‹ L'Algérie et la TunisieChapitre 9 sur 222 · XIV AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION

lecteurs; nous avons cherché à faire un tableau aussi impartial et aussi exact que possible de TAlgérie et de la Tunisie, de leurs ressources naturelles, des résultats déjà acquis, des méthodes suivies ou à suivre, de la population indigène, du traitement qui lui convient, des perspectives de la colonisation et de l'avenir delà France dans le nord de l'Afrique,

La France a le bonheur de trouver en face d'elle, à vingt-huit ou trente heures de ses ports méridionaux, un champ d'activité énorme qu'elle peut aisément féconder. Il y a là, vraiment, une nouvelle France à constituer, double en étendue de l'ancienne, pourvue de ressources naturelles qui, sur la moitié du territoire, égalent celles des pays les mieux doués. Avec l'esprit de colonisation, l'esprit d'aventure, dans ce qu'il a de légitime et d'élevé, peut se développer sur notre sol africain, dans ces régions indéfinies du sud où aucune frontière précise ne nous arrête.

L'œuvre est désormais facile. La paix matérielle est assurée; le pays est partout connu; les capitaux se sentent de l'inclination pour l'Afrique; les voies de communication y sont déjà nombreuses. Si la France a, comme nous le croyons, un reste de vocation colonisatrice, elle peut en donner la preuve. Le prochain quart de siècle sera décisif pour témoigner si notre pays sait encore faire des œuvres grandes et durables. Or, pour les œuvres durables et grandes, ne l'oublions pas, parmi les conditions les plus propices, on doit compter le bon sens, la persévérance et la justice.

20 juin 1887.

Paul LEROY-BEAULIEU.

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