‹ L'Algérie et la TunisieChapitre 8 sur 222 · AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XIII

L'Afrique du Nord-Ouest ne nous appartiendra définitivement que si nous nous concilions les Arabes et si, dans une certaine mesure, nous les francisons.

Depuis quelque temps un progrès s'est accompli dans les idées du public français à ce sujet. La presse métropolitaine se montre aujourd'hui plus favorable aux indigènes algériens; ils trouvent des voix amies dans le Parlement ; et quelques-uns même des représentants de l'Algérie, non pas toutefois la majorité, commencent à s'inquiéter de leurs besoins, à protester contre les rigueurs dont ils sont parfois l'objet.

Si l'on parvenait à résoudre équitablement la question des indigènes en Algérie, on aurait beaucoup plus fait pour l'avenir paisible et pour le développement rapide de cette colonie, qu'en dépensant des millions de francs à créer des centres artificiels.

La Tunisie est exposée à un péril d'une autre nature^ celui de devenir une colonie de fonctionnaires. Il semble que les tendances de la nouvelle administration y poussent. Nous souhaitons qu'on l'y arrête. Les révélations récentes sur la Cochinchine nous ont fait connaître les déplorables résultats des colonies de fonctionnaires. Le premier résident français en Tunisie, avec un tact admirable, a su éviter cette fâcheuse direction.

D'après des indices qui, nous Vespérons, ne dureront pas, il semblerait qu'on ait aujourd'hui quelque inclination à faire de ce vaste pays une sorte de préfecture, où l'esprit politicien, les appétits politiciens, les préjugés continentaux, l'exclusivisme politique et religieux se donneraient carrière. Dieu veuille qu'on y remédie en temps opportun !

Un autre danger auquel est exposée notre nouvelle

possession, c'est que, par le défectueux régime douanier

qu'on met si peu d'empressement à améliorer, elle noue

des relations plus étroites avec l'Italie qu'avec la France.

Déjà les exportations tunisiennes, par le régime absurde

et antipatriotique que nous maintenons, sont trois fois

plus fortes pour l'Italie que pour la France.

iVous attirons sur tous ces points l'attention de nos

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