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Le proffrès a été énorme jusqu'en 1884-85, point culminant, à partir duquel se manifeste un déclin sensible que nous expliquerons plus loin : au début, le développement fut lent, en 1860-Gl le nomb^^ des effets escomptés n'atteignant, dix ans après la fondation de la Banque, que le chiffre modeste de 88,169 et la faible somme dt* 6 1,983,000 francs; en 1869-70 on n'en était encore qu'à 178,000 effets pour 153 millions de francs. C'est à partir de 1870 qu'on peut considérer que l'Algérie sort de la période de Tenfance pour entrer dans celle de l'adolescence ; les progrès de l'escompte sont alors très rapides, trop rapides même : en quinze ans le nombre des effets tripla et la somme des escomptes s'accrut dans une proportion encore plus forte. Si Ton veut se rendre compte, par comparaison, des opérations de la Banque d'Algérie, on peut rapprocher le nombre et l'importance des effets qu'elle a escomptés en 188-1-85, soit 538,851 effets s'élevant à 526 millions de francs, du chiffre des opérations analogues de la Banque de France en 1885, soit 11,600,509 effets escomptés pour une somme de 9,250,121,700 francs (1). Ainsi le nombre des effets de commerce escomptés par la Banque d'Algérie était avec celui des effets escomptés par la Banque de France dans le rapport approximatif de près de 5 à 100, et le chiffre total en francs des escomptes de la Banque d'Algérie était à celui de la Banque de France comme 5 3 / i est h 100. Si l'on se souvient que l'Algérie possédait seulement, en 1885, 115 à 420,000 colons civils, ce qui ne représente que la quatre-vingt-dixième partie environ de la population de la métropole, on voit que la matière escomptable se trouvait être relativement à la population euro-
(1) Voir le Compte rendu des opérations de in Banque de France et de ses succursales pendant Vannée 1886, dans le numéro de VÉconomiste français du 4 septembre 1886.