‹ L'Algérie et les colonies françaisesChapitre 22 sur 30 · I. Al.l.r.RIE · texte numérisé non relu

I. Al.l.r.RIE

sol algérien, par un exclusif rospect de la possession des tribus, et qui va jusqu'à interdire toute transaction immobilière entre propriétaires arabes et européens en dehors des territoires civils. Pour prévenir les abus que l'on craint, on a maintes fois indiqué des moyens simples et sûrs qui ne paralysent pas la circulation de tous les droits et de toutes les propriétés.

La nécessité où s'est vu naguère le gouvernement de réformer la justice musulmane, atteinte d'une incurable immoralité, a dû lui révéler les vices de la politique qui sépare en deux camps opposés la société arabe et la société française. Vaincu dans le domaine judiciaire, le même esprit de séparation se réfugie encore dans la propriété, dans l'enseignement, dans l'administration communale, même dans les travaux publics; et c'est au scrupule qu'ont éprouvé certains administrateurs français de troubler les Arabes dans leurs habitud*^s séculaires que l'Espagne devra l'honneur de poser prochainement le premier rail sur le sol africain.

Dans la critique de ce fatal système, opposé au rapprochement et à la fusion des races, les vœux des colons et la plume des publicistes ont préparé les voies à une puissante Compagnie qui les élargira ; elle ne connaîtra pas deux sortes de gages hypothécaires, de propriété solide, d'emprunteur solvable; devant ses statuts. Arabes et Européens, territoires civils et territoires militaires sei'ont égaux : même la loi musulmane devra se plier à la mesure du Code civil, si elle veut trouver grâce devant les jurisconsultes du Crédit foncier. On peut espérer d'ailleurs que les nouveatix développements que la Société prépare, entre autres les prêts sans hypothèques aux communes et aux syndicats, l'organisation du Crédit agricole, profiteront à l'Algérie aussi bien qu'à la métropole. En France, en un mot, la colonisation algérienne aura désormais acquis un nouvel auxiliaire, le mieux accrédité qu'elle puisse souhaiter. A la voix de la première grande Compagnie qui ait réuni dans le même faisceau financier

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