VI NOTICE
avaient en un g-rand retentissement vers la fin de la Restauration et pendant les premières années du règne de Louis-Philippe^ avaient fait une vive impression sur l'esprit de Jules Duval. Fourier, qui prêchait l'harmonie des intérêts, l'avait particulièrement séduit. Eien, dans sa vie ni dans ses écrits^ n'autorise à croire qu'il ait jamais accepté les rêves bizarres du chef de l'école sur la cosmogonie et sur la transformation du globe, ni les combinaisons non moins bizarres et non moins chimériques par lesquelles celui-ci prétend organiser la vie commune dans le phalanstère. Mais il était convaincu, comme il l'a plusieurs fois écrit, que la terre est le domaine de l'homme ; que, par l'extension de la race humaine, la surface de la terre peut être transformée; que la richesse et le bien-être doivent, grâce au travail bien organisé, remplacer peu à })eu la stérilité et la misère sur tous les points du globe. Comme Fourier, il croyait que l'association du travail, du capital et du talent était le moyen le plus efficace pour les sociétés de prendre possession de ce domaine, et il a conservé toute sa vie cette conviction, même à une époque où des études plus approfondies et l'expérience de la vie avaient élevé son esprit au-dessus des erreurs de l'école. Au dernier banquet delà Société de géographie auquel il ait assisté, en 1868, il portait un toast « à l'exploration, à Fexploitation et à la colonisation intégrales du globe, » et il ajoutait en terminant : « Au peuplement suffisant et bien équilibré de notre globe ! »
Un an après s'être démis de ses fonctions publiques, il quittait la France pour réaliser une pensée de ce genre. L'Algérie était pacifiée : Abd-el-Khader venait de se rendre