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LES ÉLÉMENTS EUROPÉBNS 1 L'ACCLIMATATION

décès espagnols se sont élevés à 13,459, soit en moyenne 4,486 annuellement. Le recensement du 31 décembre 1891 ayant constaté la présence de 151,859 Espagnols dans la colonie, on peut conjecturer que la population espagnole moyenne a été, dans ces trois' années, de moins de 160,000. Le taux de mortalité est donc de 28, 19p. 1,000, un peu inférieur à la mortalité des Français algériens qui est de 29,5. Quant à la natalité chez les Espagnols de notre colonie, elle est à peine plus élevée que celle des colons de notre nationalité. Elle atteint 36 p. 1,000, au lieu de 35,16 pour nos colons. Dans les premières années, elle était montée au chiffre énorme de 47,5 p. 1,000 et elle était encore de 41 p. 1,000 dans les années 1879 à 1882. Depuis lors, elle a faibli : dans les trois années 1891, 1892 et 1893 les naissances espagnoles ont atteint le chiffre de 17,342, soit 5,781 comme moyenne annuelle, ou 36,12 p. 1,000 de la population espagnole qui montait alors à 160,000 âmes environ. Par son mouvement propre, excédent des naissances sur les décès, la population espagnole d'Algérie augmente de près de 1 ,300 âmes par an et la population française, on Ta vu, de 1,540. Les Italiens sont dans une situation aussi favorable que les Espagnols, compensation faite d'une natalité un peu plus faible, 34 1/2 p. 1,000, et d'une mortalité un peu inférieure, 27,47 p. 1,000; les Anglo-Maltais n'ont qu'une mortalité de 27,33, mais leur natalité ne dépasse par 30 p. 1,000.

Il est naturel que les Allemands, hommes du Nord, soient moins aisés à acclimater que toutes ces races du Midi. Leur mortalité a atteint dans les premiers temps le chiffre effrayant de 55 p. 1 ,000 et leur natalité n'était que de 31 p. 4,000. Depuis lors, ces conditions se sont un peu améliorées; la mortalité est descendue à 36 p. 1,000 dans les trois années 1891-1893, ce qui est encore une bien forte proportion, la natalité n'est parmi eux que de 23,20. S'ensuit-il que Ton doive dire, comme certains publicistes, que les Allemands et, ce qui nous intéresse plus, les Alsaciens-Lorrains, ne doivent pas immigrer en Afrique? Quelques personnes seraient tentées de parler de même des Français du Nord. Il y a là une grande exagération. La nature humaine est beaucoup plus élastique qu'on ne se le figure. De même que les émigrants normands et bretons, sortis de climats très tempérés et exempts de grands froids, se sont admirablement acclimatés au Canada, de même les colons anglais, irlandais, écossais, sortis de clinnats humides et plutôt froids, se sont fort bien acclimatés dans la partie méridionale des Etats-Unis, dans les Carolines, la

Floride (1), la Louisiane, le Texas, dans la partie de l'Australie voisine des Tropiques, Queensland et la Nouvelle-Galles. Il en est de même des descendants des Hollandais, les Boërs, au Transwaal. Ces exemples sont beaucoup plus probants que tous les raisonnements. Avec le tempset Thygiène nous n'avons aucun doute que les Français du Nord, les Alsaciens-Lorrains, les Allemands, ne parviennent à prospérer dans l'Afrique méditerranéenne.

De tous les éléments que Ton rapproche de la population européenne d'Algérie, celui qui a présenté longtemps à la fois la plus forte natalité et la plus faible mortalité, c'est l'élément des israélites francisés; mais il s'agit là de véritables indigènes. Leur natalilé oscillait entre 43 et 57 p. 1,000, proportion énorme , et leur mortalité entre 24 et 28. L'n statisticien, doué d'imagination et tirant de la loi des nombres toutes ses conséquences logiques, en conclurait que, dans quelques siècles, l'Algérie sera devenue une nouvelle Judée ; il ne nous parait pas que ce résultat soit fort à craindre, mais l'élément israélite exercera une influence sensible sur la destinée algérienne. Depuis quelques années, les conditions si favorables des Israélites indigènes se sont un peu modifiées. La natalité est restée tout aussi forte. Dans les trois années 1891, 1892 et 1893, les naissances se sont élevées à 8,095, soit 2,698 comme moyenne annuelle, cequi, pour une population de 47,564 recensés en 1891, représente la proportion énorme de 56,72 p. 1 ,000. Dans les trois mêmes années le nombre des décès parmi les Israélites indigènes monte à 5,436, soit une moyenne annuelle de 1,812 ou 38 p. 1,000 environ, ce qui est excessif et doit représenter une très forte mortalité enfantile. L'excédent annuel des naissances sur les décès est ainsi, pour les Israélites indigènes, de 886 âmes par an, chiffre qui dépasse la moitié de l'excédent des naissances sur les décès parmi la population française : cependant celle-ci, prise dans son ensemble, est en Algérie près de six fois plus considérable que la population israélite. Comme ce groupe d'habitants ne s'accroît que par l'excédent des naissances sur les décès, non par l'immigration, sa rapide augmentation ne suscite pas de grandes inquiétudes (2;.

