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LE SERVICE POSTAL MARITIME

^atlantique qui, par une bizarrerie en opposition avec son nom, était chargée jusqu'en 1895 du service postal entre la France et sa colonie transméditerranéenne. A côté de cette compagnie naguère subventionnée, il en est, d ailleurs, d'autres qui librement, avec le fret que leur donnent soit les minerais, soit les transports du bétail et du blé, foit les vins, mettent en relations fréquentes les principaux ports alfrériens et Marseille ou Cette, ou Port-Vendres ou même Bordeaux, le Havre et Dunkerque. En 1880 le port d*Alger était relié à Marseille par deux courriers hebdomadaires (c'était bien peu) ; ceux d'Oran, Philippeville et Bône par un seul courrier hebdomadaire. A partir de 1886 un service quotidien rattachait l'Algérie à la métropole; même certains jours de la semaine les arrivées et les départs sont doubles ou triples. Néanmoins on n'était pas encore parvenu jusqu'à ces derniers temps à coordonner assez habilement ces départs et ces arrivées, de façon h assurer à notre colonie un courrier postal régulier chaque jour. Les distributions des lettres de la métropole ne sont pas absolument journalières, ce qui présente de grands inconvénients auxquels on pourrait facilement obvier. C'est une affaire d'agencement. La moyenne du trajet de Marseille à Alger, qui était autrefois de quarante-huit heures, est tombée à vingt-cinq ou vingt-six; elle pourra descendre h dix-huit ou vingt. Dès maintenant, ce qui est déjà un résultat satisfaisant, le voyage d'Alger à Paris ne prend que quarante-deux à quarante-quatre heures.

Va\ 1895, on a renoncé au système de la concession du service postal, et l'on s'est contenté d'allouer des primes à la vitesse. lien est résulté un certain désarroi; divers ports secondaires n'ont plus été desservis. On ne peut blâmer, toutefois, la métropole d'avoir voulu épargner 2 millions annuellement. On fût parvenu aisément, en distribuant suivant un règlement judicieux, ces primes à la vitesse qui n'atteignent pas le tiers de Tancienne dépense de concession, à organiser un service très efficace entre la métropole et les grands ports d'Alger, d'Oran, Philippeville et Bône. Cela suffit pour les relations entre l'Algérie et la France. Quant au service côtier entre les douze ou quinze ports secondaires de notre colonie, si les entreprises privées ne l'assurent pas suffisamment, c'est à TAlpérie et aux communes intéressées à l'organiser, en recourant à des bateaux de moindre tonnage, et de moindre vitesse, ce qui sera naturellement moins coûteux.

Sans attendre que Texpérience soit complète, on pense, en 1897,

à revenir au système des concessions postales maritimes entre la France et l'Alf^érie, ainsi que la Tunisie; du moins, faudrait-il s'en tenir aux relations directes des ports sus-désifçnés, plus Tunis et Bizerte, avec la France, en stipulant une vitesse de 18 à 20 na'uds. On pourrait, sans doute, y arriver avec un sacrifice de 1,'2(K),(HM) à 1,5<H),0(H) fr., moitié moindre que celui qui jurait au budget français d*avant 1894. Quant au service côtier, il ne concerne en rien la France qui ne doit pas s'imposer des charges à ce sujet. Les dvparlements, les communes ou la colonie elle-même pourront facilement l'assurer à peu de frais, avec des navires de KK) à 6CM) tonnes, ayant une vitesse de 10 à 11 nœuds, et qui sont les seuls pouvant se livrer avec économie à cette petite navigation.

Sous le rapport des câbles télégraphiques, T Algérie est bien dotée et tout ce qu'elle pourrait réclamer, ce serait rabaissement de la taxe à 5 centimes par mot au lieu de 10 centimes, portant le minimum à 1 franc par dépêche si Ton veut.

Avec de l'ingéniosité d'esprit, du sens pratique^ de la persévérance, le dédain du luxe et la recherche constante de l'utile obtenu par le minimum des dépenses, on parviendrait à donner aux travaux publics en Algérie un emploi beaucoup plus efficace qu'on ne l'a fait dans la période 1860 à 1890. C'est à ce but que doit tendre l'administration algérienne : faire simplement, promptement et économiquement.

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