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LE BUDGET, LES FORÊTS DOMANIALES

(le démascler 1 million d'arbres. Les forêts domaniales de chénesliège en Tunisie, après trois ans de mise en exploitation, contiendront donc plus de chènes-liège en rapport que celles de TAlgérie.

« Le petit nombre d'agents et de préposés qui constituent le personne] forestier de la régence m'ont obligé à concentrer les travaux.

« En 1884 ils ont exclusivement porté sur les forêts des Ouchtetas et des Mrassem dont l'étendue totale est de 15,000 hectares environ. En 1885 ils ont été continués dans ce massif et commencés dans la région d'Aïn Draham. Ces démasclages ont porté sur 1,275,238 chênes-liège; ils ont coûté, tous frais compris, 134,961 fr. 53, soit 0 fr. 105 le pied d'arbre. Leur production de 1892 à 1895 sera de 2,130,000 fr. en chiffres ronds.

(( Le prix du démasclage 0 fr.l05 dépasse d'un cinquième environ le prix de 0 fr. 085 évalué aux rapports des 12 janvier et 20 juin 1883. Ce cinquième n'a rien d'étonnant, car les arbres, ainsi qu'il est dit plus haut, ont des dimensions plus fortes que celles qui avaient servi de base aux calculs. »

(( Ce rapport administratif, ajoutions-nous dans la première édition de cet ouvrage, pèche sans doute par un peu d'optimisme. Quelques personnes ont été jusqu'à évaluer à 7, 8 ou 10 millions de francs le revenu que le trésor pourrait retirer, dans douze ou quinze ans, des forêts domaniales. Pour ne pas nous bercer d'illusions, réduisons ces chiffres de moitié ou même des deux tiers, il est toujours vrai qu'une richesse considérable, une réserve fructueuse, est constituée par les massifs forestiers de l'Etat. Les travaux de régénération vont, d'ailleurs, avec ceux de démasclage. »

Nous avions raison de faire ces réserves en ce qui concernait l'évaluation de certains publicistes du revenu probable des forêts domaniales. 11 serait insensé d'en attendre d'ici à un temps très éloigné, nous ne disons pas 8 ou 10|millions de francs de produits nets annuellement, mais même 5 ou 6; on peut, au contraire, en espérer, pour le début du siècle prochain 1 à 1 million et demi net et ultérieurement peut-être 2 et demi à 3 millions. Ce ne serait guère que dans 40 ou 50 ans et avec des circonstances très favorables, après beaucoup de travaux de repeuplement, qu'on pourrait arriver à 5 millions.

Quoi qu'il en soit, c'est dès maintenant une richesse. D'après un rapport récent de l'Administration des forêts [La, Tunisie^ ^3^^^ culture^ Industrie^ Commerce, 1896, tome l*"*, pages 253 à 289), les recettes des forêts ont monté à 247,000 francs en 1890, 316,000 en

1891, 383,000 en 1892, 563,000 en 1893 et plus de 690,000 en 1891; dans ces deux derniers exercices les dépenses se sont élevées à 463,000 et 470,000 francs; de sorte qu'il y aurait eu un revenu net ressortant à 100,0(K) et 220,000 francs respectivement.

I/enseinblo des travaux elFectués dans la période de 1881 à 1894 a occasionné une dépense d'environ 1,300,000 francs. « Les travaux à exécuter pour achever la mise en valeur des forêts de chénes-lièjîe consistent dans le démasclage d'environ 1,500,000 chénes-liège, la construction d'au moins 200 kilomètres de chemins muletiers ou sentiers de vidange, l'ouverture de 200 hectares de tranchées de protection, les débroussaillements el dessouchements sur 6,000 à 8,000 hectares, enfin dans la création de huit postes au moins dans la région Nord pour compléter la surveillance des massifs forestiers. » On évalue que ces travaux seront terminés dans un délai de 6 à 8 ans avec les dotations actuelles. Les lièges de la deuxième révolution (c'est-à-dire après le deuxième démasclage ou la deuxième période de 8 à 10 ans), valant plus que ceux de la première révolution, il en résulte qu'on peut espérer, à partir de 1898 ou 1899, une recette nette forestière de 400,000 ou 500,000 francs ; el à partir de 1904 ou 1905 une recette nette de 1 million à 1,200,0(K) francs.

On pourra alors, si l'on veut, après avoir épuisé les ressources disponibles sur les fonds de réserve et sur les excédents budgétaires, ainsi que sur le boni presque assuré de la conversion en 1902, gager un emprunt de 20 ù 25 millions de francs pour les travaux publics.

L'un de ces travaux publics tout indiqués est un chemin de fer de Ain Draham ou plutôt de Souk el Arba ou de Béja à Tabarka. L'administration des forêts dresse, en effet, un tableau des frais d'exploitation des bois qui fait ressortir la nécessité d'un chemin de fer aboutissant à ce port, ainsi que de voies Dccauville pour s'y rattacher. « Le prix du quintal de liège bouilli, raclé, ciré, mis en balle et rendu à quai à Tabarka, dit-elle, peut être évalué à 45 francs. Les frais d'exploitation sont par quintal :

Frauo.

P Frais de récolte (35 arbres cd moyenne par 100 kilogrammes de

liège eu balles) à 0 fr. 10 l'un 8.S0

20 Transport du pied de Tarbre aux points de concentration sur les

chemins 1 .00

30 Transport à Tabarka, à dos de mulet, calculé sur une moyenne de

20 kilomètres 5.00

40 Frais généraux, raclage, ébuUition, mise en balle 5.00

Total 14.50

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