‹ L'Algérie et les colonies françaisesChapitre 18 sur 30 · I- ALGÉRIE · texte numérisé non relu

I- ALGÉRIE

table, disait-on, même sous l'apparence de la plus humble soumission : tout cela devait écarter l'idée de la prépondérance du pouvoir civil comme dans la métropole. En même temps l'intime solidarité des intérêts et des éléments constitutifs de l'unité algérienne, la protection particulière due à une société naissante au milieu de difficultés inconnues aux antiques sociétés de l'Europe, exigeaient la centralisation à Alger d'un gouvernement investi d'une autorité presque absolue. Affranchi surtout de la tutelle, trop lointaine pour être intelligente, des bureaux ministériels de la métropole, ce gouvernement devait laisser bien loin de toute comparaison les modestes attributions des préfets de départements et des commandants de divisions.

On réclamait donc pour l'Algérie quelque chose d'analogue au self-government des colonies anglaises, en le restreignant toutefois aux pouvoirs indépendants des chefs, et sans se préoccuper d'une pareille sollicitude pour les libertés des populations, correctif que l'Angleterre n'oublie jamais d'associer à la puissance de ses gouverneurs coloniaux.

Ces deux systèmes étaient trop absolus pour triompher l'un ou l'autre exclusivement ; leurs tendances opposées se sont conciliées dans une idée heureusement exprimée, l'assimilation progressive. Mais comme cette formule couvre une transaction plutôt qu'une solution, elle est interprétée fort diversement. En dehors de l'opinion publique qui a cessé d'intervenir, les dissentiments que personniflèrent en d'autres temps le maréchal Soult et le maréchal Bugeaud, renaissent fréquemment, et le sort de l'Algérie, au point de vue administratif, est périodiquement remis en question. Le décret du 30 décembre n'est que le plus récent incident d'un débat qui remonte h un quart de siècle.

De cette divergence il serait injuste d'accuser les prétentions des hommes ; elle découle de situations naturelles qui

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