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L'AVENIU DES FOUETS TUNISIENNES

pour cette ligne, qui ne paraît pas dépourvue de chances de trafic, des concessionnaires qui ne demanderaient aucune subvention ou qui tout au plus exigeraient 30,000 à 35,000 francs par kilomètre, soit 4 ou 5 millions en tout, somme que l'on pourrait prélever sur le fonds de réserve qui n'a pas besoin de dépasser 3 ou 4 millions <le francs.

Quand on a déjà tant de travaux en train, qu'on dispose encore de diverses ressources, fonds de réserve, excédents, qu'on a en 1902 la perspective de se procurer une trentaine de millions environ sans accroissement de charges, on ne doit pas commettre l'imprudence de contracter un gros emprunt.

Le premier devoir, le point le plus important pour l'avenir de la Tunisie, ce n'est pas de couvrir de travaux publics un pays dont une très grande partie, peu habitée et naturellement bien douée, est déjà très accessible, c'est de maintenir et de consolider les excédents budgétaires et de ne pas établir de lourdes charges sur cette planté fragile qu'est une jeune colonie d'exploitation.

Il est une des branches des ressources tunisiennes sur laquelle il est bon de nous arrêter en particulier, parce qu'elle peut prendre un développement très utile, financièrement et économiquement, pour l'avenir du pays : ce sont les forêts domaniales.

« L'importance des crédits affectés à l'amélioration des forêts doma* niales, écrivions-nous dans la première édition de cet ouvrage (1887), à savoir 230,000 francs sur 462,000 francs des crédits forestiers (aujourd'hui, en 1897, 220,000 francs sur 510,000) se justifie, non neulement par l'utilité des massifs forestiers au point de vue climatérique, mais encore par les revenus, sinon prochains, du moins futurs, qu'on en peut espérer. »

Nous extrayions à ce sujet, toujours dans cette première édition, d'un rapport manuscrit de l'administration des forêts, dont M. Cambon avait bien voulu nous donner communication, les intéressants renseignements qui suivent, et que nous reproduisons parce qu'ils sont encore instructifs, ne serait-ce que pour prouver combien l'œuvre demandait plus de temps qu'on ne le supposait

luis en relief nombre de dépenses superflues ou tout au moins prématurées et très médiocrement utiles de Tadministration tunisienne dans ces dernières aDDées. Nous aurions pu multiplier à l'inÛDi ces exemples, d'après ce que noua avons vu dans nos explorations annuelles de la Régence. Unempruntde 40 à 00 millions de francs serait certainement, pour la moitié, employé inutilement.

pour arriver à la période rémunératrice et quelles illusions parfois on se fait clans les évaluations à lon<^ue distance :

« Le démasclage est l'opération principale du service, car c'est d'elle que dépendent toutes les autres. Ce sont, en effet, les foréls de clîénes-liègc, qui constituent la principale richesse forestière de la Tunisie et qui sont destinées à donner au trésor les revenus K-s plus importants.

« La demande du liège sur les marchés suit une progression croissante, car l'industrie lui crée chaque jour de nouveaux emplois.

a 11 y a donc lieu de mettre les massifs de cette essence en production dans le plus bref délai possible. Ce résultat s'obtient au moyen du démasclage qui consiste à enlever du chéne-liège sur tout son pourtour et sur une hauteur variant entre 1 et 2 mètres la première écorce subéreuse de l'arbre que l'on jette, car elle est impropre à tout emploi. A la suite de cette opération Técorce subéreuse repousse et atteint au bout de huit à dix ans une épaisseur de 22 à 25 millimètres, suffisante pour tous les usages auxquels le liège est employé. On la déUiche alors de l'arbre et on la livre au commerce.

(( La production moyenne, évaluée dans mon rapport du 20 juin 1883, à 5''",04 par arbre au moment de la levée du liège, est plus forte; elle doit être portée à 7 kilos, poids du mètre carré de lièjfc brut ; car pour ne pas faire concevoir des espérances qui auraient pu ne pas se réaliser, je n'avais compté que sur des arbres de O^.tW de circonférence que l'on démasclait à 1",20 ou 1",40 de hauteur. Les mesures prises pendant le cours des opérations de démasclage ont démontré que la circonférence moyenne de l'arbre est de 0",r>7 et la hauteur du démasclage de 1™,57, soit pour chaque arbre une surface productive de 1 mètre carré donnant tous les huit à dix. ans un poids de 7 kilos de liège brut valant sur l'arbre 1 fr. 7r> (à raison d'un minimum de prix de 25 fr. le quintal métrique).

« Le gouvernement de S. A. le Bey, comprenant tout l'intérêt qui s'attache à la mise en production de richesses semblables qui s'étendent sur une étendue de 110,000 hectares entre la Medjerda et la Méditerranée, depuis la frontière algérienne jusqu'à une distance peu éloignée de Bizcrte, n'a pas hésité à faire des sacritices pour mettre ses forêts en rapport. Des crédits ont été alloues pour démascler 700,000 pieds en 188 i et 1885; ceux de 1880 permettent

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