La multiplication du nombre des Espagnols, au contraire, inspire

(I) Sur la très forte natalité dci^ blancs en Floride et aux Carolioes, consulter uoe correspondance que mon fils, M. Pierre Leroy-Beaulieu« envoyait de la Nouvelle-Orléans à V Économiste français (n» de ce journal du 8 juin 1895).

(3) Il faut cependant remarquer que, d'après les receusements, le nombre

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des craintes à beaucoup de publicistes et de politiques. On est tenté de nous appliquer le fameux dicton : Sic vos non vobis. Les conquêtes que nous faisons, les capitaux que nous prodiguons, d'autres en protitent, les Espagnols, et dans une beaucoup moindre mesure, du moins en Algérie, les Italiens. L'Espagnol, a écrit un statisticien, est avant tout le colon né de notre Algérie. A l'appui de ces observations pessimistes on fait remarquer que, de 1872 à 1891, le nombre des Espagnols a plus que doublé, passant de 71,360 à 151,859; il est vrai que le nombre des Français a plus que doublé également dans la même période, s'élevant de 129,601 à 271,101. Il y a donc à peu près parallélisme entre les deux éléments ; mais, c'est la localisation de rélément espagnol qui attire surtout l'attention. Les chiffres du recensement de 1876 justifiaient les prévisions alarmantes. Dans le territoire civil de la province d'Oran, les Français ne comptaient que pour 43,516, tandis qu'il ne s'y trouvait pas moins de 69,131 étrangers. En localisant encore davantage, dans l'arrondissement d'Oran, il y avait 45,107 étrangers, en grande majorité espagnols, contre 22,717 Français. L'écart était encore plus fort dans l'arrondissement de Sidi-bel-Abbès, qui comprenait 10,360 étrangers contre' 4, 343 Français. Nous ne partageons pas cependant, à ce sujet, les anxiétés de beaucoup de nos compatriotes. Il n'y aurait un péril sérieux de ce côté que si l'Espagne possédait le Maroc et il est douteux qu'elle soit de force prochainement à tenter une pareille entreprise ou du moins à y réussir. Quand elle sera en état de le faire, il est probable qu'une forte partie de l'élément espagnol algérien se sera déjà fondue dans la population française (1). La très faible proportion des naturalisations espagnoles (voir p. 36) est, néanmoins, regrettable; il faudrait les favoriser.

des Israélites IndigèDcs aurait plus que doublé de 1856 à 1891, passant, de 31,048 à la première date, à 47,564 à la dernière, bien que certaines naissances d'israéliles indigènes soient maintenant inscrites parmi les naissances françaises ordinaires. Une petite partie do cet accroissement tient peut-être à ce que le recensement de 1856 était peu exact; celui de 1861, qui semble l'avoir été davantage, fixait à 38,097 âmes Timportance de cet élément ethnique. Avec le temps, cet clément des Israélites indigènes se confondra avec la population française pure et simple et disparaîtra des statistiques.

(1) Si, dans un temps plus ou moins éloigné, les Espagnols tentaient la cooquéte du Maroc, cet empire devrait être au moins divisé ; la moitié orientale et une partie méritlionale touchant la mer devraient revenir à la France. Mais notre intérêt est de retarder autant que possible cette échéance. La guerre de Cuba a dû développer et développera les options des jeunes Espagnols pour le service militaire français .

