L'ADMINISTRATION FINANCIÈRE
principal des contributions diverses, le receveur principal des douanes, l'administrateur des douanes, le directeur de la monnaie et ceux des administrations dites de la ghaha et de la rabla. Tous les autres employés dont les traitements sont d'au moins 3,0(K) piastres ( 1 ,800 fr. } sont nommés par simples arrêtés du directeur des finances, et les employés à traitement moindre de 3,000 piastres sont nommés par les directeurs des divers services. Depuis quelques années la piastre (t>0 centimes) a été abolie et remplacée par le franc.
Le directeur des finances et tous les autres principaux fonctionnaires sont Français : ^généralement ils sont détachés des corps administratifs de la métropole et continuent d'en faire partie avec faculté d y rentrer. Aux degrés inférieurs on emploie un certain nombre d*indij,^ènes ; mais on doit se faire une règle stricte de ne jamais introduire dans les corps administratifs, quels qu'ils soient, même à titre d'expéditionnaire ou de copiste, un Européen étranger.
Nos méthodes administratives, nos procédés de comptabilité, nos registres à souche, ont été importés dans toutes les administrations linancièresi De là viennent, en même temps que d'une série de bonnes récoltes, les plus-values de recettes. L'administration a été assez sage pour ne pas les dévorer.
On a vu que, de 1881 à la fin del89i, l'administration des finances tunisiennes avait réalisé des excédents de recettes atteignant 34 millions de francs. Ce n'est pas la seule aubaine qui lui soit échue. De 1881 à 188i, avant la pleine réforme des finances, elle avait pu C(»nstituer 7, 800, (K)0 francs d'excédents de ressources. Voilà environ iO millions ou, plus exactement, si l'on déduit une somme de 1,300,000 francs qui a servi à couvrir un déficit de caisse que l'on nous signale sans nous en donner l'explication, 10 millions environ de bonis. Une des chances heureusesde l'administration tunisienne a été la faculté d'opérer les conversions de la dette de la Kégence une première fois de 5 en 4 j). 100 dans Tannée 1884, une seconde fois de 4 en 3 1/2 en 1889 et une troisième fois de 3 l/iî en 3 p. 100 en 189*J; sur la première conversion, l'administration tunisienne a gardé un solde disponible de 4 millions et demi en chiffres ronds et sur les deux conversions suivantes un autre solde de 15,800,000 fr., ensemble un peu plus de 20 millions (1). Ainsi, du chef soit
(Ij Nous extrayons ces renseignements de La Tunisie agriculture, etc. (t. II p. 217 à *2i9). Dans un autre passage de la même compilation, La Tunisie.
des conversions, soit des excédents bud^i^étaircs de 1881 à 1894, le gouvernement tunisien a bénéficié d'environ 60 millions de francs, somme plus que double de son bud^^^et ordinaire ; toutes proportions gardées, c'est comme si la France eût eu en réserve une somme de 7 à 8 milliards.
Ces 00 millions ont été ou sont employés en travaux publics extraordinaires, nous avons décrit la plupart dans le chapitre précédent : le port de Bizerte, les chemins de fer récemment construits ou en construction, d'autres (euvres encore; on s'en est servi, en outre, pour la constitution d'un fonds de réserve d'une dizaine de millions. Quant aux ports de Sfax et Sousse et les installations complémentaires de celui de Tunis, on y a pourvu au moyen d'une annuité inscrite au budget des travaux publics et qui a servi à garantir un emprunt en obligations i p. 100 fait par la Compagnie qui a consenti à se charger de ces travaux. Le fonds de i*éserve, qui a été arrêté délinitivement à 8 millions, doit toujoure rester pour parer aux insuffisances éventuelles de recettes en cas de mauvaises récoltes.
On ne saurait trop louer l'administration tunisienne de sa sagesse dans les années 1 88 1-1 89 i ; quoiqu'il ait été commis des fautes, même graves, comme nous l'avons dit dans le chapitre précédent, en matière de travaux publics, on s'est efforcé de conserver un excédent budgétaire important. C'est beaucoup plus à la rigueur de l'administration qu'à l'essor des recettes que sont dus ces bons résultats.
Après avoir étudié en détail tant les recettes que les dépenses du budget 188()-1887, nous écrivions dans la première édition de cet ouvrage :
« De cet examen attentif de la situation budgétaire il ressort que le budget tunisien est plus à l'étroit qu'on ne le pense généralement. S'il contient beaucoup de receltes défectueuses, il offre peu de marge pour les dépenses utiles. Le report des excédents des exercices antérieurs a donné un air un peu trompeur de large aisance au budget de l'exercice 188t)-87; mais une fois ces excédents dépensés, si l'élasticité des impôts ne se manifeste pas par de nouvelles plusvalues, on pourra difficilement pourvoir aux principales œuvres urgentes; celles-ci nous paraissent être toujours l'amélioration graduelle des routes dans la zone de la colonisation, l'installation sans
histoire et description, t. II, p. 100, on fixe à 06 millions la somme de ces di?pouibilités résultant des exci'dentSjCouvorsions, etc., mais, on ne donne aucune justification de celle t:oninie et il parait s'y trouver des duubles emplois.