‹ L'Algérie et la TunisieChapitre 63 sur 222 · EXCELLENCE DE LA SITUATION GÉOGRAPHIQUE DE L'ALGÉRIE · texte numérisé non relu

EXCELLENCE DE LA SITUATION GÉOGRAPHIQUE DE L'ALGÉRIE

les matières premières et minerais à Texportation qui forment le gros bloc de ce tralic.

Le régime douanier très restrictif que la France impose à sa colonie algérienne entrave singulièrement les relations commerciales de celle-ci, au moins directes, avec le reste du monde. Par compensation, il est vrai, la France qui, depuis 1892, frappe de droits si élevés les céréales, le bétail, les vins étrangers, donne à l'Algérie, en recevant ses produits en franchise, des primes indirectes très considérables. Quoique ce régime soit tout à fait factice, IWlgérie y est actuellement un gros gagnant, et ses cultures en éprouvent un encouragement exceptionnel. Cela suffirait pour lier étroitement TAlgéric avec la métropole et lui enlever, tant que ce régime durera, toute idée d'indépendance, à supposer qu'il fût possible de réaliser Tindépendance algérienne, ou le passage sous la souveraineté d'une autre métropole, si supérieurement développée que celle-ci pût être.

D'autre part, Texcellence naturelle de la situation de TAlgéric, depuis surtout le percement de Tisthme de Suez, est telle, pour l'escale et le ravitaillement des bateaux se rendant de l'Atlantique dans la Méditerranée Orientale et en Extrême-Orient, qu'elle commence à devenir un pays d'entrepôt, et qu'il est probable que ce caractère, avec un régime libéral, irait en s'accentuant, aux dépens, eu partie de Gibraltar et de Malte, tout en ayant à partager plus tard sans doute cet avantage avec la Tunisie, c'est-à-dire avec Bizerte et Tunis qui, dès maintenant, commencent à le lui disputer. En se reportant au commerce général pour 1893 que nous avons publié plus haut (page 109), on voit que, au commerce général, l'Algérie exporte pour 7,215,000 fr. de marchandises aux Indes .Anglaises, pour 570,000 aux Indes Néerlandaises, pour 1,385,000 aux Philippines, pour •278,(HX) en Turquie, pour 418,000 en Egypte et qu'en outre 3,*21 4,0(K> fr. de houille sont réexportés par les bateaux à vapeur; voilà pour plus de 13 millions de marchandises, d'origine étrangère à quelques centaines de mille francs près, qui viennent se faire entreposer en Algérie, grâce à l'excellente situation de cette colonie sur l'une des roules maritimes actuellement les plus fréquentées du globe. Tous ces navires, de plus, peuvent prendre du bétail, des légumes, des fruits pour leur traversée. 11 y a là une raison d'essor de notre colonie. Les statistiques du commerce en 1894, que nous avons sous les yeux et qui ne distinguent

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pas Texportation par pays^ inscrivent 10,427,942 francs de tissus de coton exportés d'Algérie pendant cette année; il doit s'agir, pour la plus grande partie, de marchandises étrangères entreposées.

Il est probable que diverses exportations à destination soit de la métropole, soit de l'étranger iront en augmentant considérablement. Aujourd'hui, un seul article, le vin, constitue 35 à 40 p. 100 des exportations algériennes au commerce spécial, 51 millions de francs en 1893 sur 169 millions, 85 millions de francs en 1892 sur 228 millions, 51 millions et demi de francs en 1894 au commerce général sur 265 millions. L'Algérie restera, sans doute, une grande contrée viticole, mais les exportations de bétail, de céréales, de légumes et de fruits, d'huile d'olive, en ce qui concerne l'alimentation, peuvent, considérablement plus, se développer, celles des peaux et laines également et aussi celles des produits minéraux auxquels vont se joindre les phosphates. En diversifîant davantage son exportation, l'Algérie la rendra moins variable suivant les caprices des saisons.

Le développement de la navigation depuis 1864 a été plus considérable encore que celui du commerce. Elle a triplé dans les quatorze premières années. Le mouvementmarilime à rentrée,en Tannée 1878, consistait en 4,046 navires jaugeant 1,354,883 tonneaux. En 1884, on constatait un nouveau progrès, en ce qui concerne le tonnage : le mouvement de la navigation à l'entrée était représenté par 3,579 navires, jaugeant ensemble 1,661,786 tonneaux. Dans les dix dernières années, 1885-1894, le mouvement maritime de l'Algérie, profitant non seulement du développement de la colonie, mais des escales beaucoup plus fréquentes des bâtiments qui suivent la grande route de Gibraltar au Levant et aux mers des Indes, a continué de se développer.

En 1893, les navires entrés dans les ports d'Algérie, venant de l'étranger, de la métropole ou des colonies françaises étaient au nombre de 3,434, jaugeant 2,038,000 tonnes; c'était un accroissement de 23 p. 100 relativement à 1884 quant au tonnage, et de 50 p. 100 relativement à 1878. D'autre part, cette année 1893 avait été signalée par une mauvaise récolte. Dans les années antérieures, les entrées avaient dépassé 2,100,000 tonnes, à savoir 2,168,047 tonnes en 1892 et 2,144,910 tonnes en 1891, de sorte que l'on peut considérer que le mouvement maritime extérieur de l'Algérie s'est accru d'environ 30 p. 100 depuis 1884, et de 55 p. 100

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