Les recensements postérieurs fi celui de 1876, ont un peu atténué les craintes qu'il suscitait. La présence de 218,301 étrangers européens en 1891, dont iril.SSO Hspafînols, en face de 271,101 Français, n'est pas alarmante. Néanmoins, dans la province d'Oran, le nombre des Espagnols l'emporte de beaucoup sur le nombre des Français (1). C'est là la partie faible. En 18!ll. on comptait dans celte province 78,930 Frnnvais seulement contre 102,4r)3 Espacnols, 4,«3f> Italiens, 1,3 15 Allemands et 3,416autres étrangers européens, ensemble 1 12,020 étrangers européens, ou presque exactement moitié plus que de Français; les seuls Espagnols dépassaient de 23,523 ou de plus de 3(1 p. 100 le nombre des Français dans TOranie ; dans l'intervalle, toutefois, des deux recensements de IH8G et de 18111, l'élément français s'était un tant soit peu plus développé que l'élément espagnol dans cette province d'Oran, le premier avail gagné 13,513 âmes el le second 12,200 (2).

Pour peu que notre politique soit intelligente, il ne nous paraît pas que la patrie française soit condamnée b couver en Algérie un (l'uf espagnol, et en Tunisie un œuf italien. Les divers modes de naturalisation, les mariages mixtes, l'école surtout, le culte aussi, devront faire que nos efforts n'aient pas ce lamentable résultat.

Quant il l'élément italien, il ne s'accroU pas depuis un certain temps en Algérie; on y comptait 44,315 habitants de cette nationalité en 188» et seutcment 39,161 en 1801. Il en est de même des Anglo-Mallais quinesontguèreplus nombreux aujourd'hui qu'en 1876; on en recensait 14,677 seulement en 1891.

Nous avons donné plus haut des renseignements sur les naturalisations (piiges :t.'»-37|. Le nombre des mariages mixtes est assee important : dans les trois années 189 1, 1892, et 1893, il y a eu 1,270 unions entre des Français et des femmes étrangères, et 572 unions entre des femmes françaises et des étrangers, ensemble 1,842. Dès que l'un des époux est Français, il est bien vraisemblable que les

(1) Il est rcfi-rut table (jue les stalUtîque* a1(((riciine8 soient fort iniparrailea. Daiiii i'âiinrmc v<iliiin«iii-folio inliluli- Slaliitli'/iia générale lU l'Algérk, çahWé tuus les trois sus, on ne donne qui' len r<>i>iiltal« ifi-n^raux lUs recenscnients par déparleuii^iit ou province; niais il n'eut ruurni aucun renée ificK'iiieut prfci* sur la répartiliuu des diirÉrcutes natioualiléi entre les liÎTcra arroudisee méats et caolous.

(!) Nous déplorons de n'avoir pu obtenir encore (décembre I80G) du ftouverni'iDcnl Renierai de l'Al.^^m' Ipr résultat» du rrc^niieiiii-nt du mois d'avril de celte iiQiiée. Ou sait couitiicn sont lentes cl dér<:rtiiciiscs le* Blali»tiqui':^ ut^iiTieiiuei.

enfants le seront aussi. Les mariages entre étrangères et étrangers de toutes nationalités pendant les mêmes années se sont élevés à 3,512. Les mariages mixtes sont donc dans le rapport de 52 p. 100 avec les mariages entre étrangers. D*autre part, les mariages entre Français et Françaises ayant été au nombre de 5,767 dans la même période, les mariages mixtes représentent avec ce chiffre un rapport de 32 p. lOOenviron. Sur 11,141 unions, contractées entre Algériens d'origine européenne dans ces années 1891 à 1893, il s'en trouve 7,609, soit 08 p. 100, où Tun au moins des deux conjoints est Français.

Si Ton réfléchit que la population dite française est déjà un peu bigarrée, on se rendra compte de la proportion de plus en plus forte d'alliage que subit l'élément français en Afrique. On ne doit, d'ailleurs, pas le regretter ; en s'alliant aux Espagnols, aux Italiens et aux Maltais, la race française, si elle perd de sa pureté, accroît sa force de résistance au climat. Les unions mixtes doivent être recommandées au simple point de vue physiologique. Quelques publicisles, même dans ces temps récents, le statisticien feu le D' Bertillon par exemple, dans sa préface à la seconde édition delà Démographie de V Algérie du D*" Hicoux, soutiennent Topinion, qui nous paraît extravagante, que les Français sont exposés à ne pas pouvoir s'acclimater définitivement dans l'Afrique du Nord (1). Ils citent comme exemple Téchec des Romains qui tient à d'autres causes qu'à leur incapacité à supporter le climat. Les unions entre les Français et les races plus méridionales rendront l'acclimatation définitive plus aisée et plus prompte.

