonnes de minerai; mais soit que la qualité n'en paraisse pas excellente ou que l'exploitation s'en

annonce comme difTicile. par ces temps de baisse du prix des métaux (actuellement, 1896 et 1897, ils se relèvent), la compagnie de Mokta n'a pas jugé à propos d'en commencer Texploitalion. Il est possible qu*elle s*cn occupe quand son gisement de Mokla sera tout k fait épuisé ou si le prix du fer continue à reprendre. Le comité d'études des mines de Tabarka auquel a été accordé également une concession de mine de fer est resté jusqu'ici dans la même abstention.

Les mines de plomb et surtout celles de zinc ont donné lieu, au contraire, non seulement à des explorations et à dos conccî^sions, mais à des travaux et à une exploitation qui, dès maintenant, quoique les moyens de transport soient encore insulFisants, a pris de l'importance. Une mine de plomb, celle de Djebba, à 24 kilomètres sudest de Souk-el-Khémis, a été concédée en 1873 à la société des Batignolles. Mêlé de fer, ce minerai ne serait utilisable que par le traitement électro-magnétique, bien connu aujourd'hui. La grande baisse du prix du plomb jusqu'à l'année 1891, à partir de laquelle il s'est sensiblement relevé, et la difliculté des transports, étant donné que, outre 2i kilomètres de voie ferrée à établir, il faudrait ensuite parcourir 133 kilomètres sur la ligne de la Medjerda pour trouver Tunis, le port d'embarquement, ont jusqu'ici empêché l'exploitation de ce gisement, l.'ne autre mine de plomb, mais celle-ci contenant aussi du zinc, celle du Djebel Heças, la montagne bien connue sous le nom de Montagne de Plomb, à 28 kilomètres environ au sud-est de Tunis, a été exploitée pendant un certain nombre d'années et se trouve abandonnée, mais, semble-t-il, surtout par le manque de capitaux, le vice de la direction et le coût passagèrement élevé des transports. Concédée à un baron italien en 1877, transférée par lui à une compagnie sarde, cette mine a été l'objet de travaux importants, mais incohérents : des bâtiments, une fonderie, une laverie, un barrage, une conduite d'eau, tout cela disséminé et placé loin de la mine ; on a traité une dizaine de mille tonnes de scories et la laverie pouvait assurer une production de 3,000à 4,001) tonnes par an. I/exploitation a été suspendue en 1892. Les frais de transport étaient énormes en arabnn (voitures arabes) sur 8 kilomètres de piste et 20 kilomètres de route empierrée : on estimait cette seule dépense à 15 ou 1(5 francs par tonne de minerai, plus que les frais d'extraction et de préparation mécanique. Cette mine ne devant plus être qu'à 8 kilomètres du chemin de fer de

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