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CHAPITRE IX

LE CRÉDIT

Importance de la qoestioQ du crédit. — Exemple des États-UolB. — Taux élevé de rintérèt dans les colonies. — Mesures qui peuvent tendre à rabaisser. — La Banque de TAlgérie, son développement depuis un quart de siècle et ses opérations. ~ Ses lacunes et ses faiblesses. — Projets de fusion avec la Banque de France : inconvénients de cette solution.

Les compagnies banquières diverses. — Les comptoirs d'escompte locaux. — Le Crédit foncier et agricole d'Algérie. — Ënormité du taux des prêts agricoles. — Remèdes factices sollicités par les colons.

De la possibilité d'introduire en Algérie Ta liberté des banques d'émission. — Les comptoirs locaux pourraient, sous ce régime, se développer comme les banques d'Ecosse. — La commandite agricole pourrait, en outre, fournir à bas intérêt aux colons une partie des capitaux permanents dont ils ont besoin. — En quoi consiste ce régime.

Le second aspect de la question linancière, c'est le crédit. On sait quelle importance nos maîtres en colonisation, les Américains et les Anglais, attachent à un bon système de crédit. Dans chaque nouveau village, près de la maison d'école et de la maison de Dieu, se dresse la maison de dépôt et d'escompte, house ofdeposite and discoant{i). Ainsi se trouvent groupés dans chaque centre embryonnaire de civilisation, au milieu des pionniers et des défrichements, les trois éléments indispensables de toute croissance et de toute prospérité : Técole qui donne à l'homme l'instruction, le temple où il puise l'éducation morale .et religieuse, la banque qui féconde la production.

De toutes les nations civilisées la France est la plus pauvre en instruments de crédit : il est naturel que les colonies en soient encore

(1) Les célèbres lettres de Michel Chevalier sur T Amérique du Nord font une description frappante d*un de ces villages sur les confins de la civilisation où, au milieu de quelques huttes, on en voyait une portant le nom pompeux de Schuylkill Bank of DeposUes and Discount, Banque de dépôts et d'escompte de Schuylkill.

LE CRÉDIT. — LA BANQUE DE L'aLGÉRIE. 223

plus dénuées que la métropob. La lettre impériale de 1865 indiquait <;oinme Tun des grands fléaux de l'Algérie Tusure qui y était plus extrême et plus générale que partout ailleurs. C'est une loi de la nature que les capitaux soient plus chers partout où ils sont rares et où le champ d'emploi est à la fois étendu et rémunérateur; c'est précisément le cas des colonies nouvelles, surtout de celles qui possèdent en abondance des terres fertiles. 11 est donc •conforme à Tordre des choses et aux lois économiques que l'intérêt, même à égalité de risque, y soit sensiblement plus élevé que dans la métropole ; prétendre abaisser le taux de l'intérêt au même niveau ■en Algérie qu'en France, c'est une puérilité. Mais l'infériorité des -colonies ne consiste pas seulement en ce que les capitaux y sont plus rares, elle consiste encore en ce que cette branche de l'industrie, qui a pour objet de recueillir les capitaux momentanément oisifs pour les placer dans des mains productives, y est beaucoup moins développée que dans la mère patrie. Pendant les vingt premières années de la colonisation, il n'existait pas un seul important établissement de crédit dans toute notre province d'Afrique. La loi du 4 août 1851 créa la Banque d'Algérie qui a fondé des succursales à Oran (1853), à Constantine (1856), à Bône (1868), à Philippeville (1875) et à Tlemcen (1875). Nombre d'autres ont été établies depuis lors et l'activité de la Banque s'est fort étendue.

Le taux ordinaire de ses escomptes était de 6 p. 100 à l'origine ; il s'est abaissé ensuite à 5 et à 4 p. 100, et il suit les fluctuations du marché des capitaux.

Son capital, primitivement de 3 millions, a été porté à 10 millions «n 1859, puisa 20 millions en 1881. Elle émet des billets au porteur depuis 20 francs jusqu'à 1,000 francs. Ces billets sont reçus comme monnaie légale par les caisses publiques. La limite pour les émissions de billets a été, par des étapes successives, portée de 18 millions à 48 millions en 1872, puis à 80 et à 100 millions.

Si Ton suit, depuis l'origine de cette banque, le mouvement de :ses opérations, on constate le développement suivant :

Montant

Exercices.

Nombre

des sommes

d'efTeU escomptés.

escomptées.

Francs.

Montant Exercices. Nombre drs iioinnies

(l'elTots e>compl(8. escomptàes.

FraiirK.

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