Quant aux unions entre Européens et musulmans dans les trois années 1891-1993, elles n'ont été qu'au nombre insignifiant de 10; dans tous ces cas, c'était un Européen qui épousait une musulmane; il n'arrive plus que des Européennes épousent des musulmans (2). Il

1) La Démographie figurée de V Algérie^ par le D' Ricoux, avec préface du Dr Bertillon, Paris, 1880, p. 11. Contrairement à l'assertion de M. Bertillon, des études plus attentives semblent avoir démontré que plusieurs tribus ftrabes ou kabyles sont de pure race latine et ont, lors de la conquête arabe, embrassé l'islamisme.

Si l'on se reporte, d'ailleurs, au chapitre que nous consacrons plus loin à 1.1 Tunisie ancienne, on verra que l'ancienne province d'Afrique a été beaucoup plus pour les Romains une colonie d'exploitation qu'une colonie de peuplement, et que Télément latin ethnique y a été très faible.

(2) De 1882 à 1884 on relevait, au contraire, 50 mariages entre européens et musulmans ; [dans 18, c'était le mari qui était européen, dans 3?, c'était la feume.

est infiniment probable que les unions irréjjulières entre ces deux éléments sont assez nombreuses ; elles ont également pour résultat de donner naissance à un élément mixte.

C'est l'école surtout qui pourra exercer une grande influence sur lassimilalion des éléments étrangers à l'élément français. Les tribunaux et l'administration devront aussi lui venir en aide; il dépend de nous que les Espagnols, nés en Afrique, si près qu'ils soient de leur patrie d'origine, finissent par se franciser, et l'Algérie ne sera pas plus une colonie hispanique que les Elats-Unis ne sont une colonie irlandaise ou allemande. Une loi qui rendrait français obligatoirement tout individu né sur notre territoire et y ayant vécu jusqu'à sa majorité aurait également une bonne et équitable action sur la fusion des éléments européens divers.

Le culte aussi pourrait nous amener peu à peu les Espagnols, les Italiens et les \faltais. Si l'on avait soin d'entretenir, pour ces populations religieuses, un clergé recruté uniquement dans l'élément français et qui se servit de notre langue dans les sermons, les homélies, les confessions, on contribuerait indirectement à la fusion des étrangers algériens avec nos nationaux. Mais la majorité de sectaires, d'ignorants et de niais qui régnait dans notre Parlement de 1881 à 1895, a supprimé les trois quarts des crédits pour le clergé algérien, et notamment aboli toute subvention pour les séminaires. C'était, en quelque sorte, décréter que le clergé algérien ne se composerait plus que d'Italiens et d'Espagnols. Quand une nation a le malheur de composer son Parlement d'étourdis et d'imprévoyants, elle transforme en instruments de ruine les moyens même qu'elle aurait d'assurer sa prospérité.

Le principal colon de l'Algérie restera, d'ailleurs, toujours le Français, parce qu'il est plus entreprenant, parce qu'il a plus de ressources d'esprit et de caractère, parce que c'est lui qui apporte les capitaux et qui s'entend le mieux à tirer parti de la terre et des hommes. Les Italiens, les Espagnols, les Maltais sont des auxiliaires utiles; mais on ne peut dire, sans méconnaître les conditions actuelles du travail et de la production en Algérie, que le premier rôle leur appartienne. Quant aux obstacles physiques, qui s'opposaient à la prompte acclimatation des Français, à savoir l'élévation fréquente de la température, le siroco ou vent du désert, les émanations lelluriques ou paludéennes, leur importance tend à diminuer pour trois raisons. D'abord plusieurs de ces causes morbides disparaissent

inàce aux progrès de la colonisation : les émanations paludéennes deviennent plus rares et moins dangereuses par les dessèchements, par la bonne culture des terres, par un système convenable de distribution des eaux, par la plantation d'eucalyptus ; le siroco luimême est atténué par un bon régime forestier. Kn second lieu, les tempéraments se forment à la longue au milieu qui les entoure ; la génération créole offre plus de résistance que celle qui l'a précédée. Enfin rhygiène fait des progrès rapides et les souffrances des premiers arrivés sont des enseignements qui servent aux colons nouveauvenus. Tous ces prétendus obstacles insurmontables ne sont donc, les faits le prouvent, que des difficultés passagères.

