‹ L'Algérie et les colonies françaisesChapitre 5 sur 30 · XIV NOTICE · texte numérisé non relu

XIV NOTICE

esprit libéral faisait chaque jour sur lui-même par le travail et par la réflexion.

Il avait mis en tête de son journal sa devise favorite : « Libre et harmonique essor des forces^» qui était en partie empruntée aux souvenirs du fouriérisme, et dans la manière dont il envisageait les questions d'association, de coopération;, de partage des bénéfices, on sentait encore souvent un disciple de l'école socialiste. Mais ce disciple indépendant s'élevait de plus en plus, par Fétude de l'économie politique, au-dessus des préjugés qui l'avaient d'abord séduit, et il devenait à son tour un maître dans la science économique, ne conservant guère de son passé qu'un amour plus profond de l'humanité et un sentiment affectueux pour les classes pauvres.

Plusieurs ouvrages datent de cette dernière et laborieuse partie de sa carrière. L'Académie des sciences morales et politiques avait mis au concours, pour l'année 18G0, la question de l'émigration et de l'immigration au xix^ siècle. Le sujet était de nature à séduire J. Duval. Il concourut, et son mémoire remporta le prix. « Frappée des mérites et de l'étendue de ce travail, dit M. II. Passy dans son rapport à l'Académie, dans lequel se font remarquer la diversité savante des recherches et la pénétrante sûreté des appréciations, où la question est traitée d'une manière tout à fait complète et distinguée, la section propose de le couronner. » Le mémoire est devenu, sous le titre d'Histoire de V émigration européenne, asiatique et africaine au xix" siècle, un livre qui est encore aujourd'hui l'ouvrage le plus complet que la France possède sur la matière. Deux ans après, il publiait un autre volume, lesColonieset la Politique

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coloniale de la France ; puis, en 18G8, un troisième voluniC;, intitulé Mémoire sur Ant.de Montchré tien, auteur du preynier traité d' économie politique (1G15);, dont Tauteur avait fait l'objet de plusieurs lectures intéressantes à rAcadémie des sciences morales et politiques.

La première fois qu'il prit la parole dans une des solennités de la Société de Géographie, ce fut au banquet de 1863. Il j porta un toast àFalliance de la géographie avec l'économie politique. «: La géographie, disait-il, est une puissance, et, comme toutes les puissances, elle a besoin d'alliances pour être plus forte et mieux respectée. La plus féconde que je connaisse est celle de l'économie politique, à laquelle cependant elle donnera plus qu'elle ne recevra. Que de fruits à espérer de leur union ! » Par une heureuse coïncidence, il parlait ce soir-là devant un des maîtres les plus autorisés de la science économique, M. Michel Chevalier, et devant l'homme qui a réalisé sur un point du globe cette union par une des œuvres les plus grandes du siècle, M. Ferdinand de Lesseps. Pour mieux affirmer cette union et pourmarquer le caractère qu'il voulait lui assigner, il prononça successivement, pendant les années 1864, 1865, 1867, devant la Société de Géographie, trois Discours sîir les rapports de la géographie avec l'économie politique.

La Société de Géographie l'avait déjà à cette époque honoré du titre de vice-président; eu 1868, elle lui confia les fonctions de président de la Commission centrale. Listituteur dans la colonie du Sig, c'était un globe en main que J. Duvai avait commencé ses première leçons. Publiciste à Paris, il était rameno par ses plus chères prédilec-

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