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LES VOIES DE COMMUNICATION. \3'J

première période de la conquête, de donner le pas ù Tancienne viabilité sur les voies de transport les plus modernes et les plus efficaces, les voies ferrées. Parce que les routes ont précédé historiquement les chemins de fer dans les vieilles contrées, ceux-ci n'ayant été connus qu'à une époque récente, il ne s'ensuit pas qu'on doive se conformera cet ordre historique qui fait abstraction des découvertes. Dans un pays neuf, il faut commencer par exécuter des chemins de fer; les routes viennent après; c'est Tordre logique. Les colons, ou {groupes d'habitants, trouvent toujours, surtout dans les pays chauds, le moyen de se servir des pistes, en les améliorant, pour se rendre aux stations. Un des inconvénients de commencer les routes avant les chemins de fer est d'arriver à des doubles emplois, ainsi pour la route de Batna à Biskra, pour une grande partie du trajet d'Alger à I^ghouat ; on augmente par ces doubles emplois, beaucoup le coût des travaux publics.

En Algérie, esclave de Tordre historique, pendant longtemps on ne s'occupa que des routes et des chc/nins.

Jusqu'en 1879, il y avait en Algérie cinq routes nationales. La loi du '29 mars de cette année a porté ce nombre à dix, dont Tune d'Oran à Géryville par Mascara et Saïda, une autre de Relizane à la frontière du Maroc par Mascara, Sidi-Bel-Abbès et Tlemcen (1). Quand toules ces routes seront achevées, Tétendue de ces grandes voies sera de 2,9*22 kilomètres, ce qui, pour les H ou 15 millions d'hectares que comprend la région du Tell, donne la proportion de 2 décamètres 15 au kilomètre carré, ou de 2 hectomètres 15 au myriamètre. Encore doit-on dire qu'une faible partie de ces routes dépasse le Tell, comme celle qui se dirige vers Laghouat et celle qui bientôt aboutira à Gérvville f2]. Voici quelles sont ces dix routes nationales, qui, constituent les cadres de la grande viabilité en Algérie ; nous donnons pour chacune d'elles, à la date de la lin de

{\] Comme D ou vcl exemple des lenteurs de radministration métropolitaine quand il s'agit des intérêts algériens, on peut citer le fait suivant : A la Un lie Tannée 1883 un classement complémentaire du réseau des routes nationales algériennes a été envoyé au ministère des travaux publics & Paris pour TapprobalioQ ministérielle, et, dans la session du Conseil supérieur du gouvernement de novembre 1886, le gouverneur général déclarait que le projet de classement complémentaire des routes nationales de TAlgérie, dont le ministre était saisi depuis trois ans, n'avait pu encore être approuvé, ni môme examiné.

(2) Les routes qui pénétrent le plus loin dans l'intérieur sont celle d'Alger à Laghouat, qui a 440 kilomil-tres, et celle d'Oran à Géryville, qui en compte *33S; vient ensuite Philippeville à Biskra, 329.

i40 L'ALGÉRIE.

1893, les longueurs à TcHat crempierrement el les longueurs à IVtat (le lacunes.

I^oniirueura

à l'état & l'6Ut

Désignation des routes. d'empierrement, de lacanes. totale.

Vilumètref. kilnmètir*. kilomotra*.

N« 1. — D*AIger à Laghouat, par Médéa.. 249.5 300.0 449.5

No 2. — De Mers-el-Kébir à TIemcen 147.5 » 147.5

N» 3. — De Stora à Biskra, par Cons-

tautinc 582. 7 45.2 327 .9

N* 4. — D'Alger ù Oran, par la vallée du Chélif (cette route s'embranche sur la route nationale n» 1, au point kilométrique 55.900) 412.3 « 412.3

NO 5. — D'Alger à Coustantine, par Sétif. 432.8 n 432.8

No 6. — D'Oran à Ciéryville, par Mascara. 170.0 165.0 335.0

No 7. — De Uelizane au .Maroc, par Mascara. 24G.7 41.7 288.4

No 8. — D'Al^'erà Bou-Saada, parAumale. 123.0 115.0 238.0 No 9. -- De Bougie à Sétif, par Chabet-

el- Akra 111.2 n 111.2

N" 10. — De Constautinc à Tébcssa, par

Aïn-Beida 174.4 » 174.4

Rues de grande voirie d'Alger 5.9 » 5.9

Totaux 2.356.0 566.9 2.922.9

Les parties à Tétat de lacunes ne sont donc pas bien étendues. On ne se hâte pas, d'ailleurs, de terminer ce réseau, car d'après les statistiques de 1880, les parties empierrées des routes nationales atteignaient 2,^98 kilomètres ; en sept ans on ne les a donc accrues que de 58 kilomètres, et on a eu raison de ne pas consacrer les crédits à cette œuvre qui n'est plus urgente. Kn eilet, dans le réseau actuel, même les parties à l'état de lacunes, du moins dans la belle saison et sauf après les orages, peuvent être parcourues par les voitures. Ainsi, les diligences font régulièrement le service jusqu'à Laghouat et (ihardaïa et les courriers jusqu'à Tougourt, quoiqu'une partie de ces routes ne soient pas empierrées et que même de Hiskra à Tougourt il nV ait qu'une piste.

Si la construction des routes a été active de 1871 à 1885, elle fut singulièrement lente au début. L'amiral de Gueydon, gouverneur général, dans son rapport sur l'exercice 1872, faisait remarquer que la grande route d'Alger à Conslantine n'était pas encore ouverte, qu'elle ne le serait que l'année suivante. Il a donc fallu 43 ans depuis notre débarquement en Afrique pour mettre en communication directe les chefs-lieux de nos deux principaux départements africains.

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