LA COMMANDITE AGRICOLE
destinés aux améliorations permanentes ; la liberté des banque» mettrait à leur portée les capitaux circulants et le fonds de roulement. A défaut de cette liberlé des banques, qui trouverait peutêtre aujourd'hui un milieu réfractaire, il faudrait du moins multiplier les Caisses rurales sur le type soit des comptoirs existants, soit des banques Raïfîcisen en Allcmajjne (1).
Il existe encore en Alj^érie un outillage de crédit que Ton ne peut passer sous silence : ce sont les Magasins généraux; on en compte six, dont quatre dans la province d'Alger, un dans celle d'Oran et un dans celle de Constanline, ce dernier à Sélif. Il est entré en 1893 pour 3 millions à 3 millions et demi de marchandises dans ces magasins, et il y a été fait pour 50<),(MH) francs de prêts environ.
Les dillërcnts instruments de crédit existent donc aujourd'hui en Algérie, soit à Télat de développement, soit à Tétat d'embryon. Quand la crise que traverse l'agriculture algérienne se sera atténuée et que celle de la propriété se sera liquidée, il y aura là des aides pour l'extension de la culture et du défrichement. Il faudrait toutefois, que des caisses rurales fussent aussi constituées pour venir au secours des Arabes, leur prêter des semences, leur fournir à un intérêt réduit, qui pourrait aller jusqu'à 0 à 7 p. 100, les moyens de reconstituer leurs troupeaux, après une sécheresse ou une épizootie. Il y a place là pour des établissements singulièrement utiles et qui indemniseraient équitablement les capitaux.
le 19 mai 1894. contre une encaisse métallique de 5,105,315 livres sterling (plus de 127 millions de francs). Les petits comptoirs algériens que nous avons cités seraient d'excellents embryons de banques libres de dépôts et de circulation ; avec le temps ils noueraient des relations les uns avec les autres et sous certains rapports, tout en gardant leur indépendance individuelle, se fédéreraient. Ce fut une faute de river l'Algérie à une banque unique. L'agriculture algérienne, comme l'agriculture écossaise, tirerait un jj^rand parti des bauques locales.
(I Sur les banques UaifTeisen en Allemagne, voir notre Traité théorique et pratique d'économie politique (ï* édition, 1896), t. H, p. 607 à 616.