LE SERVICE TOPOGRAPHIQUE : LES LIVRES FONCIERS
j^rène devra rester maîtresse de la plus jjrande partie du sol, et cela même est désirable.
La part de Tadministration coloniale, on le voit, est large et sa responsabilité est grande : elle peut abandonner aux particuliers, aux communes, aux conseils généraux, la gérance sans entrave de leurs intérêts immédiats; elle peut, sans danger, leur laisser toute initiative dans la sphère où ils se meuvent. Klle a assez à contrôler ailleurs. Tous ces grands services collectifs, cet ensemble de travaux préparatoires et conservatoires, c'est pour nos hauts fonctionnaires et nos agents de tous grades un champ singulièrement vaste. Qu'ils y portent toute leur activité et toute leur prévoyance ; dans ces limites, ces qualités seront utiles et fécondes ; au lieu de se traduire en frottements et amoindrissement de forces, l'action administrative amènera à sa suite des résultats durables et positifs. La colonie sera mieux préparée à la réception d'une immigration plus nombreuse ; elle présentera, d'un autre côté, un attrait plus vif à ces grandes masses européennes qui sont en quête de contrées nouvelles où s'établir; l'initiative des colons trouvera pour s'exercer un terrain plus favorable, et la propriété indigène elle-même, sera consolidée en valeur, sinon strictement en étendue, et se trouvera stimulée, devenant progressive de routinière qu'elle n'a cessé d'être. De cette triple transformation, que l'on prévoie les conséquences : il n'est pas téméraire de dire que notre colonie prendrait un essor auquel son passé ne l'a pas encore préparée.