‹ L'Algérie et la TunisieChapitre 4 sur 222 · VIII PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

OU en restreindre les profits. Si ces erreurs doivent se renouveler, ce serait à désespérer de la colonisation française.

Le régime qui convient à l'Algérie, c'est une décentralisation, une sorte d'autonomie administrative, sous le contrôle bienveillant de la mère patrie, et l'application des méthodes coloniales, non des lourdes traditions métropolitaines; mais cette relative autonomie administrative, qu'il faut bien distinguer de l'autonomie politique, n'est possible qu'avec un contrepoids à la prédominance électorale actuelle des colons.

Le développement de nos possessions nord-africaines dépend au moins autant de l'essor et de l'accroissement de la population indigène que de l'accroissement et de Tessor de la population européenne. Nous avons dresse le brillant tableau, à la fin de cet ouvrage, de ce que pourraient être dans 5o ans l'Algérie et la Tunisie, si nous facilitions le doublement de la population indigène et l'élévation de son étalon de vie. Le nombre, la qualité et la situation des colons augmenteront sans doute ; mais ils ne suffiront jamais, dans l'état stationnaire, sinon décroissant, de la population en France, à donner à l'Algérie et à la Tunisie toute l'exubérance de vie dont elles sont susceptibles avec le temps.

La Tunisie est entrée dans la carrière coloniale avec entrain et bonheur; elle a eu la chance heureuse que son premier résident ait été dépourvu de tout formalisme bureaucratique et de tout goût pour les œuvres hâtives et d'ostentation. Ainsi, l'ancienne Régence de l'Est n'a pas vu se constituer chez elle, à la première heure du moins, des états-majors espagnols.

Elle s'est faite par l'initiative privée qui lui est venue avec ardeur, apportant des capitaux et des capacités techniques; elle s'est développée par la prudence, la réserve et l'économie gouvernementale. Aujourd'hui nous craignons que ces saines méthodes de la première œuvre, les vraies méthodes coloniales, ne soient un peu délaissées.

Depuis quelques années, la Tunisie commence à aimer

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