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LE MOUVEMENT DE LA NAVIGATION

depuis 1878. La progression est loin d*étre à son terme, quoique les droits très élevés sur les produits étrangers depuis 1892 Tentravent dans une certaine mesure.

Sur ce tonnage de 2,038,009 des entrées en 1893, 1,831,919 représentaient les navires chargés et 206,090 ceux sur lest. Près des deux tiers de cette navigation s'effectuent sous pavillon français, les relations entre la France et la colonie lui étant réservées; ce pavillon, en 1893, flottait sur 2,071 navires d'un tonnage de 1,306,834 tonnes, contre 1,36,3 navires, jaugeant 731,775 tonnes qui portaient le pavillon étranger. Les navires français venant de l'étranger étaient au nombre de 447 et jaugeaient 172,179 tonneaux. Ainsi tout le commerce avec la métropole se fait sous pavillon français et environ 18 à 20 p. 100 du commerce de l'Algérie avec l'étranger s'effectue sous le même pavillon (on trouve, en effet, à la sortie, 396 navires français allant à l'étranger, ayant un tonnage de 140,998 tonnes, contre 1,359 navires étrangers jaugeant 739,761 tonnes).

Dans ce même tonnage total de 2,038,000 tonnes des entrées, les navires chargés, représentant 1,831,919 tonnes en 1893, formaient 90 p. 100 et ceux sur lest 206,090, soit presque exactement 10 p. 100 du total.

Si Ton recherche les pays avec lesquels l'Algérie entretient un mouvement de navigation, on voit que, en 1893, la répartition des 2,(KJ8,000 tonnes des entrées s'effectuait ainsi suivant les pays de provenance : France 1,177,2,% tonnes; Angleterre 253,562 (1); Espagne 232,379 ; Tunisie 81 ,943 ; Italie 78,937 ; possessions anglaises

(1) Nombre de produits algériens s'écoulent presque entièrement àTétranger. Les minerais et les alfas sont dirigés surtout vers la Grande-Bretagne. Sur les 324,000 tonnes d'alfa exportées d'Algérie pendant les trois années 1879, 1880 et 1881, 169,862 l'ont été pour l'Angleterre, 39,092 pour l'Espagne, 8,24:t seulement pour la France. Dans la période de 1882 à 1884 les exportations d'alfa ont atteint 266,336 tonnes, dont 217,402 pour l'Angleterre, 26,640 pour l'Espagne, 6,!i89 seulement pour la France. Cette négligence de la part des fabricants français de papier est impardonnable. En 1894, les exportations d'alfa algérien à l'étranger ont été de 6,339,000 francs, contre une somme insignifiante exportée en France. Le crin végétal, le liège, les écorces à tan, sont aussi en très grande partie exportés à Tétrauger; de même, 2,482,000 fr. de minerai de fer en 1894, tandis que cet article ne figure pas aux exportations pour la France. 11 ne faut pas oublier, en outre, que la plupart des navires anglais font simplement escale dans nos ports algériens, que par conséquent ils n'y apportent ou n'en emportent qu'une partie de leur chargement, tandis que la plupart des navires français entrant en Algérie ou en sortant ont tout leur chargement consacré au seul commerce de la colonie.

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méditerranéennes 36,128; Russie 26,829; Belgique 20,531; États- Unis 20,182; Turquie 18,211 ; Autriche 13,5(K); Egypte 12,2i7; Indo-Chine française 10,620; Grèce 10,105; Suède 9,730; Roumanie 8,224; Portugal 6, i28; Maroc 3,674; Chine et Japon 3,322; Indes Hollandaises 2,959; Pays-Bas 1,937; possessions anglaises de rAmérique du Nord 1 ,42 1 , et autres possessions britanniques que celles ci-dessus 597; Tripoli 1,334; Danemark 1,143. On est surpris de ne pas rencontrer dans cette nomenclature TAllemagne, qui figurait pour 831 tonnes de jauge dans les entrées en Algérie en 1892, et pour 6,81 5 tonnes dans les entrées en 1891. On voit, d^ailleurs, que les pays avec lesquels l'Algérie est en relations maritimes sont fort nombreux et divers, allant du Canada jusquVi la Chine, au Japon et aux Indes Néerlandaises. Une vingtaine de compagnies étrangères avaient inscrit Alger dans leur itinéraire comme escale.

La magnifique situation de TAlgérie sur la grande roule de TExtrême-Oricnt lui vaudra, sans doute, un développement maritime bien plus considérable encore, d'autant qu'outre ses produits d'exportation elle possède un fret de sortie assez important dans le transportdes pèlerins musulmans pour la Mecque. Malheureusement, en 1896, on a compromis tout cet avenir par rétablissement d'un droit de quai, dans les ports d'Algérie, de 50 centimes par tonne de jauge, pour les provenances d'Kurope et de la Méditerranée, et de 1 franc, pour celles des autres pays; cela résulte de l'application, depuis 1896, à l'Algérie, d'une loi de 1872 concernant la métropole.

Dès maintenant un mouvement maritime (cabotage non compris], de 4 millions de tonneaux, chiiîre atteint, à 18,000 tonnes près, en 1893, année médiocre, et dépassé de 287,0(K) tonnes en 1892 et de 320,000 en 1891, doit être regardé comme considérable, l'ensemble de la navigation maritime de la France en navires chargés seulement il est vrai, tant avec l'étranger qu'avec les colonies, ne montant qu'à 22,086,(KH) tonnes. En y joignant hypothétiquement les navires sur lest, on ne doit pas atteindre 24 millions de tonnes pour la navigation maritime de la France, de sorte que celle de l'Algérie oscille entre le cinquième et le sixième de la navigation de la métropole, neuf fois plus peuplée et cent fois plus riche.

Quant au cabotage entre les ports algériens, il atteignait 1,626,741 tonnes à l'entrée en 1884, soit 3, 250, (KM) tonnes environ en tout; en 1893, s'élant beaucoup développé, il représentait un mouvement égal à celui de la navigation entre l'Algérie et les autres contrées,

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