L'ne autre objection de principe que Ton a adressée à la colonisalion de l'Algérie par la France, c'est que notre pays n'a plus aucun accroissement de population. 11 est certain que Texcédent habituel des naissances sur les décès qui, en dehors des années de guerre, variait chez nous il y a trente ans de 90,000 à 150,000 têtes par an a fait place, de 1890 à 1892, à un excédent pour ces trois années de 70,000 décès sur les naissances. En 1893 et en 1894, de légers excédents des naissances (7,000 et 40,000) ont reparu. On n'en doit pas conclure que la France ne peut coloniser. En effet, il faut tenir compte du mouvement d'immigration belge, allemande, italienne et suisse qui s'elfectue sur notre territoire continental. Si nous recevons tous les ans 40 ou 50,000 habitants nouveaux provenant du dehors, nous pouvons fort bien pourvoir à une émigration de 15 à 20,000 âmes. Les arrivées compenseraient largement les départs. L'émigration est, en outre, souvent un stimulant à la fécondité des familles.

Quelques statisticiens, M. Jacques Bcrtillon entre autres, pensaient que la France pourrait fournir à l'Afrique une immigration de 100,000 habitants par an. Un pareil afflux ne trouverait pas actuellement à s'y asseoir. Le dixième suflirait. Supposez 10 à 12,000 Français s'établissant chaque année en Afrique, et autant d'Européens étrangers ; ajoutez-y l'excédent normal des naissances sur les décès, on aurait dans dix ans, environ 800,000 ou 900,000 hommes de race européenne sur la cote d'Afrique et, en outre, 5 millions et demi à G millions d'Arabes déjà imbus en partie de noire civilisation. En portant nos regards plus loin, avec cette immigration, d'ailleurs modique, de 20 à 25,000 Européens par an (moitié Français et moitié étrangers), avec aussi l'excédent des naissances, r.Afrique française du Nord, c'est-à-dire l'Algérie et la Tunisie,

contiendrait vers Tannée 1930 plus de 1 million l/H d*hommes de race européenne et peut-être 8 ou 9 millions d'Arabes qui, si nous avons une politique intelligente et humaine, pourraient prêter un concours utile à notre œuvre. Ce serait là une société beaucoup plus importante comme population et peut être aussi florissante que celle qui occupe l'Australie actuelle; or, l'Afrique française en 1930 sera plus jeune que ne l'est aujourd'hui TAustralie. Une colonie ne sort guère de l'enfance qu'à Tàge de cent ans. Ces résultats seraient très glorieux pour la France, très féconds pour l'avenir de la race française. Si de légères diflicultés, qui surviennent naturellement de temps à autre, ne nous découragent pas, il est fort probable que l'Afrique française arrivera, avant sa centième année, à la solide et splendide situation que nous venons d'indiquer. Le phylloxéra dans ces derniers temps a merveilleusement servi l'Algérie en l'épargnant et en dévastant la France. L'insecte microscopique, chassant nos vignerons de la vallée du Rhône et de nos département méditerranéens, les a poussés à franchir la mer. Ainsi les maux de la métropole ont été, comme toujours, utiles à la colonie naissante. Si le régime administratif et économique n'est pas plus contraire à notre fondation africaine que les agents physiques, le succès de notre œuvre colonisatrice est assuré (1).

Les statistiques officielles donnent les chiffres suivants pour la population algérienne en 1886 et 1891 sans l'armée ('2) :

Années.

Éléments de la population.

Français

Israélites Dutiiraiisés

Masulinaus (sujets Trauçais)..

Espagnols

A repurlei'

(1) Malheureusement, dans l'été de 1885, le phylloxéra a été découvert aux environs de Tleincen et de Sidi-bel-Abbès, et eu 1880 à Philippeville, mais l'élan est donué pour la culture viticolc, et dût le phylloxéra continuer à s'étendre, ce qu'il n'a fait qu'avec beaucoup de lenteur dans ces dix dernières années, sauf aux environs de Philippeville où il s'est plus répuudu, une culture lucrative, pouvant rémunérer beaucoup «le bras européens, n'en reste pas moins acquise à l'Algérie.

[T, Nous devons renouveler notre regret de ne pas avoir au moment où nous revoyons ces ligues, malgré nos iuslauces aupW's de l'administration algérienne, les résultats du recensement de 1S9G; s'ils nous surviennent à temps, nous les résumerons dans une annexe à la fin de ce volume.

Augmentation. 1

Diminuli

on.

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